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E viva Italia !!!

27 Février 2013 , Rédigé par c laurans

Les spécialistes nous expliquent que si l’Italie part en quenouille c’est toute l’Europe qui est menacée. Ceci après les résultats rocambolesques des élections en Italie. Nos experts éclairés – je devrais dire « allumés », tant ils brillent sur les plateaux de télé, sur les ondes de nos radios  et dans les pages de nos journaux depuis qu’il y a quelques décennies ils ont obtenu un doctorat sur lequel ils assoient leur carrière de professeurs auxiliaires à Sciences Po et d’experts  - se répandent, parés de leurs titres de spécialistes de l’Italie, de l’Afrique, des relations extérieures ou du fromage de chèvre, en commentaires sur les élections italiennes et l’avenir de l’Europe comme si l’Europe avait encore un avenir avec la succession de traités tous plus inutiles les uns que les autres à en améliorer tant soit peu le fonctionnement à côté duquel celui d’une usine à gaz (comparaison employé à tort pour qualifier un machin compliqué qui ne fonctionne pas) est un modèle d’efficacité et de performance.

 

(L’Europe à la recherche du temps perdu : celui où les barbares Goths, Wiwigoths, Ostrogoths, Saxons poussés par la pauvreté, déjà, l’envahissaient  par l’ouest et le nord, les grecs, les romains et les Arabes, poussés par un esprit de lucre par le sud  et contribuaient à lui donner ce visage hétéroclite qui a fait sa force longtemps et qui fait sa faiblesse aujourd’hui. Car, entre temps il y a eu les grands voyageurs, les conquérants italiens, ibériques, lusitaniens qui ont conquis le Nouveau Monde, colonisé l’Afrique et usé et abusé des richesses issues du pillage. Pendant ce temps, en France pour le moins, les filles de Bretagne colonisaient les chambres de bonnes de Paris, les petits savoyards les cheminées de la capitale et les Corses, son administration pendant que les pauvres des campagnes, chassés par la misère créaient les villes industrielles et faisaient la fortune d’une France par leur sacrifice.)

 

En Italie donc, les Italiens sont allés aux urnes pour élire quelques centaines de sénateurs et le double de députés, les seuls  à avoir gagné quelque chose dans l’affaire.

Comment lire les résultats de ces élections ?

Regardons les résultats : les deux candidats populistes recueillent  la majorité des votes et des sièges.  (Les chypriotes,  pas cons quand ils ont pris connaissance des 7 milliards d'aides directes versés, tous les ans, par la PAC aux agriculteurs français, surtout céréaliers, ont donné 57% au candidat pro-européen qui proposait de demander une aide de 18 milliards à l’Europe ! Ce qui représente 100% du PIB de l’île.)

Grillo -25%- a promis la semaine de 20 heures, la sortie de l’euro, un revenu de base appelé « revenu de citoyenneté » de 1000 euros pour chaque Italien. Berlusconi -29%- a promis des chèques, comme d’habitude. La majorité des Italiens a choisi de voter comme une chaussette…trouée.

 

Le candidat des banques, Monti, qui de l’avis même de nos chers experts a rendu sa crédibilité à l’Italie et mis à genoux la majorité de sa population n’a recueilli que 10%. La minorité des Italiens a choisi de voter avec sa tête. Une preuve de plus qui montre que les peuples ne pensent pas comme les marchés.

 

Le candidat du centre gauche a recueilli 29%. Un grand quart des Italiens – un quart des suffrages exprimés -  n’a pas eu d’autre choix.

Cet événement est-il si important pour l’Europe ? Les Italiens sont-ils des crétins sous prétexte qu’ils ne votent pas comme on voudrait qu’ils votent ? Les experts europhiles nous expliquent que l’Italie de Monti va mieux mais les Italiens ont vu, dans le même temps, 1000 entreprises mettre les clés sous la porte.  Mr Lamy, qui risque dans un avenir très proche de devenir un de nos brillant dirigeant  socialiste après avoir sévi sur tous les fronts de la mondialisation, nous explique qu’il faut aller vers un fédéralisme européen,  en contradiction totale avec le choix des peuples qui, qu’on le veuille ou non, ne veulent pas d’une Europe plus forte donc plus éloignée de leurs attentes. Ont-ils raison ? Les dernières décisions européennes, en tout cas, ne leurs donnent pas tort à priori. L’idéal, pour ce genre d’expert, est que pour protéger notre système social, notre éducation, notre système de santé et bla bla bla, il faut tailler des croupières dans le coût du travail, dans la mobilité de l’emploi, dans la destruction nécessaire d’emplois industriels et bla bla bla… Cela me rappelle ce gouvernement passé qui décida que pour éviter que des automobilistes alcoolisés se fracassent contre les platanes du bord des routes ne trouva rien de mieux que de défigurer nos départementales en  les faisant couper.  (Heureusement que,  pour la ligne droite qui sépare Peyrolles de Meyragues, les lois iniques votées par le parlement ne sont pas toutes appliquées.)  

Une chose est sûre : les débats au parlement italien risquent d'être fort intéressants, peut-être même folkloriques. Personne peut dire aujourd'hui, qui du comique ou du pragmatique prendra le dessus. Enfin un pays qui nous changera de la raideur teutone, du chiant anglais et de la transparence française. Aux armes, citoyens italiens et vive l'Italie ! 

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