La Peste Noire de 1348 et la Crise du 3°millénaire.
L'épidémie de peste en 1348, qui fit de nombreuses victimes en Europe, désorganisa la société.
Les prix des denrées alimentaires montent en flèche, les terres médiocres sont abandonnées, et les survivants s'approprient celles des victimes, les activités qui demandent moins de main d’œuvre prennent l'avantage sur les autres plus gourmandes en bras, le circuit monétaire tend à remplacer les échanges en nature, chaque corps de métier défend ses intérêts particuliers, l'état tente de stabiliser, sans y parvenir, les prix des denrées de première nécessité, la hausse des salaires est limitée par le pouvoir, on allonge la durée du travail, on prépare les esprits à la guerre des classes qui va éclater et dont les premières secousses seront la Jacquerie de la région parisienne en 1358, les soulèvements de tisserands de Gand en 1379, les émeutes de Rouen en 1380, la révolte des paysans anglais en 1381, celle des Maillotins à Paris en 1382.
Les mœurs se dégradent, on cherche et on trouve des boucs émissaires.
« La Peste Noire, peut-être la plus grande catastrophe humanitaire de l'histoire européenne, illustre jusqu'à la caricature les comportements de l'humanité placée dans des conditions extrêmes : résurgence des instincts primaires, fragilité du vernis civilisateur, égoïsme féroce, irrationalité et contradictions de l'esprit humain jusque dans l'extraordinaire résilience de l'espèce.** »
Le libéralisme et la mondialisation au XX°et XXI° siècles sont responsables de la désorganisation de la société.
Le passage à l'Euro a fait monter le prix des denrées de première nécessité.
Les banques, par des pratiques de voyous, ont spolié les citoyens et auraient contribué à la ruine de pans entiers de l'économie si les États et donc le contribuable n'étaient pas venus à leurs secours.
Les réserves de pétrole qui génèrent déjà de supers profits, les producteurs augmentent le prix du baril de brut, les pétroliers augmentent le prix de l'essence et l’État continue à profiter des taxes sur chaque litre de carburant vendu.
Les industriels délocalisent les usines dans les paradis de la main d’œuvre et n'hésitent pas à en changer au gré des avantages qu'on leur consent au point de trouver rentable l'abandon des locaux pour aller en construire d'autres dans des contrées plus accueillantes.
Les entreprises grandissent et leur croissance n'est pas due à un développement de la recherche, de l'innovation, de la conquête de nouveaux marchés mais, à des OPA permettant, au passage, d'engranger des plus-values et de licencier du personnel. Elles profitent de niches fiscales, non rabotées par un gouvernement aux ordres, et ne s'acquittent pas de l'impôt, échappant ainsi au nécessaire effort de solidarité.
Les riches, niant par leur comportement l'utopie de Thomas More, n'en ont jamais assez et ayant toujours peur de manquer du superflu, s'attribuent des salaires, des retraites, des avantages défiant toute raison et utilisent leur pouvoir pour faire voter des lois qui leurs permettent d'échapper à l'impôt, d'augmenter légalement leur patrimoine, de blanchir leur argent.
Les élus ne maîtrisant plus rien ne songent qu'à protéger leurs privilèges. On menace les compagnies pétrolières, les banques, les gros salaires avant d'aller diriger le FMI complice, on allonge la durée de travail, on repousse l'âge de la retraite, on casse le service public, on se sert, on songe à privatiser l'éducation nationale comme la poste, le chemin de fer, l'électricité et le gaz, l'eau et que sais-je encore ?
On prépare les conditions idéales à la lutte des classes.
Là s'arrête la comparaison car les chapitres suivants sont encore à écrire !
**G.Minois in Marianne.