La Dette pour les nuls.
La décôte ?
Ce sont les banques qui participent à la décôte de la dette grecque, sur l'insistance de Mme Merkel ; Mr Sarkozy et J-C Trichet ayant été beaucoup plus réservés. Ces banques vont donc subir une décôte de leurs créances de 21%, ce qui signifie que quand BNP-Paribas détenait 100 euros de la dette grecque, elle n'en détient plus que 79. BNP-Paribas qui détient 4,5 Mds d'euros de dette grecque devrait "perdre" autour de 800 millions. Sauf que, depuis qu'elle prête à l'état grec à des taux très élevés grâce aux agences de notation, quelqu'un peut-il me dire combien elle a "gagné" en participant au financement ou/et à l'endettement de l'état grec ?
Elle prête, encore maintenant, à la Grèce et, même si les taux sont revus à la baisse et les remboursements plus longs, la banque en question continue à avoir intérêt à lui prêter. Et moi, je continue à m'indigner sur le fait que l'on nous bassine avec la dette grecque !
Effet d'annonce assuré ! Tout le monde sait que cette décôte sera insuffisante ! Tout le monde sait qu'il faudra passer, rapidement à 50% mais, Juppé se gargarise**, Fillon se désole, Sarkozy pavoise et les contribuables paient l'addition. Pourquoi ? Parce que cette décôte qui n'est qu'un jeu d'écriture pour rassurer les Marchés, n'améliore en rien le potentiel industriel et la reprise économique en Grèce et donc, ne peut contribuer à l'amélioration de la situation hormis celle des banques.
** "un accord de grande portée, qui n'est pas seulement un rafistolage de circonstances, mais qui donne des perspectives à moyen terme et permet d'aller plus loin aussi dans la bonne gouvernance économique de la zone euro" - explication de texte : un accord de grande portée pour des perspectives à moyen terme ! De la langue du meilleur bois.
"Il suffit de voir la réaction des marchés pour réaliser qu'il (l'accord) est tout à fait positif". - Explication de texte : les marchés ont bien réagi, c'est-à-dire qu'ils savent qu'ils vont pouvoir continuer à traire la vache à lait, à des taux moins usuraires mais beaucoup plus longtemps, c'est effectivement, positif pour eux !
N'étant pas un économiste de la trempe de l'ancien ministre du budget, je prends date avec lui et j'affirme que "c'est un accord de portée très réduite, un rafistolage de circonstances, qui donne des perspectives intéressantes aux marchés qui vont s'empresser d'en profiter et qui ne règle, en rien, la gouvernance de la zone euro car, comme l'a dit le président, dans sa conférence de presse, ce que nous faisons pour la Grèce nous ne le ferons pour aucun autre pays de la zone euro ! "
Qu'est-ce que c'est un pays qui fait défaut ?
La Grèce ne pourra pas payer ses traites à l'heure prévue. Elle n'a pas respecté le contrat de prêt. Elle est donc surendettée comme des millions d'êtres humains sur cette planète. Mais ce n'est pas du tout une faillite car sa richesse patrimoniale, son potentiel économique, touristique, humain, en garantissent la perrennité. Alors qu'est-ce qui cloche, nom de Zeus (on est en Grèce n'est-ce pas ?) C'est juste un report des traites. Juste un allongement de la durée de remboursement de la dette. La Grèce remboursera sa dette, plus longtemps ! Ce que l'accord consacre c'est un remboursement différé. Mais, souvenons-nous de ce que l'on nous a seriné, pendant des mois en France, sur le problème des retraites quand on répétait, à l'envie, que nous devrions avoir honte de laisser cette ardoise aux générations futures ! He, bien, c'est ce qu'ont décidé Merkerl-Sarkozy à Bruxelles à la grande satisfaction des Marchés, c'est une garantie que la dette va s'étaler longtemps, longtemps, longtemps*** et comme disait un de mes amis un peu trivial "plus c'est long, plus c'est bon !"
***longtemps après que les poètes ont disparu...