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Les lasagnes, le boeuf et le cheval.

19 Février 2013 , Rédigé par c laurans

Tout le monde politique, médiatique, expert – sauf le monde des courses que l’on n’entend pas, sauf sur les champs de courses pour traiter, dorénavant, un tocard, de lasagne ou de findus ! - s’unit dans un grand raout pour émietter, vaporiser les vrais questions que pose le scandale des plats préparés à la viande.

Dans cette lamentable histoire, si l’on peut tirer un enseignement parmi d’autres, c’est que l’on ne peut pas faire confiance à des filières mondialisées et financiarisées qui trafiquent tout à l’abri des regards. La financiarisation des matières premières a conduit des spécialistes, qui s’appellent eux-mêmes traders, à négocier, à spéculer sur des produits qu’ils ne voient jamais que sous la forme de chiffres sur leur ordinateur ce qui revient à transformer du blé, du lait, de la viande, du pétrole… en un et zéro ! Ainsi transformés en langage binaire les produits sont aseptisés, déshumanisés et, enfin, pour le bonheur de quelques-uns financiarisés, ce qui est, de nos jours, le nec plus ultra du commerce.

 

 Il faut rappeler que les grandes surfaces ont connu, dans les années soixante, un gain de confiance par rapport au petit commerce. La raison en est simple. Tout le monde connaissait, parce qu’il le voyait de ses yeux, que le commerçant « appuyait » sur la balance mal tarée, qu’il n’affichait pas le prix au kilo, que la truffe du Périgord venait déjà de Chine, que l’huile d’olive était frelatée, que le vin était « coupé », le lait « mouillé », que le stère de bois avait des « cabanes » et que les vis platinées neuves étaient d’occasion pour ne citer que quelques exemples de la vie courante…De nombreuses petites arnaques de petits commerçants ont contribué à donner à la grande distribution un air de sécurité. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, c’est là que l’on trouve le meilleur étiquetage et la meilleure sécurité alimentaire.

Tout le monde connaît une bonne histoire de grivèlerie avec la différence qu’elle ne porte pas sur des tonnes comme dans le cas de la viande de cheval transformée, par un jeu d’écriture, en viande de bœuf.  Ce sont les tomates de pays « du jardin de mon père » qui viennent d’Espagne, des fraises de Provence venant d’Italie, des céréales « bio » venant de champs pollués chinois, de l’huile d’olive première pression à froid coupée avec de l’huile à savon, du lait à la dioxine…La liste est longue de ces combines qui font le quotidien du commerce et ce ne sont pas les rares amendes ridicules qui découragent le tricheur.

 

D’un autre côté, les inspecteurs s’acharneront, ce doit être plus facile, sur des petits fabricants de fromages ne respectant pas les règles européennes…A ce sujet, il se murmure que les voyous de l’escroquerie auraient ciblé plutôt Findus et Picard parce que ne faisant pas partie des grandes enseignes, les contrôles, chez eux seraient moins nombreux. Mais ce sont peut-être des murmures de gens qui parlent à l’oreille des chevaux, allez savoir !

 

Les empoisonneurs sont sur toutes les ondes. Que n’a-t-on pas entendu depuis quelques jours et que ne va-t-on pas entendre encore !

Le ministre de l’agriculture qui découvre qu’il existe des filières mondialisées, des réseaux mafieux.

Le patron d’une entreprise incriminée qui ne connaît pas l’étiquetage du « minerai » qu’il utilise, ou revend et qui se trompe de code.

L’employé qui ne reconnaît pas un bloc de viande de cheval dont « la graisse est jaune quand celle du boeuf est grise».   

L’expert qui ne cesse de proclamer qu’il ne s’agit que d’une escroquerie et pas d’un problème sanitaire alors que l’enquête n’est pas bouclée et qu’il n’en sait strictement rien.

Ethnologue, philosophe en profitent pour vendre leur bla-bla tout aussi avarié sur le rapport à la nourriture, sa fonction symbolique alors que ceux qui mangent les produits transformés moins chers sont toujours les mêmes qui ne peuvent pas se payer du poulet à 25 euros le kilo ou les bons morceaux de viande du boucher, ceux qui n’ont pas le loisir de philosopher sur la mécanisation de l’agriculture, qui n’ont simplement pas d’autre choix que de manger la merde que l’on donnait, autrefois, à manger aux chats.

Si c’est sans danger, certain préconise de ré étiqueter les lasagnes – lasagnes à la viande de cheval – et de les distribuer aux restos du cœur ! Brave homme qui se préoccupe de la santé de ses compatriotes pauvres !

Ou encore, le restaurateur réputé qui, sur une chaîne de radio, annonce fièrement qu’il travaille du cheval qui vient de Belgique faisant semblant d’ignorer qu’il n’y a plus de frontière dans l’union européenne et que le cheval polonais devient hongrois ou italien ou belge, c’est selon, suivant qu’il prend un train ou un autre.

Ou encore que c’est la filière de la viande qui est la mieux contrôlée – ouahou c’est rassurant. Cela me fait penser aux derniers tours de France si bien contrôlés, si « blancs », qu’ils ont tous été remportés par des coureurs dopés.

Et ceux qui découvrent, à cette occasion, qu’il n’y a pas qu’une médecine à deux vitesses, une école à deux vitesses, mais de la bouffe à plusieurs vitesses.

Et, concernant ce noble animal qu’est le cheval, d’autre croient qu’il est plus noble de manger une brave vache qui regarde passer les trains, un agneau de Sisteron arrivé depuis peu d’Australie, un poulet qui a passé sa courte vie dans un poulailler de Bresse, un chevreau qu’on a enlevé à sa mère pour fêter nos Pâques, un canard à qui on a enlevé le foie après l’avoir gavé au maïs OGM, qu’un cheval qui est élevé pour la boucherie ? C’est oublier ou ignorer que l’homme, dans sa grande histoire, a toujours traité le cheval comme bête de somme, chair à canon et que dire de ces pur-sang que l’on drogue, entraîne, martyrise à la gloire du PMU ! Heureusement qu’il reste le fougueux animal qui tire, à travers la steppe glacée, le traineau de Tchaïkovski ou le beau compagnon de Zorro !

 

C’est aussi le moment qu’à choisi l’UE pour autoriser les farines animales !

Ah mais attention, les farines animales saines nous disent les mêmes experts cités plus haut. Comme si on pouvait encore y croire. Et attention encore, l’UE pense à tout et les volailles mangeront des farines de poissons, les poissons des farines de volailles car nous sommes civilisés nous autres, il ne s’agit pas de faire faire du cannibalisme à nos chères petites bébêtes ! La question qui se pose est de savoir si on pourra donner des farines chevalines aux bovins et des farines bovines aux chevaux ?  

Ps : je tiens, à votre disposition, une excellente recette de lasagnes aux légumes du jardin.

 

 

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