La CRISE, suite...mais non fin ! Une pétition à l'usage des Indignés.
Ai-je assez écrit que la crise n'existait que pour les pauvres, ai-je assez écrit que l'état de crise, dans lequel on enfermait toute réflexion, servait toujours les mêmes, c'est-à-dire ceux qui en profitent, ai-je assez écrit que l'évolution de la société n'était possible qu'en passant par des crises de société et/ou de civilisation, pour ne pas tomber dans le panneau de la crise italienne, espagnole ou, comme certains en brandissent la menace, la crise française.
La nouvelle du jour est que l'Italie est dans l’œil du cyclone. La véritable crise, en Italie, est bien la présence à sa tête de Sylvio Berlusconi, pas sa dette ! En effet, tous les médias ouvrent leur journal sur la dette italienne qui atteindrait les 120% du PIB et la menace que font peser les agences de notation toutes prêtes à baisser la note de l'Italie. On oublie de dire, mais est-ce un oubli, que la moitié de la dette est endogène – c'est-à-dire couverte par les Italiens eux-mêmes et pas dans des banques étrangères -, ce qui ramène véritablement et concrètement la dette à 60% du PIB. Chose tout à fait acceptable et bien loin de mettre en danger l'économie italienne. Alors quoi ? Intox, matraquage, propagande ? Les paris sont ouverts et la bourse de Milan fait, en attendant, le yo-yo et permet aux spéculateurs de gagner sur tous les tableaux puisqu'on sait, maintenant, qu'on peut gagner à la bourse, qu'elle monte ou qu'elle baisse. Et ce n'est pas Martine Aubry, flanquée du meilleur économiste depuis trente ans dans son équipe ( Aubry dixit ) qui y changera quelque chose car je doute que les conseils du « meilleur économiste de ces trente dernières années » soient d'un grand secours pour résoudre une crise qu'il n'a pas vu venir.
La véritable crise pour la France, puisque les mêmes disent que ce sera bientôt son tour, ne serait-ce pas le fait qu'elle ait N.Sarkozy à sa tête, Fillon, Woerth, Baroin et les autres, aux commandes ?
La véritable crise pour le monde est bien la faillite du système libéral, système qu'on nous impose depuis quelques décennies et que certains, les mêmes, voudraient nous imposer encore comme le seul possible. Il faudra bien admettre la faillite du système capitaliste démocratique (puisque ayant été appliqué après des élections démocratiques). L'adhésion de nombreux pays à l'Union Européenne est affaire d'opportunisme et les pays mal préparés ou qui trichent sur leurs performances pour rentrer dans les critères de Maastricht sont, aujourd'hui en difficulté et ce n'est pas la crise qui est responsable, elle a, seulement, fragilisé une situation latente.
La véritable crise ce sont les réformes politiques et économiques qui se décident à Bruxelles, au FMI, à L'OMC et dans les officines de la finance mondiale.
La véritable crise ce sont les flux financiers mis à la disposition des pays pour mettre en œuvre les politiques décidées à Bruxelles ou ailleurs et qui ne tiennent pas compte des spécificités des pays dans lesquels on les applique.
La véritable crise c'est que, pour faire des profits, les investisseurs ont besoin de calme, de continuité mais, aussi, de réformes allant toutes dans le droit fil d'une politique de soumission aux marchés.
La véritable crise c'est qu'au lieu d'investir, les entreprises distribuent des dividendes.
La véritable crise c'est une politique populiste, c'est-à-dire une politique qui s'adresse à la passion, au sentiment qu'on n'y peut rien, à la colère, à la recherche du bouc-émissaire...
La véritable crise c'est l'acceptation de l'obsolescence programmée, une société du tout jetable, une réduction des services publics, une frénésie de la consommation...
La véritable crise c'est la mondialisation qui est une illusion idéologique, une fuite en avant.
La véritable crise c'est que les agences de notation baissent les notes des pays qui passent sous les Fourches Caudines du FMI, ce qui rend caduques les efforts que font ces pays prisonniers des Marchés.
La véritable crise c'est de vouloir imposer à tous les pays un modèle de démocratie occidentale qui ne tient pas compte des histoires particulières des nations. Le capitalisme n'a d'universel que le fait qu'il se soit imposé par la force de l'argent ou des armes. Et même si l'Union Soviétique a fait la preuve de son incompétence et de son impuissance à rendre les hommes heureux, elle n'en a pas plus validé le fait que, hors du communisme, il n'y ait de possible, que le capitalisme !
La véritable crise c'est que le capitalisme qui s'est développé dans les démocraties occidentales a créé de la richesse mais n'a pas su ou voulu la distribuer avec un souci d'équité.
La véritable crise c'est de penser qu'une élection, dût-elle être présidentielle, ne fait pas une démocratie. Qu'il y faut un programme, une adhésion, un rêve !
La véritable crise c'est que nos chers dirigeants n'aient pas encore compris, après plus de deux siècles de révolutions, que la démocratie ne s'impose pas par l'extérieur même et surtout avec les armes, mais nécessite le consensus. Des décennies de guerre en Afghanistan, en Irak, peut-être en Libye et en repartir la queue entre les jambes.
La véritable crise c'est que l'Europe ait promu l'esprit du business contre un développement humaniste ambitieux.
La véritable crise c'est que le parti socialiste ne comprenne toujours pas que la politique n'a pas besoin d'un ersatz de l'UMP.
La véritable crise c'est que les citoyens ne prennent pas leur destin en mains.
J'ai donc, l'honneur et le privilège (car personne ne peut me les enlever) de lancer une pétition pour la suppression de La Crise !