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La Tunisie n'est pas le Club Med!

17 Janvier 2011 , Rédigé par C

La Tunisie, ou plus exactement les Tunisiens font l’actualité.

L’année dernière, à la même époque, c’étaient Haïti et les Haïtiens.

A la lumière des faits passés, souhaitons pour les premiers que leurs problèmes se règlent, plus vite et surtout bien mieux que pour les seconds. Haïti et ses douze mille ONG se retrouve, un an après, quasi dans la même situation qu’il y a un an.

 

Nous assistons, par médias interposés, au déroulement en direct de cette révolution et les chaînes de télévision spécialisées dans l’information nous permettent d’en connaître les développements peu de temps après qu’ils se sont déroulés.

 

Après avoir évacué le comportement « girouette » du chef de l’état et du gouvernement français qui, après avoir soutenu Ben Ali et avoir même envisagé d’envoyer des policiers français pour aider les policiers tunisiens qui tiraient à balles réelles sur la population (que l’on ne s’y trompe pas, je n’ai pas dit que les policiers Français allaient aider les Tunisiens à tirer sur la population, non, non mais alors les aider à quoi faire? La ministre des Affaires Etrangères proposait juste le "savoir faire" français à la Tunisie pour le maintien de l'ordre et la gestion de manifestations. Se défendant d’avoir voulu s’ingérer dans la politique tunisienne elle a précisé, sous le feu nourri des critiques venue de la Gauche, qu’on l’avait mal comprise et que c’était pour que cela ne se reproduise pas dans l’avenir, qu’elle proposait de former les forces de l’ordre tunisienne « comme nous le faisons dans d’autres pays »!), et sans vouloir analyser la situation complexe comme le font déjà avec beaucoup de morgue les journalistes spécialisés, je veux dire mon sentiment sur cette révolte qui n’est pas encore une révolution même si on lui a déjà trouvé un nom de roman ou de film (la révolution du jasmin) ce qui est dans l’air du temps où tout est image, show, et représentation.

 

Au lendemain des manifestations, une semaine à peine, le premier ministre de Ben Ali essaie de récupérer à son compte le mécontentement du peuple et la fuite du Président en dépit de l‘inconstitutionnalité d‘une telle mesure et d’une implication plus que suspecte dans la gestion de Ben Ali; il est suffisamment impliqué pour que la population le récuse et on se dirige donc vers un gouvernement de coalition et le Conseil Constitutionnel nomme le chef du parlement, président intérimaire.

 

Et ensuite? On parle de gouvernement d’unité nationale en éliminant d’office deux partis indésirables: le parti communiste et le parti islamiste même s’ils se disent « prêts à travailler pour bâtir un état de droit ». C’est mal commencer une révolution démocratique en niant la représentativité d’une partie de la population. Mais il se trouve que les mêmes, pour sauver leur place, négocient en secret et lorsqu’ils y sont poussés par le rapport de force, négocient au grand jour, avec ceux qu’ils traitaient d’extrémistes et de terroristes; doit-on rappeler ici, que les Américains, les Soviétiques et les Anglais se sont partagés les savants, les ingénieurs, les agents secrets, les agents d’influence du régime nazi ce qui permit à de nombreux nazis de vivre des jours heureux dans des démocraties qui savaient si bien fermer les yeux sur leur passé.

 

Et ensuite? On dit déjà, dans les milieux gouvernementaux français, que Ben Ali serait parti avec sa tonne et demie de lingots d’or? La révolution du jasmin en est déjà à faire les comptes alors que rien n’est encore décidé pour l’avenir politique de la Tunisie? Il est vrai que maintenant tout se mesure à l’aune du lingot ou du dollar!

 

Et si cela n’allait rien changer, que les noms?

Je me souviens que lorsque le soldat Ben Ali a renversé Bourguiba par un coup d’état, il a promis de continuer la politique mise en place par son prédécesseur, combien de temps? Pour ces mandats successifs, puisqu’après avoir fait modifié la constitution, en 1988, pour limiter le nombre de mandats, il  en restaure le principe en 2002, il est élu avec chaque fois plus de 90% des voix; belle unanimité plus proche des scores de dictateurs que de démocrates, avec, comme argument le danger islamiste bien utile et pas qu’en Tunisie (Bush et Major surent bien l’utiliser).

 

Un mot et pas des moindre même si ces derniers jours on le répète à l’envie, alors que tout le monde était au courant dans les rangs des politiques français de droite comme de gauche, la présidence de Ben Ali est une dictature mafieuse! Il a fallu un télégramme de l’ambassadeur des Etats-Unis qui la qualifia ainsi et publié par Wikileaks  pour que des consciences s’émeuvent.

 

 CL

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