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Ils ont tout leur temps, jusqu'au deux août !

31 Juillet 2011 , Rédigé par C

Le temps passe vite.

Il y a tout juste un an, Rama Yade était ministre des sports, Alliot-Marie à la justice et Alain Juppé ne savait pas encore qu'il remplacerait Bernard Kouchner aux Affaires Étrangères. Éric Woerth était dans la tourmente, tout le monde se demandait à quelle sauce il allait être mangé et puis le temps est passé, les rumeurs se sont tues, des ministres ont changé de portefeuille, d'autres s'en sont allés et Mr Woerth attend patiemment qu'on l'oublie.

 

Le temps fait appel à la mémoire et le classement des événements est une distraction subjective. Que de menus faits ou de choses graves sont arrivées depuis et chacun, selon sa disponibilité, son envie, ses sentiments les a oublié ou l'ont marqué plus que d'autres.

Établir une hiérarchie est tout simplement impossible. Relativiser l'un par rapport à l'autre si, mais, si la mémoire se construit sur la répétition, l"apprentissage, alors on doit mieux se souvenir de ces affaires qui font longtemps la une des journaux papier ou télé.

 

Les sénateurs républicains qui s'opposent à Obama jouent avec le temps. Nous savons tous qu'ils arriveront à un compromis pour relever le plafond de leur dette mais, utilisant le temps comme une arme, ces sénateurs exercent un chantage sur le Président dans le but de le faire plier. Personne, dans cette affaire, prendra la responsabilité que les soldats en Afghanistan ne reçoivent pas leur solde d'août, et personne n'imagine que les États-Unis ne puissent remplir leurs obligations vis à vis de leurs créanciers, le seul enjeu, et il est de taille, c'est le bras de fer que les Républicains, majoritaires au Congrès, imposent à Obama qui devra, c'est le danger de ces élections à mi-mandat, en passer par le bon vouloir de l'opposition devenue majoritaire. La démocratie américaine vient de basculer, avec ce conflit, dans une crise majeure, une de plus. Rien n'est prévu pour sortir de l'impasse que génère un exécutif qui prend le pas sur le législatif. Un président des États-Unis élu pour quatre ans, se trouve au bout de deux ans, incapable de faire la politique pour laquelle il a été élu et se voit contraint de subir une politique qui n'est pas la sienne et pour laquelle il n'a pas été élu. Que va t-il se passer ? Obama va plier et, en particulier, il n'augmentera pas les impôts pour les plus aisés et sa réforme de l'assurance maladie va prendre du plomb dans l'aile.

 

En France, le système n'est pas très différent. On l'a vu pendant les cohabitations sous Mitterrand où, obligé d'accepter une politique, qui était mise en œuvre par un premier ministre choisi dans la majorité issue des élections législatives, il ne restait, au Président, que le recours d'expliquer aux Français qu'il n'était pas d'accord et l'espoir que la politique appliquée échouerait, lui permettant de faire gagner son camp aux futures élections.

Dans un cas comme dans l'autre, la seule préoccupation des partis est de sauver la face, pas de faire gagner le pays.

 

Dans deux jours, nous aurons donc une conférence de presse d'Obama qui expliquera aux Américains qu'il n'a pas voulu ça et un Congrès satisfait d'avoir mis en échec "le chouchou d'il y a deux ans", quant à s'inquiéter de la dette, cela passe au second plan. Le temps aura fait son œuvre !

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