Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Confiance ! Délit de compétence.

2 Juillet 2010

 

Le pouvoir politique, dans sa recherche du rendement, oublie les différentes compétences qui s’expriment avec de plus en plus de difficulté dans notre société du « tout pour le fric », pour ne faciliter que la recherche du rapport financier.

Les exemples abondent qui montrent que le seul scénario qui a cours est celui qui favorise la rentabilité financière de chaque opération.

 

A l’hôpital public, dans les universités et les centres de recherche, dans nos écoles et lycées, dans le maintien de l’ordre, dans la façon dont on rend la justice, dans la presse, en somme, dans tous les services publics, le comportement du pouvoir est à la défiance, au mépris de tout ce qui ne se traduit pas par un résultat sonnant et trébuchant.

 

 Ce pouvoir a réussi à faire descendre dans la rue, en trois ans, poussés par le mécontentement et l’incompréhension, des enseignants (on a l’habitude), des magistrats et des avocats (c’est plus rare), des policiers et quelques gendarmes qui ont osé braver la hiérarchie, des médecins, infirmiers, chefs de services de l’hôpital public, les chercheurs les plus respectés, les employés des services publics qui sont les témoins privilégiés et non les responsables, comme on voudrait le faire  croire, de la dégradation des services publics et, pour ce qui concerne les médias, organise une prise en mains des rédactions en nommant les responsables des chaînes publiques qui semblent aux ordres et qui, pour certains, n’apprécient plus l’humour, même et surtout quand toute leur carrière passée a contribué à l’exercer eux-mêmes ou à le promouvoir.

 

Les exemples abondent où le fric l’emporte sur le service rendu ; par exemple à l’hôpital, la nouvelle loi, dont les décrets d’application sortent ces jours-ci, fait la part belle aux gestionnaires au détriment des professionnels de santé dans le but de marchandiser les soins rendus aux malades en supprimant des lits, fermant des services au motif qu’ils ne sont pas rentables. Les 11 et quelques pour cent consacrés aux dépenses de santé ne sont pas l’alpha et l’oméga de la réforme de l’hôpital, le vrai sujet est de mieux dépenser cet argent et, par exemple de ne pas rembourser les cures thermales pour soigner le diabète ! Pourquoi cet exemple alors que je pense qu’il y a peu de cures thermales qui soignent, point qui guérissent à preuve le fait qu’on doive les faire ad vitam et ternam ? Tout simplement parce que ce matin sur une radio publique- elles existent encore- j’ai failli avaler de travers mon café lorsque j’ai entendu un chef de service spécialiste du diabète d’un grand hôpital parisien, de ceux qui font autorité mais que le pouvoir politique méprise en ne tenant aucun cas de leur compétence, dire avec fatalisme qu’il continuait à penser que l’eau n’avait aucun effet sur la baisse de la glycémie – il est vrai qu’il y a encore, dans les élites qui nous gouvernent, des gens qui croient à la mémoire de l’eau – et que, par conséquent, il n’était pas normal de financer ce genre des « soins » ! Le comble est atteint par la réponse du Directeur de la Caisse de Sécu du département au professeur qui l’interroge sur ce qu’il pense être un disfonctionnement : « cette activité est un important gisement d’emploi » et voici la SS transformée en agence pour l’emploi et les cotisations des travailleurs utilisées, par un détournement inique, pour financer l’emploi que l’on ne va plus chercher avec les dents mais que l’on utilise comme moyen de chantage.    

 

Un autre exemple, l’éducation qui n’est plus guère nationale, où les règles de financements favorisent les établissements privés qui ont toute latitude pour choisir le profil de leurs élèves, une partie du financement des études par les familles et qui, dans le même temps supprime 150 000 postes dans le public entraînant la fermeture de classes provoquant l’augmentation des effectifs des classes et la dégradation des conditions de travail, influant sur la réussite scolaire et méprisant les études sérieuses faites sur le sujet qui, toutes, vont dans le sens inverse des décisions non assumées par des ministres qui changent sans cesse et ne sont jamais évalués.     

 

Un autre exemple, le Grenelle de l’environnement qui, après avoir été utilisé jusqu’à la corde par un pouvoir avide de reconnaissance écologiste, fut abandonné aux orties parce que les conséquences pouvaient nuire aux super profits de groupes industriels plus soucieux de remplir les comptes bancaires de leurs actionnaires et qui fit écho aux diverses commissions Attali, Rocard-Juppé et autres ( non, non, pas la commission Boutin sur la mondialisation qui n’était qu’un détournement officiel de l’argent public !) qui finirent toutes dans les placards de la république et qui avaient, uniquement, pour but de détourner l’attention et de brasser de l’air ; ainsi on vit passer à la trappe de nombreuses propositions qui émergèrent des cerveaux de femmes et d’hommes qui réfléchissent à l’avenir de notre société et, pas seulement au  comptes bancaires des paradis fiscaux. Encore une fois la démonstration du mépris de ce pouvoir à l’encontre de ceux qui n’épousent pas l’idéologie néo-libérale et qui refusent de s’adonner au culte de l’argent roi.

 

Tous les jours, des conduites méprisables s’affichent au grand jour ; on découvre, grâce aux journalistes d’investigation, les comportements incompétents et méprisants. Tous les jours, dis-je, parce que la nuit je dors ! Mais les petits arrangements entre amis, les renvois d’ascenseurs, les emplois fictifs, les prises d’intérêts illégaux en république,  les passe-droits, les combines de toutes sortes sont devenus une constante de la vie politique et je crois que, même si ces pratiques ont toujours existé, elles sont devenues une des composantes de la vie normale des classes dirigeantes et cela mérite, au moins, une réflexion et au plus un revirement total qui permette aux citoyens de retrouver, eux aussi, la confiance à la classe politique. Mais la question que l’on ne peut manquer de se poser, lorsqu’on observe certains comportements, est qu’il semblerait que la préoccupation des dirigeants politiques concernant

les rapports de confiance entre élus et électeurs n’intéressent les premiers que pendant les campagnes électorales, si bien qu’une fois élus, ils peuvent sans grand risque, se renier et plus de trois fois sans s’exposer aux jugements de l’histoire. L’affaire Bettencourt, Woerth, Peugeot, UMP, écuries de courses et autres que nous ne connaîtrons jamais en est l’irremplaçable modèle. Toutes les déviances de notre société immorale sont représentées dans cette affaire et la ministre de la Justice, garde des sceaux les justifient devant l’assemblée nationale élue par un argument qui vaut son pesant de chômeurs : silence, circulez il n’y a rien à voir, « on parle, ici, de l’Oréal !!! » Pour ceux qui n’ont pas tout suivi, reportez-vous à la fin du paragraphe quatre et le chantage à l’emploi. Du haut de sa morgue, notre gouvernement, incapable de réduire le chômage, peut, sans vergogne, l’imputer aux autres !

 

Ecrirait-on encore, de nos jours, « la République nous appelle

                                                       Sachons vaincre ou sachons périr,

                                                       Un soldat doit vivre pour elle

                                                       Pour elle un soldat doit mourir », ou est-il temps de se poser la question ?

 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article