L'énergie nucléaire en débat.
"Situation : C’est entre 1970 et 1990 que l’on a construit le plus de centrales dans le monde ; depuis 1990 l’évolution est presque stoppée. Une tendance qui pourrait se justifier par la peur de beaucoup de pays de la dangerosité de la filière. (Tchernobyl en attendant le Japon et la prochaine). Il y a aujourd’hui, 435 réacteurs en fonction dans le monde, concentrés aux Etats-Unis en Europe et au Japon, plus de la moitié seront démantelés dans les 20 ans. Dans ce contexte faiblissant, la France persiste avec 58 réacteurs et ses projets de développement, en effet si l’on a arrêté « Phénix » et « Super Phénix ». Nous construisons actuellement le réacteur pressurisé européen (EPR) à Flamanville dans la Manche, un autre est en projet à Penly.
En France : Le nucléaire produit 77% de l’électricité (14% seulement dans le monde !) ; ces 77% ne représentent que 17% de l’énergie consommée, les énergies fossiles gardant la part du lion. Un exemple de pays souhaitant sortir du nucléaire : l’Allemagne ne consomme que 26% d’énergie nucléaire et les énergies renouvelables atteignent 15% ; dans ce pays, l’énergie communale est souvent autonome à 100% ; 100 000 toits solaires ont été créés depuis 1999 ; par ailleurs, elle s’est fait un job en construisant des éoliennes et des panneaux solaires qu’elle exporte à 70%.
Dans le monde : 22% de la population consomme 60% de la production.
1/3 de la planète n’a pas accès aux sources d’énergies modernes
Conmmation d’électricité dans le monde en Kwh par an et par habitant :
- Etats-Unis : …………14 000
- Europe de l’ouest……..6 500
- Asie du sud est………..2 800
- Afrique du nord……….1 500
-Afrique sub-saharienne…. 400
La consommation d’électricité par habitant est deux fois plus élevée en Europe qu’en Amérique du sud alors que l que revenu par habitant est proche.
Le nucléaire, avantages et inconvénients : Il représente 17 % de l’énergie consommée en
France.
Le nucléaire est bon marché : Oui, si l’on oublie d’intégrer les énormes coûts de traitements des déchets et le démantèlement à terme des centrales. Les investissements sont considérables, des centaines
de milliards d’euros payés par les contribuables d’aujourd’hui, les conséquences à payer par nos
petits enfants.
Que faire des déchets, les enfouir (site de Bure dans la Meuse) un véritable crime pour les
les générations futures, les déchets ont une durée de vie infiniment plus longue que leurs contenants.
Quant au retraitement des déchets, s’il permet de récupérer une petite partie réutilisable, il ne les
fait pas disparaître pour autant.
Il n’y a pas aujourd’hui de solutions satisfaisantes et il est trop facile de rejeter le problème
sur le dos des générations futures.
Le rendement d’une centrale : Enorme gâchis, le rendement est de 30%, c'est-à-dire que
70% de la chaleur issue de la fission de l’uranium doit être évacuée dans l’environnement.
Moins de gaz à effet de serre : C’est vrai, le nucléaire à cet avantage de ne pas dégager
de CO2, mais curieusement la politique du nucléaire ne nous a pas mis à l’abri de l’effet de serre ;
la France qui est le pays le plus nucléarisé de la planète avec ses 58 réacteurs et ses 1100 sites
de déchets pour 65 millions d’habitants est le pays d’Europe qui dégage le plus de gaz à effet de serre.
Indépendance énergétique : Le président Sarkozy insistait hier à la télévision sur l’avantage du
nucléaire quant à l’indépendance énergétique qu’elle constitue ; c’est se mettre la tête dans le sable
(celui du Mali en particulier)
La France importe la totalité de l’uranium nécessaire ; de pays où l’on contamine
largement l’environnement et les populations et la dangerosité de ces installations posent de plus
en plus de problèmes.
Le nucléaire est-il dangereux : C’est ce qui apparaît de plus en plus dans un monde aussi brutal
que le nôtre et compte tenu des changements climatiques dont nous n’avons aucune idée des
conséquences :
Tremblements de terre, personne ne peut pronostiquer de la sismicité du futur
Inondations, ruptures de barrages, tsunami, pluies torrentielles…
Défaillance humaine il est vrai que les français sont supérieurs dans ce domaine
Attentats, guerres, ce sont des activités en plein développement.
L’avenir de la fission : « la fusion » (ITER)
Pour remplacer la fission par la fusion nucléaire l’avenir n’est pas rose.
De nombreux scientifiques doutent que l’on aboutisse un jour à produire de l’énergie ; deux prix
Nobel dont un français (Gilles de Gennes) expliquent qu’ITER produira de grandes
quantités de Tritium (hydrogène radioactif extrêmement nocif) et des milliers de tonnes de
déchets nucléaires ayant une durée de vie de mille ans. De plus ce sont des études à échéance de
50 ans, si tout va bien ; on peut se demander ce que sera devenu notre société en 2060 tant
les problèmes qui surgiront d’ici là sont destructeurs.
