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La dictature des marchés face à la démocratie.

14 Novembre 2011 , Rédigé par C

Débat de spécialistes économiques, de ceux qui contribuent, malheureusement, à faire ou à influencer l'opinion : 

"Le triple A est absolument essentiel pour la France !

La Chine et les États-Unis ont tout intérêt à ce que la France ne perde pas son triple A !

Les techniciens, au moins, ne prendront pas les décisions pour être réélus comme les hommes politiques !

Une augmentation du taux de l'emprunt de 1% entraînera, pour la France, une dette supplémentaire de vingt milliards !

On ne peut pas rester avec 27 budgets différents en Europe !

Les marchés veulent voir des mesures de rigueur !"

 

Il suffit ! Tous savent que ces rigueurs budgétaires conduisent à une récession puisque les différents plans de rigueur que l'on décide sont bâtis sur la base d'une hypothèse de croissance qui est déjà caduque lorsqu'ils sont mis en œuvre. Une seule façon de venir à l'aide de l'euro est que la banque européenne mutualise les dettes de l'Europe, cesse de se battre pour un euro fort, et les  rachète comme le font toutes les autres banques dans le monde. Belle illusion dans un monde qui n'est pas solidaire et que son "degré de civilisation" n'a pas contribué à faire reculer l'égoïsme.

 

Tous ces spécialistes formés dans les universités anglo-saxonnes, tous fédéralistes, ne peuvent réfléchir que dans le sens d'une Europe fédérale sur le modèle américain sauf que l'Histoire millénaire de ces pays européens, les conflits qui les ont opposés, les  traités qui les ont méprisés, les influences qui les ont fabriqués, les cultures qui les ont éloignés et qui continuent de le faire,  sont autant de  barrières infranchissables.  Qui peut fédérer les aspirations d'un Espagnol d'Estrémadure avec un Berlinois, d'un Anglais du centre de Londres avec un Sicilien de Raguse,  d'un Parisien  avec un Hongrois de la Pustza, d'un catholique Irlandais avec un Grec orthodoxe ?  Les marchés ! C'est, en effet, malheureusement, la seule réponse possible !

 

Ce qu'il faut dire, c'est que pas un de ces spécialistes ne sait  quelle mesure de rigueur peut être une solution à la crise et peut-être faudrait-il ajouter que pas un responsable politique au pouvoir ne veut prendre les vraies mesures. La doxa est simpliste : "les marchés disent, les marchés décident, les marchés exigent… "

 

Les marchés ont demandé aux Grecs de réduire les dépenses sociales, d'éducation, de santé mais pas les dépenses de l'armée car ils n'ont pas encore payé les trois sous-marins commandés à l'Allemagne.

 

Les dirigeants n'ont toujours pas compris que le citoyen doté d'un minimum de matière grise ne puisse pas accepter que la seule attitude à avoir pour sauver le monde en faillite soit de faire des économies sur tous les services qui font la qualité de vie, assurent la santé des habitants, éduquent leurs enfants et donnent du travail. Ils sont de plus en plus convaincus que la réponse, les solutions sont ailleurs et que ce ne sont pas ceux qui les gouvernent qui sont prêts à les appliquer.

 

Il semble évident que les marchés ne se préoccupent pas de savoir si les états consultent leurs peuples. Ils ont compris depuis longtemps que les gouvernants ont toute latitude pour s'arranger pour qu'un "non" au référendum se transforme en "oui" par un parlement à la botte, qu'un projet de référendum ne résiste pas longtemps (quelques heures en Grèce) à la pression du couple franco-allemand, qu'une élection se fasse sous la pression et le chantage, que leur haussement de sourcils a plus de poids que toute la colère d'un peuple pour faire partir un "cavaliere" du pouvoir et que leur mansuétude, quand ils l'auront décidé, peut le faire revenir…

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