De Benghazi à Washington.
Les Norvégiens effectuent, aujourd'hui, leur dernière mission aérienne. Lundi, ils plient bagages et rentrent à Oslo. La guerre coûte cher et pas seulement quand on compte les victimes mais aussi quand on fait les comptes, tout court. L'aviation norvégienne est sur le point d'acheter des chasseurs F-35 américains (bien sûr) dont le prix, non encore fixé, pourrait fluctuer entre 75 et 120 millions d'euros ! Cela donne à réfléchir au ministre du budget norvégien et mérite de repenser l'intervention en Libye. Et nous ?
Nous avons les Rafales de Dassault ! D'après notre ministre de la guerre, Mr Longuet : l'engagement de nos Rafales en Libye " montre que la motorisation standard actuelle de l'avion est pertinente". Les Rafales sont donc adaptés à frapper les défenses ennemies. On est heureux de l'apprendre mais je me pose une question : depuis que les sbires de l'OTAN bombardent, tous les jours depuis des mois, Tripoli et ses environs, que reste t-il d'encore debout ? Les Norvégiens s'en vont-ils parce qu'il n'y a plus rien à détruire ou parce qu'ils en ont assez de faire des trous dans le sable ?
Un qui s'est en allé définitivement c'est Abdel Fatah Younès, général, ancien ministre de Kadhafi et ci-devant chef d'état-major des rebelles de Benghazi. Il y avait de l'eau dans le gaz libyen et le général avait été convoqué par le CNT - Conseil National de Transition - pour un interrogatoire sur les opérations militaires. Résultat trois jours de deuil et le chômage technique pour nos aviateurs. Il reste, cependant, des antennes de communication à bombarder pour, je cite, "empêcher Kadhafi de s'exprimer".
Reste qu'aux États-Unis le plafond de la dette n'a toujours pas explosé. Si nous y envoyions quelques Rafales ? Le choix est simple : soit ils explosent le plafond et la dette peut continuer à plonger vers des profondeurs abyssales, soit ils ne l'explosent pas et c'est la note qui plonge. Catastrophe thermonucléaire ou non-événement ? Cela dépend de quel côté on se place. Pour les citoyens américains c'est plus d’impôts, un crédit plus cher, un endettement plus grand, la cata ! Pour les marché financiers ce sont des prêts à des taux plus élevés, des rapports plus importants, tout bénef ! Le non-événement c'est que la vie continue, que les marchés encaissent et que les citoyens trinquent. Après Ground Zéro et la prise de conscience que les États-Unis étaient à l'abri du terrorisme, voilà Risque Zéro et la prise de conscience que les États-Unis risquent de ne pas rembourser leurs dettes. Non-événement car personne n'y croit parce que ce sont encore les États-Unis qui décident de l'avenir économique de la planète.