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Interrogations???

28 Juillet 2010 , Rédigé par C

Ce combat solitaire, incertain que je mène par l’écriture m’affaiblit ou me renforce, c’est selon.

Me renforce grâce à cette volonté que soutiennent ceux qui m’aiment et me respectent pour ce que je suis et vers lesquels va toute ma gratitude. Ils maintiennent le feu, éclairent la pièce, font vivre ce foyer où fourmillent les idées, naissent les colères et jaillissent, plus intimement, derrière le décor qui me sert d’artifice, les mots que je retiens pour celles qui me fascinent par leur seule présence, leur incomparable intelligence, leur humanité.

M’affaiblit, car j’ai peur ; sous les oripeaux qui cachent mes angoisses, je sens la débilité de mon combat face à un ennemi paisible, futile, moqueur.

Rien cependant ne peux arrêter l’élan de ma marche, ni les ricanements ou pire encore l’attitude charitable. Le feu brûle toujours, la colère est intacte et dans ma tête, dans mon cœur, la valeur du combat est incontournable. De l’invisibilité des choses je veux en tirer la matière et des idées, des sentiments, des sensations, je veux en tirer la leçon. J’entre, ainsi, dans un monde mystérieux qui, à priori, n’est pas le mien mais vers lequel je suis attiré intellectuellement après avoir donné, pendant trente ans, toutes mes forces et beaucoup de mon temps pour enseigner, aux jeunes enfants que l’on me confiait, la lecture, le calcul, l’histoire certes, mais aussi une morale qui ne tenait pas compte de leur intimité.

Dans ce monde, j’y suis rentré avec ma femme. De mon cœur, point profond, je n’avais qu’une faible connaissance et par un lent travail qui consiste à enlever la carapace qui le recouvre, écaille par écaille, dans la douleur souvent, dans la joie toujours, pour libérer l’espace et faciliter la respiration, elle a ouvert l’horizon, écarquillé mes yeux, épanoui ma réflexion.

J’y suis resté, corps et âme et vois, dans le spectacle quotidien, l’égoïsme des uns et la futilité des autres.  La vie, pour la majorité d’entre nous, est un continuel combat pour rester digne et, dans tous nos actes, pour nous conformer à une société humaine qui ne l’est pas. Mon expérience d’élu m’a fait découvrir à quel point le respect de la règle n’oblige que les petits, les « non sachant » et il est normal que ce soient ceux-là même qui l’enfreignent car, pour les autres, les grands, les « sachant » il est tellement simple de la contourner.

Ce matin, j’écoutais, sur une radio publique, le Président de la Commission Nationale de contrôle des comptes des campagnes électorales et du financement des partis politiques et je me demandais dans quelle démocratie vivions-nous car, juste avant, le journaliste annonçait que le Président de la République allait tenir une réunion sur les comportements des gens du voyage et des Roms, et je me disais que c’était l’illustration parfaite de ce que je dénonçais plus haut : voilà un Président qui a, sur les bras, une affaire d’état avec l’affaire Bettencourt-Woerth et qui réunit ses ministres pour discuter des gens du voyage en contradiction totale avec notre constitution qui interdit d’instrumentaliser une ethnie alors qu’il s’agit d’une affaire de police qui doit être réglée par les corps constitués que sont la police et la gendarmerie qui sont en charge de la sécurité publique. Il s’agit d’un problème local de délinquance, pas d’un enjeu national ; s’il y a un problème avec les gens du voyage c’est la façon dont ils sont traités, l’incapacité des élus à respecter la loi sur les aires d’accueil et cela ne doit pas se régler à l’Elysée mais plutôt en concertation avec las associations qui travaillent, en permanence, auprès de cette population, il est vrai particulière. Mais peut-on s’attendre à autre chose avec un Président qui recevait un footballeur pendant une manifestation nationale de mécontentement consécutive à la réforme des retraites ? 

Pour en revenir sur le financement des partis et des campagnes électorales, l’affaire Bettencourt a mis en lumière le financement du parti majoritaire par le biais des micro partis. Une loi de 1995 réglemente ces financements et permet à un citoyen de donner 4600 euros à un homme politique pour financer sa campagne électorale et 7500 euros à autant de partis qu’il le souhaite. On voit tout de suite l’intérêt des micro partis quand on sait que les dons sont une niche fiscale. Il est plus sûr pour une grosse fortune à hauts revenus de s’attirer les bonnes grâces des gouvernants. Et si on ajoute que, si les dons sont plafonnés à 20% des revenus pour ceux à vocation humanitaire, ils ne le sont pas pour le financement de micro partis (288 recensés à ce jour) !

De l’avis même du Président de la fumeuse commission, le législateur en rédigeant la loi n’a pas dû se poser la question sur les risques de dérive ; les hommes politiques qui l’ont votée l’ont promptement contournée.

En 20 ans, devant l’explosion de ces petites structures attachées à et tributaires de la carrière des personnalités politiques qui les créent, le législateur n’a pas été une seule fois interpellé par l’efficacité d’une telle loi ou bien faut-il penser que cela l’arrangeait bien ?

Il a fallu l’affaire Woerth pour que cela paraisse au grand jour. Depuis, une femme de gauche, mme Guigou et un homme de droite, mr Méhaignerie l’ont dénoncé alors qu’ils furent tous deux, chacun leur tour, Garde des Sceaux et passez muscade, chacun est rentré chez lui.

Mr Apparu, secrétaire d’Etat au logement et qui a son micro parti perso a dit que c’était une avancée démocratique car sinon les partis seraient financés par des associations qui ne sont pas soumises aux mêmes règles. Donc dans ce point de vue on entend deux choses importantes :

-         les associations financent-elles les partis politiques ?

-         pour un ministre de la république, une mauvaise loi est une bonne loi si elle permet de moins tricher !

Le scandale est bien dans le fait qu’un parti politique est un groupement d’individus qui a ses propres règles, son propre statut et qu’il n’a pas de statut juridique ; en effet un parti n’est pas obligé de déposer ses statuts en préfecture, chose que l’on exige de la plus petite association.

Des rapports ont été rendus sur le statut juridique des partis politiques mais il semble qu’ils soient restés lettre morte, peut-être parce que les calendriers de l’assemblée nationale et du sénat sont surchargés, plus sûrement parce que cela arrange tout le monde !

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