Enseignement au rabais et G8 très onéreux !
Hier, le Pôle Emploi de l'académie de Paris recrutait des enseignants pour nos enfants. Succès prodigieux : cinq cents candidats pour cent postes. Scandale monstrueux puisqu'il accouche d'une situation insupportable, le sacrifice d'élèves par négligence, imprévoyance, légèreté ou, plus grave par idéologie libérale.
Hier, donc, des candidats, nombreux, pas que des étudiants n'ayant pas fini leurs études, pas que des professeurs à la retraite mais aussi des chômeurs, de nombreux chômeurs diplômés. L'un d'eux, interviewé, a précisé qu'il était ingénieur en biologie et que, ne trouvant pas d'emploi dans le privé, n'ayant jamais pensé devenir enseignant, n'ayant aucune disposition particulière à enseigner mais considérant que c'était un métier comme un autre, il posait sa candidature à un poste dans les matières scientifiques.
Demain, donc, ce nouveau professeur remplaçant au pied levé le titulaire, sans connaître le programme de la matière dans la classe où il est nommé, avec une formation d'une journée (vous avez dit une journée ? Une journée ? J'ai dit une journée ? Tiens comme c'est bizarre, une journée!), va devoir suppléer un professeur formé, aguerri et, je veux le croire, convaincu que son métier d'enseignant n'est PAS un métier comme les autres.
Mais, ôtez-moi d'un doute, ces professeurs ont-ils vocation à n'aller travailler que dans des zones prioritaires où les élèves ont le plus besoin de professeurs formés, pédagogiquement performants et dont l'engagement n'est pas un palliatif à une période de chômage mais une engagement de toute une vie ? Les grands lycées prestigieux recrutent-ils ce nouveau genre, cette nouvelle essence d'enseignants ?
M.Chatel, recruté de la même façon pour devenir ministre de l'éducation nationale, c'est-à-dire sans formation, pense, hé oui, qu' « ils pourront très bien remplir ce rôle ». Mais enseigner n'est pas qu'une occupation, une activité ou un service mais c'est une mission, un engagement. Il restera, cela a été évoqué, aux parents fortunés de faire donner des leçons particulières à leurs enfants ! L'école de la république ne peut se satisfaire de professeurs au rabais attendant de la quitter pour des postes plus lucratifs dès que ceux-ci se présenteront. Je rappelle que, lorsque nous entrions dans l'éducation nationale, nous prenions un engagement de servir pendant dix ans au moins. Mais c'était la préhistoire, une époque où la formation des instituteurs commençait à l'école normale en classe de troisième.
Du côté financier, le calcul, difficile à faire, n'est peut-être pas à l'avantage des profs surtout en province où les déplacements fréquents et longs peuvent annuler tout avantage financier.
Enfin, alors que le Président de la République fait tailler des coupes sombres dans le personnel enseignant mettent en danger le système scolaire laïque et gratuit, son épouse s'investit dans la lutte contre l'illétrisme : pour compenser ou bien parce qu'ils ne parlent pas ensemble ?
Le G8 !
Quand 12 000 policiers, des drones, des satellites, des croiseurs au large de Deauville, surveillent la réunion de deux dizaines de chefs d'états (8 grands et une quinzaine d'invités), quand la femme du président français confirme sa maternité prochaine, quand les patrons de Google et Facebook sont les invités de marque, quand la place du pauvre est occupée par les invités africains, alors on a un G8 « à la Française » où on ne parle que de la prochaine nomination de Mme Lagarde au poste de Directeur du FMI tout en précisant que le G8 « n'a pas vocation à évoquer le sujet et à nommer le directeur » et bien qu'à cette occasion, les présents aient assuré la candidate de leur soutien !
Un G8, dont le coût, hors sécurité, sera de quelques 20 millions d'euros. Le salaire annuel de 1 000 professeurs.! Quand aux décisions, attendons cette après-midi, pour connaître les promesses d'aides qui devraient se chiffrer à 35 milliards par le FMI et 15 milliards par les banques des pays riches.
Il se trouve que j'ai eu connaissance d'un colloque en Tunisie et qu'il se dégageait des débats, des nombreuses tables rondes, que les Tunisiens ne souhaitent pas une aide financière pilotée par le FMI et les prêts « étrangleurs » des banques mais un engagement de coopération d'entreprises qui n'iraient pas en Tunisie pour faire de la laine sur le dos des Tunisiens mais pour une collaboration gagnante-gagnante.
Comment peut-on penser, en 2011, que d'un G8 puisse sortir des décisions importantes quand on sait que chaque pays participant défend son pré carré dans une société mondialisée où il ne peut y avoir de gagnant-gagnant que dans une gestion que ne connaît pas le libéralisme sauvage qui pèse sur nos destinées ?
Pour l'exemple, qu'en est-il de l'aide internationale à Haïti où le réseau d'eau potable, les routes, les bâtiments publics ne sont toujours pas restaurés ou réhabilités ?
Le G8, une belle photo de famille sur papier glacé où chacun peut se servir de cette tribune pour tirer la couverture à soi. Un bel exemple de conversations sympathiques !