Fifi et les seize richards.
Humour noir : Accommodement raisonnable.
Seize, ils sont seize a avoir signé une "pétition" (liste dans le Nouvel Obs du 25 août) pour verser une contribution exceptionnelle et c'est passé presque inaperçu. Est-ce en raison du nombre de moins en moins grand de lecteurs du Nouvel Obs, du fait que les riches, qui veulent payer plus d'impôts qu'on ne leur en demande, nous fatiguent, est-ce parce que personne n'y croit, ou, tout simplement parce qu'on trouve que cela a assez duré et que nous attendons tous que les chèques tombent ?
Les signataires qui, pour la plupart, dirigent ou sont propriétaires de sociétés cotées en bourse qui ont vu progresser leurs résultats de 11% au premier semestre 2011, se disent conscients d'avoir pleinement bénéficié du modèle français.
Si on comprend bien qu'"ils" ne parlent pas de la fourniture des services publics dont ils n'ont rien à faire étant opposés à la notion d'égalité des citoyens que cela implique,
Si on sait aussi qu'ils sont du côté de ceux qui se sont ingéniés à saboter le système de protection sociale qui n'a cessé d'être remis en cause, à travers de nombreuses réformes ces dernières années,
Si on ne pense pas qu'ils veuillent parler d'une forme de négociation sociale que le gouvernement qu'ils soutiennent s'ingénie à transformer en consultation puisqu'il n'y a plus rien à négocier,
Si on n'a pas peur qu'ils discutent de la façon dont les marchés pourraient être régulés car on a bien compris que la régulation des marchés, ils n'en veulent pas, et pour cause,
Si on se demande s'ils parlent de la façon chaotique qu'a le gouvernement de réguler l'activité économique globale,
que peut bien signifier, pour eux, cette notion de modèle français dont ils sont conscients d'avoir bénéficié ?
En fait, ils ne parlent pas de tous ce qui structurerait un modèle social français un tant soit peu égalitaire, ils parlent du modèle qui leur permet d'avoir des salaires toujours plus élevés, d'engranger des stock-options, de bénéficier de retraites conséquentes et de parapluies dorés. C'est cela, pour eux, le modèle social français rêvé.
Le modèle qu'ils souhaitent, pour eux, c'est un accommodement raisonnable qui pourrait leur permettre de conserver leurs privilèges et pourquoi pas changer la donne. Par exemple, on pourrait décider que les grosses fortunes ne participeraient à l'effort que lorsqu'on ne pourrait plus faire autrement et que le reste du temps ils décideraient eux-mêmes de leur contribution à l'effort national. Ils continueraient à échapper à l'impôt en utilisant toutes les ficelles prévues par des lois faites à leur mesure et, lorsqu'ils l'auraient décidé, ils fixeraient eux-mêmes une contribution raisonnable. Attention cependant que cette contribution ne concoure pas à la fuite des cerveaux, des capitaux et à l'accroissement de l'évasion fiscale !
Qu'on ne s'y trompe pas, à quelques virgules près, nous sommes dans cette situation.
Heureusement que le gouvernement de la France veille et qu'il ne se précipite pas pour changer les règles.