Homo sapiens-sapiens, vraiment?
La société humaine, depuis l’origine des temps, est la permanence d’un même élan qui s’est exprimé à travers des lignes d’évolution divergentes. Des chemins différents, des impasses, des lignes droites ont conduit à l’Homme moderne. La pluralité des individus se succédants en une histoire empruntant sans cesse de nouvelles voies, a donné le Terrien du XXI° siècle. On pouvait s’attendre, après des milliers d’années d’évolution que l’Homme s’améliore mais, malheureusement, j’ai l’impression qu’en sélectionnant chaque accident concourrant à l’évolution on a conservé que ceux qui étaient néfastes à la perpétuation de l’espèce. Les progrès qui auraient pu rendre l’Homme de plus en plus maître de sa destinée, la connaissance de la psychologie et la prise en compte, toujours meilleure, des angoisses existentielles, auraient dû permettre de rendre l’humanité plus vertueuse et plus heureuse.
Je ne veux pas croire que la société doive s’adapter à un moule incassable comme l’eau le fait dans un récipient donné ; je préfère penser que nous pouvons changer les choses et la preuve est faite que ce souhait est illusoire.
Les grands débats que nous devons avoir ne souffrent plus l’attente. Parmi eux, le partage des richesses, l’équilibre alimentaire entre les pays du Nord et ceux du Sud, l’énergie nucléaire et la menace qu’elle fait peser sur le monde, l’utilisation de l’eau, le travail des enfants dans les pays sous-développés, la place des femmes dans les sociétés archaïques, l’utilité de l’emprisonnement...
Je ne hiérarchise pas les sujets mais j’énumère, simplement, des problèmes que nous cessons d’évoquer sans jamais que l’on aperçoive une avancée, un progrès dans leur traitement.
Ce début d’année nous donne de sérieux sujets de réflexion sur l’avenir de la planète.
La Tepco, agence privée responsable de la maintenance des centrales nucléaires fournissant l’électricité au Japon a trafiqué les comptes-rendus des observations lors d’ « incidents nucléaires » et falsifié des mesures de radioactivité, a négligé les contrôles et en particulier sur la centrale de Fukushima. On sait, maintenant, par des témoignages directs d’intervenants ou de syndicalistes que la sécurité des centrales en France est assurée, si l’on peut dire, par des entreprises privées qui n’emploient que du personnel intérimaire mal formé et corvéable à merci. Sur France Inter, comme sur Internet, des témoignages ahurissants tendent à montrer la légèreté avec laquelle sont traités ces contrôles.
On apprend que les enceintes de confinement qui ont manqué à Tchernobyl lors de l’explosion du réacteur et que l’on multiplie sur l’EPR, ont été une entrave aux interventions d’urgence à Fukushima car, ce qui est prévu pour empêcher de « sortir » s’est avéré nuire aux interventions venues de l’extérieur en empêchant les pompiers d’arroser les piscines vidées de leur eau par la vague du tsunami.
On comprend que ces « piscines »qui étaient un des éléments clé du processus de dépose du réacteur, puisqu’elles étaient destinées à recevoir les barres d’uranium quand on les sortait du cœur, sont devenues les réceptacles d’un bouillon de culture démoniaque. En effet, les piscines qui se vident laissent, au contact de l’air, les barres de combustible et provoquent l’échappée d’un rayonnement hautement radioactif. Rayonnement qui commence dès que les barres ne sont plus immergées. Autant dire qu’à Fukushima, le processus est enclenché depuis plusieurs jours et l’intensité du rayonnement, qui a déjà obligé les intervenants à se replier, va, probablement, les éloigner définitivement du site et condamner tous les réacteurs de la centrale !
On ne peut envisager de continuer à développer cette énergie qui, tôt ou tard, nous explosera à la figure. Le plus odieux n’est-il pas de dire, comme je l’ai entendu, que si on arrête le nucléaire l’électricité va coûter beaucoup plus cher ? Comme si Mr Proglio et le ministre de l’industrie n’étaient pas les garants d’augmentations tous les mois de juillet sans que le nucléaire soit en cause !