Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Cuisine électorale.

22 Avril 2011 , Rédigé par C

Depuis quelques jours, il n’est question que du 21 avril 2002, ce 21 avril qui vit l’élimination au premier tour du candidat socialiste. Pour 2012, les « analystes politiques », les « experts » comme les nomme avec beaucoup d’ironie et de mépris, « notre Président pour encore un an » !

 

Si le monde médiatico-politique  est obnubilé par cette échéance électorale cela vient de la gabegie, la prodigalité des sondages. Les résultats qu’affiche Mme Marine Le Pen est, bien entendu, ce qui provoque cet affolement, ou cet engouement. Cela conduit à des scénarios catastrophes, des décisions politiciennes ridicules comme l’annonce de la prime des mille euros, des crises de nerfs et des appels désespérés.

 

Certains commentateurs de la politique s’emploient à démontrer que le danger serait la montée du Front National.

- En 1981, son candidat ne recueille pas les 500 signatures et le parti fait 0,18% aux législatives. En 1986, le scrutin proportionnel mis en place par les socialistes crédite le FN de 2 700 000 voix, soit 9,65% et 35 députés !

 

- En 1988, le Pen obtient 14,38% au premier tour et par le biais du rétablissement du scrutin uninominal majoritaire à deux tours n’obtient qu’une élue !

 

- En 1995, au premier tour JM Le Pen obtient 15%, soit 4 571 138 voix et zéro élu (pour mémoire Jospin fait 7 098 191 voix soit 23,30%, Hue 2 632 936, Laguiller 1 615 653, Voynet 1 010 638, Cheminade 84 969)

 

- En 2002 alors que JM Le Pen peine pour avoir les 500 signatures nécessaires à sa candidature, il obtient 16,86% soit 4 804 713 voix. (Pour mémoire, Jospin fait 16,18% soit 4 610 113 voix, Laguiller 1 630 045, Chevènement 1 518 528, Mamer 1 495 514, Besancenot 1 210 562), ce qui a fait dire que c’était Chevènement qui avait fait perdre Jospin et ce qui reste à démontrer car ni les chiffres, ni l’analyse le prouvent.

 

En 2011, enfin, la candidate du FN pourrait se situer autour de 20% !

 

Il semble donc, en effet, que le FN progresse. Le problème est surtout que ce sont les idées, que sa nouvelle présidente véhicule, qui semblent recueillir de plus en plus d’échos. C’est là, le vrai problème.

 

La France n’est pas le seul pays où l’extrême droite progresse. Il s’agit d’un mouvement qui touche toute l’Europe. La crise n’est pas étrangère à cela car l’un des points essentiels est le chômage qui se développe et qui exaspère les populations qui cherchent un bouc émissaire qui est l’étranger, l’émigré.

 

Mais, la France, ne doit pas se contenter de faire le constat. Nous devons nous poser la question de savoir pourquoi notre république est si fragilisée, amoindrie par des sentiments qui ne nous honorent pas. Poser la question est, un peu, y répondre :

 

La présidence Sarkozy et les débats qui l’ont traversée en sont les premiers responsables. Le Président a réaffirmé, dans « Paroles de Français » sur TF1 qu’il ne fallait pas laisser aux extrêmes la liberté de parler de l’islam mais que parler de ce problème était une obligation. On a tous compris qu’il agitait le chiffon rouge et qu’il dénonçait le danger de l’islam pour, tout de suite après, expliquer qu’en parler allait régler le problème. Les responsables de la GB et de l’Allemagne ont dénoncé le multiculturalisme et le président a fait du suivisme, sans raison, car jamais, au grand jamais, la France n’a prôné ou connu le multiculturalisme. Cela venait après une défense, d’une laïcité positive, d’une discrimination positive qui faussait le débat par le fait que l’on ne comprenait plus très bien où le chef de l’état voulait en venir.

J’y vois l’influence néfaste des « experts » que le Président dénonce, ces jours-ci même si je ne pense pas aux mêmes. En effet, pour ma part, je pense que les conseillers spéciaux du Président tirent la couverture à eux, chacun leur tour, qu’ils conseillent et écrivent des discours sans connexion et que le Président lit sans en appréhender toutes les conséquences (le discours de Latran, celui de Dakar entre autres, me semblent révélateurs d’une stratégie tous azimuts, sans cohésion).

 

Les annonces et les reculades sur de nombreux sujets sont des signes du tir à vue incompatibles avec une politique sereine, paisible, lisible.

 

Et c’est là qu’intervient le discours banal, rebattu du FN. La nouvelle Présidente joue sur les idées simples, simplistes qui fait dire, aux moins frontistes des Français qu’ 

« elle pose les bonnes questions et elle dit ce que beaucoup pensent tout bas ». Comme si cela suffisait à faire un programme, une gouvernance, un progrès.

 

Le danger pour 2012 est donc dû à la fragmentation, au morcellement du discours politique. On ne débat plus des idées mais on se situe par rapport à des personnalités politiques.  La gauche sociale-démocrate, le Front de Gauche, l’Ecologie, l’extrême gauche, le Modem, la gauche républicaine, la gauche radicale, tous font le même constat. Le libéralisme est l’ennemi, l’écologie engage l’avenir, les richesses doivent être mieux réparties. Toutes ces sensibilités et celles de droite doivent pouvoir s’exprimer dans un grand débat démocratique sans mettre en péril la république et c’est pourquoi il faut trouver une autre façon d’élire nos représentants et, en particulier, le Président de la République.

 

Il faut donc, passer à une élection au suffrage universel à plusieurs tours !

Le système à deux tours a vécu.

 

Pendant l’année électorale, le débat peut être scandé par un premier tour où l’on élimine ceux des candidats qui n’ont pas obtenu 5% des votants.

Un deuxième tour servira, après des négociations qui permettent de tendre vers un programme consensuel, à éliminer ceux qui ne parviennent pas à dépasser la barre des 15%.

Un troisième tour qui ne serait plus un duel mais qui obligerait celui qui voudrait être élu à trouver un programme qui recueillerait plus de suffrages et qui serait plus simple à appliquer.

Le FN aurait été au troisième tour en 1995 avec le PS et l’UMP, en 2002 avec le PS et l’UMP, et en 2007 avec l’UDF, le PS et l’UMP. Cela aurait eu, au moins le mérite de ne pas trouver le FN face à un seul parti républicain.

 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article