Il faut sauver le soldat Woerth !
Pas d’amalgame ! Cela semble être le mot d’ordre, qui de popote en popote ministérielle, traverse le gotha des ministrables pour le remaniement d’octobre et, la première à monter au créneau fut NCM la secrétaire d’état au numérique et à je ne sais quoi, ce qui lui permet de compter 11 collaborateurs au lieu des quatre que l’on qualifiera de réglementaires. Le règlement, c’est le premier des ministres qui le rappelle aujourd’hui par des lettres de recadrages envoyées dans tous les ministères et qui ont pour but de rappeler les bonnes mœurs de la république, bonnes mœurs que nos ministres et secrétaires d’état semblent avoir changées en mauvaises mœurs en multipliant les dépenses d’argent public. Moeurs d’ailleurs publiques depuis pas mal de temps mais qui sont devenues, avec la crise, scandales publics.
Revenons à NCM qui criait à l’amalgame, hier en soirée, sur la chaîne télé BFM. La secrétaire d’état met toute sa fougue, elle en a, pour nous expliquer qu’il ne faut pas faire l’amalgame de l’or Woerth avec le plomb Blanc et Joyandet. Les deux précités ont, dans l’après-midi, fait connaître leur décision de démissionner du gouvernement, lesquelles démissions ont été acceptées sans délai et je dirai même, ordonnées au château, sans délai, la preuve : les noms des remplaçants des deux démissionnaires apparaissaient sur le bandeau « ALERTE » de BFM à la suite de l’avis de démission. Très docte, la secrétaire d’état, nous explique que les cas des deux secrétaires d’état relève de "pris la main dans le sac" et que le cas de mr Woerth est politique parce qu’il est la cheville ouvrière (avouez que voilà une expression mal appropriée concernant le statut d’un ministre UMP) de la réforme des retraites qu’elle qualifie de « la plus importante du quinquennat » !
Laissons de côté NCM qui était en service commandé pour analyser l’argumentaire.
Voyons d’abord la réforme des retraites annoncée comme la plus importante du quinquennat !
S’il faut cinq ans pour parvenir à cette réforme considérée par le pouvoir comme la plus importante alors qu’elle est contestée par plus de soixante pour cent des Français on est en droit de se poser la question de l’efficacité de ce pouvoir ; si un homme chargé de cette réforme depuis six mois est le seul à pouvoir la conduire à son terme on est en droit de se poser la question de la compétence de ce gouvernement ; si personne dans ce gouvernement pléthorique n’est capable de prendre la suite, alors que de l’aveu même du ministre Woerth toutes les concertations ont été menées à leur terme, que toutes les parties se sont exprimées et qu’il n’y a plus rien à discuter puisque le projet de loi doit venir en discussion à l’assemblée nationale en septembre, on est en droit de se poser la question de la validité du débat démocratique.
Voyons ensuite, et c’est ce qui me révolte le plus, le deuxième argument présenté comme celui après lequel il n’y a rien à voir, circulez, et qui est l’argument de l’amalgame.
Il semble, à NCM, risible, pis odieux de mettre dans le même sac les cigares de Mr Blanc, le déplacement en Falcon privé et le permis de construire illégal de Mr Joyandet et la rumeur qui touche mr Woerth. Il ne faudrait pas se tromper de cible car, si « mes électeurs ne me parlent pas de mr Woerth mais sont choqués par les cigares de mr Blanc –dixit NCM », je voudrais dire à mme la secrétaire d’état que d’autres électeurs qui ne sont pas les siens pensent exactement le contraire (Il est vrai que je ne ferai pas partie de ses électeurs si j’étais dans sa circonscription ).
S’il s’avérait que la rumeur de conflit d’intérêt dont on soupçonne mr Woerth n’en fusse pas une mais que le secrétaire d’état au Trésor eusse profité de son statut pour user à sa guise de l’argent public, alors la gravité entre les deux affaires ne seraient d’aucune mesure ; en effet, les douze mille euros de cigares et le permis de construire obtenu illégalement sont des « peanuts » comparées au blanchiment de fraude fiscale qu’aurait organisé un ministre de la république : en effet, prenons un bon cigare, asseyons nous sur notre terrasse obtenue grâce à un permis de construire en bonne et due forme et additionnons. Mme Bettencourt sur TF1 nous dit, candidement, qu’ILS font beaucoup d’affaires à l’étranger, ce qui justifie, à ses yeux qu’elle ait des comptes dans de nombreux paradis fiscaux et on nous annonce que le fisc français lui ristourne un chèque de 30 millions d’euros sur sa déclaration de revenus de 2009 !
Les comptes son vite faits : vous déclarez la plus grande partie de vos revenus à l’étranger et échappez ainsi à l’impôt en France, c’est ce que font, banalement, les vedettes du show-bizz, du tennis, du foot, des affaires mais, grâce aux bons conseils d’épouses, d’avocats vous déclarez encore des revenus en France et là, alors, vous passez pour le contribuable modèle qui paye ses impôts en France et l’on remet la légion d’honneur à celui ou celle, ou aux deux, qui gèrent votre fortune, et le tour est joué :
Vous avez le beurre (la reconnaissance d’un peuple ébahi), l’argent du beurre (le chèque du bouclier fiscal) et le cul de la crémière (le pouvoir que donne les moyens de pression de chèques habilement distribués et de repas gracieusement offerts, dans ces millieux là, Monsieur, on s'aide!).
La gravité, pour les finances publiques, se situe bien où l’on veut nous le cacher et fait partie de ces comportements mafieux que sont les rétro commissions, les financements occultes des partis, les évasions fiscales, les paradis fiscaux, les aides sans condition aux banques et tout le toutim.
La cellule de crise mise en place par le ministre pour faire revenir les gros contribuables en France n'était, en fait, que destinée à régler les petits comptes en "famille" et se faire de nouveaux amis; on est bien loin des 12 000 euros de cigares et d'un nième permis de construire obtenu par piston!