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Une centrale nucléaire itinérante à Toulon.

19 Mars 2011 , Rédigé par C

« Huit réacteurs nucléaires en cœur de ville ». C’est à Toulon.

La capitale du Var a le dangereux « privilège » de faire cohabiter son centre urbain et une exploitation d’énergie nucléaire ; c’est une exception française dont les habitants se seraient bien passé. Le Faron, bien connu des cyclistes, est un excellent paravent qui arrêtent le vent de mer ce qui ne faciliterait pas l’évacuation des poussières radioactives en cas d’accident et la situation géographique de la ville n’est pas propice à une évacuation rapide de la population ; qui connaît les problèmes de la métropole toulonnaise savent de quoi je parle.

 

Six sous-marins nucléaires et le porte-avions CDG sont rattachés à Toulon.

Il faut y ajouter les bâtiments étrangers qui peuvent faire escale dans le port.

L’arsenal abrite donc les structures capables d’assurer le chargement et le déchargement du combustible de huit réacteurs, au moins.

Les réacteurs de type K15 ont une puissance de 300 MW chacun. Lorsqu’ils sont dans la rade cela fait 2400 MW c’est-à-dire deux tiers de la Centrale de Tricastin ! Mais, nous dit-on, les sept bâtiments (le CDG a deux réacteurs) sont rarement en quai en simultané !

 

Tous les arguments déployés pour rassurer ne tiennent plus depuis la catastrophe de Fukushima, en voici quelque perles :

-         Une centrale nucléaire est-elle implantée au pied du Faron ? (Var-Matin)

-         « Non, ou alors une centrale de petite taille qui serait à l’arrêt ».Contre-amiral Béraud.

Non ? Mon amiral ? Ou alors une petite à l’arrêt ! Doit-on comprendre que les sous-marins et le CDG entrent et sortent de l’arsenal à la rame ? Quand ils sont à quai, la maintenance n’est-elle plus assurée par les réacteurs nucléaires ?

-         « Leur puissance est de 30 à 100 fois plus faible que celle d’une centrale civile »

Il serait plus juste de dire de 3 (quand il y a le CDG et un sous-marin) à 10 (quand il n’y a qu’une unité en rade) fois plus faible. Mais qu’est-ce un zéro de plus ou de moins lorsqu’il s’agit du nucléaire ?

-         « La marine applique les mêmes normes de sécurité qu’EDF, et depuis vingt-huit ans aucun problème majeur ne s’est jamais produit. »

Apprécions à sa juste valeur, l’adjectif « majeur » et le durée (28 ans) !

-         N’y aurait-il aucun risque nucléaire à Toulon ? (Var-Matin)

-         « Le risque zéro n’existe pas. Les précautions sont prises et les conséquences d’un incident seraient bien moins graves qu’autour d’une centrale. » André Pellen, président du Collectif pour le contrôle des risques radioactifs.

Bien moins grave, nous voilà rassurés.

-         Ce risque est-il bien géré ? (V-M)

-         « Les Toulonnais peuvent dormir tranquilles. Le Plan d’urgence interne (PUI) n’est pas critiquable. On ne peut pas en dire autant des autorités civiles. Il existe un PPI (Plan Particulier d’Intervention) sous la responsabilité du préfet. La moindre des choses serait qu’il soit rigoureusement appliqué lors des exercices. En novembre dernier cela s’est transformé en simulacre de test comme souvent, au motif inacceptable de ne pas affoler les populations. »

Fermez le ban !

 

Le nucléaire, sa gestion, sa part d’ombre, sa pérennité n’ont pas fini de poser des questions essentielles.

 

  Ps/ Dans le même journal, quelques pages plus loin, deux réactions étonnantes:

 

- Il n'y a jamais eu d'accident depuis la création du CEA à Cadarache en 1962! dixit le maire de Vinon-sur-Verdon.

Sauf à considérer que le fait d'avoir "perdu" 15 Kilogrammes de plutonium hautement radoiactif sur le sîte, il y a quelques mois, n'est pas un accident!

 

-Le village de Ginasservis était dans la zone de PPI, puis le périmètre a changé et seule, une vaingtaine de maisons sont aujourd'hui concernées. dixit le maire de la commune.

Encore plus fort que Tchernobyl! Mais n'est-on pas en Provence? Nous, ici, le nuage ne s'arrêterait  pas à l'entrée du village, il choisirait la vingtaine de maisons qui sont dans le PPI!

 

En juin, on procèdera à un exercice; le thème: un séisme dans une zone exposée au risque nucléaire. Ah, bon! Gageons que les services publics l'organiseront mieux qu'à Toulon et que les joueurs de boules de Vinon entendront, cette fois, la sirène d'alerte qui est, paraît-il, inaudible!!!

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