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Gens de Pays ou Gens du Voyage?

2 Août 2010 , Rédigé par C

Pas de vacance pour un pouvoir fort, outré par les débordements de minorités délinquantes et pas de demi-mesures pour enrayer l’insécurité en France.

L’heure n’est plus aux atermoiements, les hommes forts du gouvernement montent les uns après les autres au créneau, surenchérissent sur les propos du Président, on va voir ce que l’on va voir et tant pis si la plupart des mesures envisagées par nos va-t-en guerre sont inconstitutionnelles, irréalisables ou carrément grotesques comme celle qui consisterait à condamner à deux ans de prison fermes les parents de délinquants mineurs décidant à priori d’une peine que, jusqu’à preuve du contraire, seule la justice est en mesure de décider ou bien de déchoir de sa nationalité un français en cas de condamnation pour atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ce qui doit donner bien des frissons à ces français qui, par leur comportement dans des affaires de blanchiment de fraude fiscale, s’exposent à perdre leur nationalité ! (Il est vrai que pour ces derniers le statut d’apatride ne ferait que régulariser une situation plus proche de la réalité dans la mesure où leurs sources de revenus, leurs placements, leurs banques, leurs îles, que sais-je encore, sont déjà réparties dans le monde entier ce qui les rend plus mondialistes que typiquement français.

Donc, certain ministre, du haut de son incompétence, annonce tranquillement qu’il pourra être mis un frein à des déplacements des Gens du voyage en France. J’ose espérer que sa colère a dépassé sa pensée car il faut qu’il nous explique en vertu de quoi des européens (des Roumains en l’occurrence) pourraient se voir refuser la libre circulation à l’intérieur des frontières de l’union.

La France est, il est vrai avec la Turquie, le seul pays des 27 à n’avoir pas signé la Charte de l’ONU sur les minorités au prétexte qu’elle est en contradiction avec notre constitution. En effet, défendre les droits des minorités est contraire à la notion de république où la relation individuelle entre chaque citoyen et la communauté nationale, c’est à dire à la nation, est la règle.  C’est ainsi que le parlement peut promulguer une loi interdisant à une minorité le port du voile intégral au motif que la règle nationale passe par l’obligation de ne pas cacher son visage dans le domaine public et qu’il se refuse à une législation impliquant un quota de représentants de chaque minorité dans les conseils municipaux, au Parlement, à la télé… Notre tradition oppose le droit national aux droits collectifs ou individuels des minorités ethniques ou religieuses. C’est une tradition qui vient de la fin de la féodalité et de l’avènement de l’absolutisme où l’état centralisateur a besoin, pour renforcer son pouvoir, de fédérer autour d’une seule langue, une seule religion. Ce n’est pas la révolution de 1789 qui va changer cet état de fait mais, au contraire, va le consolider. Les « hussards de la république » vont contribuer par leur action sur les enfants des écoles publiques à renforcer l’unité d’une république qui n’accepte pas les minorités et leurs droits particuliers. Corses, Bretons, Basques s’opposeront plus ou moins longtemps et plus ou moins violemment à l’état français centralisateur.

Le problème que nous connaissons, aujourd’hui, avec gens du voyage, Roms, Gitans, Manouches… n’est qu’un épisode de ce combat qui, dans l’ex-Yougoslavie s’est transformé en nettoyage ethnique, ou dans le royaume britannique et en Espagne, par l’obtention des minorités nationales, écossaise, galloise, catalane, de relatives autonomies, et aux Etats-Unis par une politique faisant la part belle aux communautarismes…

Le problème des minorités ne se règlera pas par la mise au pilori de peuples, de langues, de cultures, de races mais par le respect des uns pour les autres. Les Gens du voyage existent, même Hitler n’est pas venu à bout de leur existence, il faut les accueillir décemment et ne plus, par exemple, choisir pour leurs campements provisoires, des terrains que la loi oblige aux communes de plus de 5000 habitants et qui, majoritairement, ne la respectent pas, dans des décharges ou sur d’anciennes friches industrielles pourries ; donner à leurs enfants la possibilité de suivre une scolarité la moins chaotique possible en donnant aux directeurs d’écoles qui veulent bien les accueillir, les moyens de les intégrer pendant leurs courts passages.

Gens de Pays et Gens du Voyage ! Un gouffre entre les deux et pourtant des êtres humains qui ont les mêmes droits ; je sais, je sais …les mêmes devoirs aussi, mais que c’est plus facile d’être un Gens de Pays qu’un Gens du Voyage !

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