Non à l'énergie nucléaire !
Aujourd’hui se réunit à Paris une chaîne humaine pour dire non au nucléaire, pendant que dans les environs de Fukushima, des enfants équipés de dosimètres de radiations portés en sautoirs sont enfermés dans des abris antiatomiques pendant les récréations, dans leurs écoles.
Au-delà du débat monstrueux du bilan de cette catastrophe qui dépasse l’entendement tant les données objectives manquent, tant les conséquences ne sont pas, et de loin, toutes connues, tant les non-dits ou les camouflages sont légion, tant le point de vue économique l’emporte sur le côté humain, il est nécessaire de rappeler, sans cesse, l’inhumanité du comportement d’une société qui ose continuer à considérer le nucléaire civil ou militaire comme une exigence économique et politique. J’enrage de voir les responsables – je ne sais plus s’il faut dire politiques ou économiques tant il est vrai qu’on se demande parfois si on ne s’oppose pas à l’indépendance nucléaire de certaines nations pour mieux leur vendre nos centrales – mettre autant de vigueur à se dresser contre le nucléaire iranien ou nord-coréen pour en signaler la dangerosité, quand on a autant de centrales nucléaires qui sont autant de bombes sur notre territoire !
Fesseheim en est un exemple déprimant. Voilà une centrale qui réunit toutes les conditions pour être fermée au plus vite, démantelée au plus tôt, mise hors d’état de nuire si c’est possible, qui réunit, pour sa fermeture :
- l’accord des élus régionaux (Le 29 mars 2011, le conseil régional de Franche-Comté a adopté par neuf voix contre quatre une motion demandant la fermeture de la centrale de Fessenheim. Le 11 avril 2011, le conseil municipal de Strasbourg s'est prononcé à l'unanimité moins une voix en faveur de la fermeture de la centrale. Le 15 avril 2011, le conseil de la Communauté urbaine de Strasbourg a demandé l'arrêt de la doyenne des centrales françaises et sa reconversion en site pilote de recherche-développement, suite à une motion adoptée par 56 voix pour et 6 contre 12 absentions),
-l’approbation des ministres écologistes de gauche comme de droite,
-la promesse du chef de l’état et que sais-je encore et qui présente toutes les caractéristiques de la centrale de tous les dangers (atteinte par la limite d’âge, dans une région sismique, onze mètres sous le niveau du canal d’Alsace dont elle dépend pour le refroidissement des réacteurs, avec un radier ridiculement mince, située sur la plus grande nappe phréatique d’Europe de l’ouest, dont on ne compte plus les incidents de niveau 0 et 1 en cruelle augmentation de 2002 à 2008 selon nos sources tant provoqués par de fausses manœuvres humaines que par la « malchance »…) qu’on est en droit, légitimement de se demander ce qu’on attend pour la mettre hors d’état de nuire potentiel ! Le président a promis que ce serait possible en 2016, espérons que cela ne sera pas trop tard !
Qui a décidé de construire cette centrale à cet endroit ?
De Gaulle pour faire un geste vis-à-vis des Allemands qui en profitent pour 18%, aux Suisses pour 15% et qui en demandent, aujourd’hui, le démantèlement, conseillé par qui ? Le corps des Mines ou quelque polytechnicien ? Avec autant de pertinence que les Américains qui inondèrent de centrales nucléaires l’île la plus sismique du monde pour se faire pardonner le lâchage de deux bombes atomiques sur deux de ses villes – le résultat est édifiant à Fukushima qui a été détruite par la conjonction des deux ? Avec autant de légèreté que ces entreprises françaises, que je ne citerai pas mais que tout le monde connaît depuis le conflit qui opposa M.Proglio et Mme Lauvergeon, qui proposent des centrales à bas prix comme des lasagnes ou des biscuits ?
Une chose est sûre, celui qui décidera de la démanteler pourra être considéré comme un héros !!! Mais il lui faudra, pour cela, résister à la pression :
De l’argent, des spécialistes sortis des grandes écoles de la république, le cerveau blanchi et incapables de changer leurs lunettes comme ces économistes formés à la même école qui ne peuvent résonner que si le bâton de la rigueur les frappe et raisonner que lorsqu’ils sont, mais pas tous malheureusement, à la retraite,
des crétins qui sont au nucléaire ce que les crétins sont à l’exploitation du gaz de schiste –deux activités, si l’on peut dire, qui s’attaquent à la qualité de notre eau, à ceux qui disent que le nucléaire ne contribue pas à l’effet de serre alors que pour remplacer l’énergie électrique produite par les énergies fossiles il faudrait construire 5 000 réacteurs en plus des 5 00 existants dans le monde ( les Etats-Unis en prévoient la construction de 1 300 à 1 500 d’ici à 2020 selon le Report of the National Energy Policy Group aux USA, remplacer les vieux et les démanteler et qui peut croire que tout cela ne peut se faire sans impacter directement l’atmosphère ?).
La tâche ne sera pas facile. Ne pouvant contribuer à la chaîne humaine contre le nucléaire, j’ai pris la liberté de prendre un peu de mon temps et du vôtre pour essayer de comprendre ce qui semble incompréhensible à tant de nos semblables. Peut-être que l’avantage que nous avons sur les experts c’est que nous ne sommes pas enfermés dans un discours déterminé, que nous ne sommes pas dogmatiques comme on nous l’oppose, que nous n’avons aucun intérêt particulier si ce n’est celui de protéger nos enfants –l’occasion de dire que ce que je déteste le plus c’est le spécialiste qui me dit en face qu’il ne soutiendrait pas le nucléaire si c’était dangereux car il « a aussi des enfants », enfoiré ! – et que nous sommes prêts à réduire notre consommation d’électricité contre la promesse suivie des faits qu’on arrête les centrales nucléaires pourvoyeuses d’électricité si chère et si dangereuse !