La DETTE, encore et encore...
Qu'entend-on, ces jours-ci, dans la bouche des « experts » en économie ?
En Italie : ce sont les dissensions entre le chef du gouvernement et son ministre des finances qui conduisent les marchés financiers à attaquer la dette italienne ;
En France : si la campagne pour les présidentielles est féroce, la France sera attaquée, à son tour par les marchés financiers spéculatifs ;
En Grèce : si la Grèce ne restructure pas sa dette, alors que « tout le monde pense que c'est inévitable », elle doit dégager un excédent primaire de 6 points de PIB, ce qu'aucun pays n'est capable de faire et n'a d'ailleurs jamais fait . Et on peut ajouter à cela que le plan d'austérité, auquel on la soumet, va entraîner, mathématiquement, une récession de deux ou trois ans ; on entend aussi que l'Allemagne, la Hollande, la Norvège souhaitent que les fonds privés(banques, assurances...) participent mais la France, soutenue par la Banque Européenne ne le veut pas, pourquoi ? Serions-nous, en France, prisonniers des fonds spéculatifs ? Aurions-nous peur que nos banques se remettent dans le rouge, et en sont-elles sorti ou ont-elles toujours des actifs pourris ? Auraient-elles profité du soutien de l'Etat, c'est-à-dire du contribuable pour mettre à l'abri leurs fonds propres sans se préoccuper d'assainir leurs finances ?
Au Portugal et en Irlande : les deux pays se sont vu relégués dans la catégorie spéculative parce qu'on pense que le plan de restructuration ne suffira pas et que la perspective d'une participation du secteur privé à l’allègement de la dette (comme ces choses-là sont bien dites!) lui fait peur ; le secteur privé a un soutien en France, à l’Élysée, il ne trouvera peut-être pas le même en Espagne et au Portugal.
La dette qui est, une catastrophe pour ceux qui ne voient que l'écume des choses, une chose inévitable pour ceux qui pensent qu'il y a des dettes qui sont productives, est au centre d'un débat totalement irrationnel et ce ne sont pas les médias qui nous aident à y voir clair, ni les experts qui se contredisent à qui mieux-mieux !
Reprenant le raisonnement de Jurien, un ami qui réfléchit, je dirai, avec lui que :
« Pour une société bien équipée pour le futur, la dette est sécurisée par une grande capacité de la rembourser. Bien équipée veut dire : des bons soins de santé, des aliments sains, de l'air propre, de l’énergie propre et de la bonne éducation , le tout faisant partie d'une stratégie à long terme. Malheureusement, ce n'est pas le cas. »
Vous voyez le décalage entre le citoyen qui raisonne et les marchés qui déraisonnent.
Pour le premier, la dette est un outil de promotion dans la boite à outil de la croissance, un levier qui doit permettre de rendre les taches plus faciles, un état qui doit permettre de progresser, pour les seconds, c'est une façon de remplir les poches de fonds spéculatifs dont la seule fonction est d'enrichir quelques-uns au détriment de tous les autres.
On comprend mieux le souci qu'ont certains de ne parler que de la dette. Son irrationalité, la peine qu'a, le citoyen moyen, à déceler qui doit quoi et à qui, son statut de machin idéologique qui fait que l'on se divise plus sur le fait que sur les conséquences, nous entraîne dans un débat virtuel où les solutions connues n'ont aucune chance de faire consensus. L'un veut sortir de l'euro, l'autre veut exclure la Grèce, un troisième veut se déclarer en faillite, un autre accuse les gouvernements précédents, celui-ci pense que l'autre vit au-dessus de ses moyens, un tel estime qu'il faut faire comme en Argentine, tel autre dit que c'est impossible et blablabla, on verra tout cela à l'automne !!!
C'est vrai que ceux, mon cher Jurien, qui ont le plus besoin de bons soins, d'air propre, d'énergie propre, d'éducation, ce sont ceux qui ne peuvent plus se soigner, ceux qui se nourrissent mal par manque de moyens financiers, (ceux-là n'ont même pas la préoccupation de savoir si l'énergie est propre ou non car ils n'en consomment qu'une partie infinitésimale), ceux qui n'ont pas accès à l'éducation, ceux-là auraient bien besoin qu'une très petite partie de la dette soit consacrée à améliorer leur condition. Nous n'en prenons pas le chemin ; pire, nous sommes en train de nous poser la question de savoir comment « on » va bien pouvoir, encore et toujours, leur faire payer les dégâts de la crise.
L' Allemagne, la Hollande, la Norvège ne veulent pas payer pour la Grèce mais qui pense à payer, demain, pour tous ces pays que les nations occidentales ont pillés pendant des siècles, qui payera la pollution de la Terre, qui payera le prix de comportements irresponsables ? La Dette ! C'est l'inconséquence d'humains avides ! Chacun se reconnaîtra.
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