La campagne électorale : un moment de vérité ou le summum de la tromperie.
Je ne sais pas si l’impopularité quasi générale dont souffrent les élites de la république avait atteint un tel degré depuis qu’elle existe mais ce ne sont pas les comportements de ces dernières années qui vont dans le bon sens.
Nous ne reviendrons pas sur les affaires, sur les comportements indignes de hauts responsables qui font douter les Français de l’exemplarité d’un régime démocratique qui est de plus en plus en danger, comme dans le reste de l’Europe, où le discours d’une extrême droite qui monte de partout est entendu par de plus en plus de citoyens exaspérés par le « faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais. »
Force est de reconnaître, lorsqu’on entend les arguments de la gauche française que le ton a changé. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les « ripostes » de la droite qui sont dans le dénigrement systématique. Aujourd’hui encore, un thuriféraire de cette droite, après le discours dans le Loiret du candidat Hollande, journaliste au Figaro Magazine l’attaquait en arguant que M.Hollande passait son temps à critiquer l’action du gouvernement en place mais…n’avait aucune proposition à faire. Le comportement et la posture de cet important acteur au sein du Figaro montraient, s’il en est besoin, la mauvaise fois ou le manque de lucidité. En effet, c’est le même qui moquait M.Hollande quand il proposait de créer 60 000 postes dans l’éducation nationale. Comment peut-on à la fois dire qu’il ne propose rien et se gausser d’une si importante proposition ?
Je pense qu’à force d’avoir un débat faussé par des journalistes d’opinions qui avancent masqués en brandissant le drapeau de la liberté d’expression, par des hommes et des femmes politiques carriéristes et imperméables aux critiques et se précipitant sur les abus de langage, la déformation des propos des adversaires, la mauvaise foi, le citoyen ne peut plus croire en rien. Il s’est abattu, sur notre société moderne, une chape de plomb du langage convenu, le politiquement correct ou langue de bois, qui fait que les hommes et femmes qui font l’actualité et qui essayent de manipuler l’opinion, ne sont plus crédibles et ne sont plus crus.
Le discours de M.Hollande de ce soir dans le Loiret, argumenté, attachant, cultivé, polémiste, me réconcilie avec la politique. Des hommes comme Hollande et Mélanchon, une femme comme Mme Joly avec leur langage de vérité qui s’agrémente de références historiques, d’humanisme de bon aloi, de sincérité, honorent la politique. Inutile de dire, qu’à contrario, les saillies de M.Guéant, les approximations des chiens de garde du sarkozysme déclinant, les accents de matamore de Mme Le Pen, les déshonorent et rabaisse la république.
Malheureusement, d’après ce que j’ai pu entendre sur une interview du Président sortant toujours pas candidat mais tellement plus président que pour quelques semaines, il semblerait qu’il ait décidé, comme il n’a pas pu faire correctement les choses qu’il avait promises, ce qui a aggravé la situation de millions de citoyens, il va s’ingénier à les faire faire par le peuple !
En effet, il semblerait que, par une inflation de référendums, il choisisse de demander aux Français de décider du sort des chômeurs, de celui des travailleurs immigrés et d’autres sujets de société tout aussi graves. Ainsi, du haut de l’olympe élyséen, il poserait les « bonnes » questions et proclamerait les résultats d’une voix atone et détachée pour que les décisions graves ne lui soient pas imputées. Il vient d’inventer la présidence collective.
La France ne prend plus le train pour Berlin, elle prend le train pour Genève.