J'aime...je n'aime pas...
J’aime l’idée de manifester dans la rue pour montrer, au Président de la République, ma solidarité avec les hommes et les femmes de ce pays qui demandent à travailler pour vivre dignement, ce qui devrait contribuer à financer les retraites dont nous rejetons la récente réforme injuste.
Je n’aime pas l’idée que 577 députés et 344 Sénateurs ne profitent pas de cette occasion pour revoir, en grand, leur régime de retraite plus qu’avantageux du fait qu’ils peuvent cotiser deux fois plus qu’ils ne « travaillent ».
Puisque c’est le moment du bilan, je précise que pendant toute ma vie professionnelle, l’Etat a retenu, sur mon salaire, une cotisation qui a contribué au financement des retraites et l’argument, avancé à l’envie par hommes politiques et journalistes, qui consiste à essayer de culpabiliser ma génération me laisse de glace quand cela ne m’énerve pas !
J’aime l’idée de dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité sauf lorsqu’elle risque de blesser gravement ceux que j’aime.
Je n’aime pas l’idée que le fait de faire de la politique soit l’objet du comportement inverse et qu’un président de la république puisse dire, pendant sa campagne électorale, qu’il ne touchera pas aux retraites et que, deux ans plus tard il s’empresse de le faire.
Il est temps de dire que réformer ne signifie pas détruire et que les deux réformes précédentes, qui n’ont servi qu’à repousser les échéances et celle-ci, qui n’a pas d’autre ambition que de recommencer en 2018, ne sont pas des réformes mais des pis-aller irresponsables.
J’aime l’idée de supprimer la propriété privée des moyens de production et d’échanges au profit de la collectivité.
Je n’aime pas l’idée que quelques pays, quelques hommes ou femmes, possèdent les richesses que tous les pays et tous les hommes et les femmes ont contribué à créer.
Les grandes fortunes ont, très souvent, pour origine des malversations et des usurpations ; bien leur en a pris car la mémoire humaine est courte et l’argent, c’est bien connu, n’a pas d’odeur sinon, souvent, celle du sang et de la merde.
J’aime l’idée que la justice est juste.
Je n’aime pas l’idée que « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».
Depuis le XVII° siècle, et depuis La Fontaine (fabuliste du siècle en question, pour ceux qui ne sont pas titulaires du certificat d’études primaires et tous ceux pour qui la culture personnelle en fait d’excellents candidats pour les jeux de prime time que promeuvent si bien les chaînes de télévision) aucun changement notable dans une société où les loups, les lions, les ours et les renards font la loi ; seule différence cependant, le passage, mais est-ce vraiment un changement, de la monarchie absolue à la république.
J’aime l’idée que la presse de mon pays est libre.
Je n’aime pas l’idée que pour être libre, elle doive s’autocensurer, elle doive protéger ses ordinateurs contre les délinquants et elle doive se vendre aux capitalistes de tous crins.
CL