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Chavez est mort, pas tous les cons !

7 Mars 2013 , Rédigé par c laurans

Chavez est  mort et les médias français se déchaînent ! Et avec les médias, les donneurs de leçons comme Cohn Bendit  et autres qui tapent sur le défunt à bras raccourcis. Il est de bon ton que devant le cadavre pas encore froid du leader vénézuélien on fasse preuve d’un esprit critique et frondeur surtout si pour se faire remarquer  tout est bon à dire sur tout, sans se préoccuper de bien connaître le sujet et quand  la seule préoccupation est de toucher par cet intermédiaire une cible que l’on aime à « se faire » régulièrement car c’est si habituel en politique que de dégommer les adversaires sans preuve ! Les exemples abondent de déclarations fortes totalement manipulées, déformées, utilisées contre nature.

J’aborde, ici, la mort de Chavez sous l’angle franco-français, laissant à d’autres exégètes la responsabilité de tirer les leçons des années Chavez au Venezuela encore que je suis convaincu que les seuls qui soient en mesure d’en tirer leçon sont les Vénézuéliens eux-mêmes et que, même si Chavez fait des émules dans les autres pays d’Amérique latine, chaque nation conduit sa politique comme ses élites l’entendent.

Observateurs et contempteurs de droite comme de gauche se délectent d’attaquer Mélenchon et le Front de Gauche à travers Chavez. Ce n’est pas nouveau mais cela est ignoble dans des circonstances où la mort d’un homme devrait pouvoir être un moment où l’on rentre les armes et où on laisse ceux qui sont dans la peine, l’enterrer. Mais dans nos « démocraties » on n’a plus ce genre d’attention.

En présence du secrétaire du Front de Gauche, hier, Cohn Bendit vitupérant  et soutenu par  les  amuseurs qui se prennent pour des journalistes, sur le plateau du Grand journal de Canal Plus, ramenait l’action de Chavez à ses rencontres avec Kadhafi et Hamadinéjad (phon) et consorts. Réduire l’action de Chavez à ses fréquentations et Mélenchon à son amitié pour ce dernier est aussi grotesque que de demander à Sarkozy de se justifier, quand il revient d’accompagner sa fille à l’école, d’avoir laissé planter sa tente berbère au premier, dans les jardins d’un palais de la république ; c’est aussi vicieux que de demander, ou pas, aux banquiers européens s’ils tiennent leurs fonds de réserve du recyclage de l’or pris dans la bouche des déportés de la seconde guerre mondiale ; c’est aussi ridicule que de ressortir, sans cesse et j’assume tout à fait cela aussi, chaque fois que l’on invite Marine LePen sur un plateau de télévision, les phrases ignobles prononcées par son père en oubliant tous ceux et toutes celles qui sont restées des années, au vu et au su de tous, à la conduite des états alors qu’ils et elles étaient responsables directs d’actions répréhensibles…

Chavez, anti impérialiste et pourfendeur des Américains du nord, n’empêcherait pas les Etats-Unis de rester le premier partenaire commercial du  Venezuela selon Le Point dont les journalistes bien-pensants comme il se doit, pointent la contradiction. A leurs yeux, Chavez qui critique le USA et Obama serait donc plus inconstant et ridicule que les Américains qui eux seraient fondés, malgré cela à entretenir ces relations sans que personne trouve à y redire. Comme si les occidentaux n’avaient pas fait la preuve que les liens commerciaux n’avaient aucun rapport ni avec les droits de l’homme, ni avec la démocratie. Qu’ils n’ont jamais empêché une guerre, mieux, qu’ils l’ont souvent provoquée et je ne leur ferai pas l’injure de leur rappeler les guerres du pétrole, les soutiens aux dictateurs africains pour exploiter les richesses de ce continent aux seuls profits des multinationales et des familles des dictateurs, pas plus que certaines interventions militaires pour éradiquer le terrorisme aussi bien en Tchétchénie, en Libye,  en Afghanistan, en Irak  et les aides ou propositions d’aides pour bâillonner les Printemps Arabes. Or que peut-on reprocher à Chavez dans son rapprochement économique avec l’Iran pour profiter au mieux de la manne pétrolière, sinon d’avoir fait ce que font tous les pays du monde qui font passer leurs intérêts économiques  avant leur idéologie. Que peut-on lui reprocher sinon de ne pas être meilleur que ceux qui le critiquent ou de vendre les trois-quarts de son pétrole aux Etats-Unis qui les lui retourne une fois raffinés? Si, si !!! Chavez ne met pas en danger la sécurité de l’Amérique ni celle de l’Europe et Obama se moque des rodomontades du leader vénézuélien. Chavez serait infréquentable de par sa proximité avec l’Iran tandis que Obama ou tout autre président occidental ne serait pas impacté par sa proximité avec le « dictateur » Chavez ?

Inutile, je crois de prendre d’autres exemples, même s’ils sont nombreux et tout aussi significatifs pour montrer le ridicule d’attitudes bien-pensantes des donneurs de leçons. Laissez les Vénézuéliens choisir leur leader et soyons aussi pertinents qu’eux pour choisir le nôtre !!!

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