I ITER ne peut pas résoudre nos problèmes liés au nucléaire et il serait plus raisonnable
d’investir pour l’avenir proche.
Que faire :
d'abord des économies:
Evolution de la consommation d’électricité en France, kWh/an et par habitant
1960…………..1400
1980…………..4000
1990…………..6600
2000…………..7000
2010…………..7500
Soit une augmentation de 423% en 46 ans.
La consommation d’électricité, n’a pas augmentée dans le monde entre 1980 et 2000, elle est passée
en France de 4000 à 7000 KWh par habitant.
A la lecture de ces chiffres, il est clair que la France subit une évolution effrénée de sa
consommation ; conséquence de la politique nucléaire qui incite à la consommation (chauffage
électrique ruineux pour les ménages, ainsi que la climatisation) justifiant ainsi la construction des
centrales.
Les 4000 kWh de 1980 étaient déjà confortables, les progrès enregistrés depuis comme
les lampes basse consommation et l’électroménager moderne plus économe devraient nous permettre de
revenir vers des consommations plus modestes. Si nous étions capable de ces économies, le tiers voir
le quart des centrales serait suffisant.
Pour info, dans la grande maison, où nous ne vivons qu’à deux ma femme et moi nous n’avons consommé
que 3000 kWh par habitant en 2010 et nous pourrions encore réduire avec quelques efforts très
acceptables.
Faire des économies
Lampes basse consommation lumières inutiles éteintes
Pièces inutiles peu chauffées.
Isolation des habitations, on approche aujourd’hui de 100% d’isolation
Fin de l’éclairage des immeubles de bureaux toute la nuit
Un pull over pour vivre en meilleure santé à 20° au lieu de 25°
Tarif d’EDF progressif, pour inciter à l’économie (jamais utilisé par EDF)
Développement des transports publics
Chemin de fer en remplacement des transports routiers, quand c’est possible
Stop aux 4/4 et construction exclusive de voitures consommant moins de 4 l.
Que que faire ensuite :
Développer les énergies renouvelables : (ER)
La conséquence de notre politique nucléaire met notre pays à la traîne des ER
Les énergies renouvelables aujourd’hui, c’est 20% de l’électricité produite sur la planète et
seulement 17% avec le nucléaire.
A ce jour peu de développement des énergies renouvelables : en effet avant le choc pétrolier de
1973, on ne s’intéressait pas à eux ; peu de recherches ont été menées :1000 milliards de francs
pour le nucléaire, quelques dizaines de millions pour l’énergie solaire.
Peu soutenus par les pouvoirs publics en France, tournés vers le nucléaire, c’est seulement
depuis le plan de lutte contre l’effet de serre en 2000 que l’on s’intéresse timidement aux ER,
tout reste à faire alors que le gouvernement français vient de donner un coup de frein à leur
développement en baissant les tarifs de rachat de l’électricité photovoltaïque ou éolienne.
Il faudra bien accepter leur développement malgré les réticences d’ordre esthétique ;
compte tenu des problèmes liés à l’effet de serre par les énergies fossiles et les risques de
catastrophes encourues par le nucléaire.
Les installations doivent échapper au monopole d’état et permettre de se développer localement,
afin d’éviter les transports électriques aériens sur de longues distances comme c’est le cas du
nucléaire avec d’énormes perte en ligne et qui somme toute ne sont pas beaucoup plus esthétiques
que les éoliennes ou les panneaux solaires.
Chacun devra avoir des panneaux solaires sur le toit de sa maison ou de son immeuble.
Ce type de politique ne convient guère à des grands groupes comme EDF qui souhaitent
garder le monopole et faire des bénéfices court terme pour le bien être des actionnaires.
Si l’on investit sur la recherche sur les ER, les panneaux solaires coûteront 10 fois moins cher
(leur prix a déjà été divisé par 25 en 20 ans).
Une éolienne peut atteindre 5 MW et l’énergie des vagues ou des marées est une filière
prometteuse qui n’a guère été utilisée.
L’emploi est assuré dans le cadre d’une sortie du nucléaire par le travail de démantèlement des
centrales (20 ans) ; d’autre part le développement des ER est dix fois plus créateur d’emploi que
le nucléaire, c’est aussi une chance pour les salariés qui n’auront plus à être irradiés pour gagner leur vie
Sortir du nucléaire est sûrement possible et mérite une grande étude ; indépendante des
lobbies et un grand débat public.
Il n’est pas raisonnable d’envisager la fin du nucléaire à court terme, une période d’au moins vingt
ans semble nécessaire ; mais la décision d’orienter la politique énergétique de la France vers
la fin du nucléaire doit être prise dans l’immédiat. Ces vingt années devraient permettre la mise en
place des économies nécessaires et le développement d’autres énergies propres.
A défaut, évidemment, nous n’en sortirons jamais.
La position têtue de notre gouvernement face à la relance des demandes et à la catastrophe
japonaise nous rappelle en effet « ces autruches qui se mettent la tête dans le sable »
Les chiffres donnés sont sujets à caution et souvent différents suivant les sources,
toutefois l’ordre de grandeur est suffisant pour comprendre les situations.