La semaine de quatre jours ! L'école "inréformable "!
La semaine de quatre jours et demi est encore sur le devant de la scène, surtout à Paris d’ailleurs car le maire de la capitale a annoncé que la réforme s’appliquerait à la rentrée 2013. Des professeurs des écoles dans la rue, ce n’est pas nouveau. Qu’ils y soient appelés par leurs syndicats, c’est logique. Mais c’est idiot !
De réformettes en réformettes de ministres imbus, qui ne pensaient qu’à mettre leur nom sur leur réforme toujours contestée par les syndicats et diversement appliquée par les enseignants sur le terrain, ont transformé l’école en pétaudière. Les gourous qui ont conseillé les ministres apparaissent et disparaissent au gré des changements de politique. Les syndicats myriadisés ne représentent plus la majorité des enseignants et leur réformisme au service des enfants s’est transformé en corporatisme car ils se resserrent autour de la seule défense de leurs adhérents sinon comment expliquer qu’ils se soient élevés comme un seul homme contre la semaine de quatre jours et qu’ils se dressent contre sa disparition ?
Quatre jours de classe par semaine, 144 dans l’année, tout le monde peut comprendre que c’est une situation grotesque et intenable. La journée est trop longue, la semaine et l’année trop courtes pour répartir les efforts d’enfants de 3 à 12 ans qui subissent les mêmes contraintes. L’argument qui consiste à dire, comme je l’entends couramment ces temps-ci, que cela va pénaliser les enfants en difficulté parce qu’on les confierait pendant quelques heures à des gens mal formés ne tient pas longtemps à la réflexion car c’est ce qui se passe actuellement et depuis des décennies. Les enfants issus de familles aisées ont le choix des activités culturelles, sportives ou sportives et culturelles tandis que l’enfant issu d’un milieu défavorisé a le choix entre foot sur le parking ou foot dans la cage d’escalier ! Mieux vaut une présence de personnels en voie de formation pendant deux demi-journées que des enfants laissés à eux-mêmes.
L’école de Jules Ferry est morte et enterrée. L’école qui contribuait à la formation du citoyen, son intégration dans la société et qui correspondait à l’idée qu’on se faisait de la nation est finie. Ce qu’on lui demande aujourd’hui, c’est de préparer les enfants à être des robots de la mondialisation en s’adaptant à la crise, en privilégiant l’affectif pour prendre le relais de parents très absents, en les spécialisant dès le plus jeune âge en leur faisant croire que ce n’est que comme ça qu’ils auront une chance de s’en sortir. Chaque fois que quelque chose ne tourne pas rond, la facilité affirme c’est que c’est la faute de l’école ou bien, quand on est impuissant devant un fait de société on trompette que c’est à l’école que revient le rôle de régler le problème.
Les enseignants aussi ont changé et leurs conditions de travail aussi car dans les salles de professeurs on parle plus que de discipline, de difficultés du métier et, plutôt que de se demander comment affronter, tous les jours, ces difficultés qui empoisonnent le métier, il serait plus intelligent de se décider à changer LE métier et cela passe par la réforme rapide des rythmes scolaires et une redéfinition des objectifs de l’école qui ne devraient pas être soumis à une majorité démocratiquement élue tous les cinq ans.