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Feuilleton:chapitre XIV, grandes manoeuvres pour grand remaniement ministériel

15 Octobre 2010 , Rédigé par C

Un préalable qui n’a rien à voir avec la suite quoique…

Jeudi soir, au grand journal de Canal +, Jean Michel Apathie qui ne peut être suspecté d’avoir des accointances avec la gauche, faisait, en présence d’Eric Woerth, un édito sur la politique de la majorité et s’inquiétait qu’à force de chasser sur les terres de Jean Marie le danger la guettait de tomber dans les bras de Marine Le Pen débarrassée de l’antisémitisme avéré ou pas, c’est selon précisait-il, de son papa.

Outré, Eric Woerth, affirmait que jamais au grand jamais l’UMP n’avait passé des accords avec le FN. Il s’est fâché tout rouge et réapparaissait, comme une caricature, la grande force de ce bon soldat (voir mon article du 5/07/10, il faut sauver le soldat Woerth) qui assène avec un aplomb jamais pris en défaut que ce qui le sert.

Pas un seul animateur ou journaliste pour lui rétorquer que si l’UMP n’avait pas passé d’accord, des responsables importants de ses prédécesseurs UNR, RPR et consorts l’avaient fait en leur temps. C’est concevable de la part d’Ali ou d’Ariane et même de Michel mais est-ce acceptable de Jean-Michel qui représente les journalistes dans le quatuor ? On a les journalistes qu’on mérite.

 

 

La scène se passe au bord du gouffre.

Les interprètes, tous issus de la comédie politique française, sont maquillés par l’Oréal, les costumes sont des plus grands faiseurs, le décor est celui de la république malade.

 

Sur le bord du gouffre, sous un parasol de la Société Générale, Georgi, scrute la béance sombre du trou en attendant la sortie des postulants à un poste de conscience de ministre dans le nouveau gouvernement. Au fond, on entend, par moment, des cris étouffés, des jurons, des insultes même et toujours la même phrase, scandée sur le même ton mais par des voix différentes : « mais enfin, laisse-moi passer, merde ! »

 

Georgi, s’impatiente. Les candidats s’épuisent en vaines glissades, en crocs en jambes, quand soudainement apparaît la tête de Bet en Cour.

 

-          Enfin ! J’étais certain que ce serait toi le premier. Tu es le meilleur, je l’ai toujours dit mais qu’est-ce que tu as été long !

-          Merci. Oui ce fut long mais c’est parce que je laissais la place à mes petits camarades. Moi je ne demande rien pour Eric, mon seul souci est qu’il aille au bout de la réforme, c’est ce que tu m’as dit, non ? Il a passé sa vie à servir la république, il est prêt à la servir encore où le président l’appellera et il est satisfait de son sort.

-          Ouais, d’accord mais ces derniers mois ont été difficiles, vous ne voulez pas prendre un peu de recul, faire le point ?

-          Non, non. Il fait le boulot et il en a besoin maintenant que sa femme a perdu le sien !

Georgi se laissa aller sur le dossier de son fauteuil et réfléchit à haute voix :

-          C’est délicat vois-tu. J’ai toujours conseillé au président de ne pas le lâcher, de dire qu’il avait toujours confiance en lui alors maintenant s’il le vire, il aura l’air de quoi ? Tu veux me le dire ? On dira que le président ne sait pas ce qu’il dit et moi je serai dans la merde ! D’autant plus que JF Kahn va se faire un plaisir de nous allumer et tu es sûr que nous passons dans le Petit Journal du petit roquet. Tu vois la situation !

-          Alors tu penses qu’il peut rester au Travail ?

-          T’es fou, non ! Pas au Travail, non,, non, mais je pense que l’Intérieur…

-          L’Intérieur, putain, c’est Boutefeu qui va être marri.

-          Boutefeu, j’en fais mon affaire, on le met aux AF étrangères puisque le French Doctor va prendre des vacances à l’île de Ré.

-          A l’île de Ré ? Avec Jospin ? Blague à part je me vois mal à l’Intérieur.

-          Pourquoi, tu as bien été la Conscience de Pasqua, non ?

-         

-          Et puis vous ferez aussi bien que Brice.

Ils furent interrompus par Hachun et Nun, écarlates, trempés.

-          Putain, si je m’attendais à ça.

-          Et oui, c’est nous ! On est vacciné.

-          Alors je cale, je ne vous attendais pas parmi les premiers ; désolé, pour le moment je n’ai rien pour vous.

-          Pas grave, pas grave, tu nous mets où tu veux. L’essentiel c’est qu’ « il » nous impose pas qui tu sais.

     

Le cirque ne faisait que commencer et déjà Georgi s’impatientait.

-          Je n’y arriverai jamais, ça fait deux mois qu’on est devant ce trou et on n’a pas avancé d’un pas ! Et si je mettais les noms dans un chapeau, les ministères dans un autre et que je demande à Hachun de tirer les noms et à Nun  les postes ?

Je crois que je vais faire comme ça. Cela ne pourra pas être pire que ces trois dernières années !

 

 

 

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