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Viles promesses.

18 Janvier 2011 , Rédigé par C

L’actualité nous tient en haleine ; l’information traverse l’espace public des certitudes comme la flèche hittite le corps du  rapace car, aussitôt formulée, l’information est dépassée, confrontée à son contraire ou confirmée et les conséquences peuvent être funestes ; les commentateurs de l’actualité sur le média télé en sont les victimes quasi quotidiennes, contraints qu’ils sont de donner l’information les premiers pour des raisons d’indice d’écoute tributaire du nombre de scoops minute, et  dégagés par je ne sais quelle dispense à leur déontologie, de l’obligation de réparer leurs erreurs. Il s’en suit des situations burlesques, souvent pathétiques, parfois tragiques !

 

Ces considérations me sont inspirées par une réflexion que je faisais hier dans l’article sur la Tunisie où je dénonçais la rigueur apparente du discours politique des gens au pouvoir condamnant, au grand jour, leurs adversaires pendant qu’ils négocient, en secret, avec eux,pour qu' une fois  la paix signée, ils se partagent les dépouilles. Que restera t-il de cette révolte populaire quand les partis influents auront écarté les opposants, se seront partagés les postes et les privilèges? L'idée que le nouveau gouvernement de la Tunisie soit formé par quatre anciens ministres de Ben Ali aux quatre postes les plus importants laisse à penser que la démocratie à encore de nombreuses embûches à surmonter. L'aide de la France? A qui? Pour quoi?

Les discours ne manqueront pas pour nous expliquer que nous allons tout faire, mais vraiment tout faire," pour aider ce merveilleux peuple tunisien"; fermez le ban !

 

Une nouvelle, ce matin, fait froid dans le dos quand on observe l'immoralité de certains comportements d'états démocratiques.

Klaus Barbie a servi après la guerre dans les services secrets (BND) de l’Allemagne de l'Ouest où sa rigueur et son anticommunisme primaire  étaient fort appréciés. Klaus Barbie, le bourreau de Lyon, le chef de la Gestapo, recruté par les services secrets de la RFA en 1966 en Bolivie où il exerçait sa langue allemande à vendre de l’armement teuton à ce pays pour une entreprise dont le siège était à Bonn et dont il percevait sa la « juste rémunération » dans une banque aux Etats-Unis ! Pendant ce temps on nous faisait croire que l'on poursuivait les bourreaux nazis et le président de notre république recevait Bousquet mais au grand jour!

Et le comble fut atteint quand  le BND a décidé de se passer de ses services pas par pour des raisons morales (il était un peu tard) mais parce qu’ils craignaient que, des services secrets étrangers qui savaient tous qui il était, ne le fassent chanter en raison de son passé de nazi.

Le comble de l’indécence est atteint mais il faut se faire à cette idée que tous les pays étaient au courant et en profitaient et s’il n’y avait pas eu des gens comme Klarsfeld que cet état de chose INDIGNAIT, cela aurait pu durer encore longtemps ; d’ailleurs qui dit que cela n’a pas duré encore longtemps et qui peut dire que cela ne continue pas !

Stéphane HESSEl, voilà encore une occasion de vous indigner et nous avec vous quand on sait le rôle que vous avez joué avec Jean Moulin qui fut, précisément, une des victimes de ce Barbie.

Un mot encore pour Alexandre Jardin qui est un homme que je respecte et pour une auditrice de France Culture qui m' ont ému. Ils se sont parlés à l'antenne : elle lui a dit que son père Jean Jardin était mort fusillé par les Allemands en réponse à une interview d'Alexandre dont le grand-père Jean Jardin, au même moment exerçait ses compétences comme directeur de cabinet de Laval!  Un est résistant, l'autre collabo; ils ont le même nom, le même prénom et deux destins diamétralement opposés.

Jean Jardin est l'illustration de ce que je viens de décrire. Il s'exile en Suisse après la guerre et la quatrième république va le remettre en selle et l'utiliser. En 1952 il est un proche collaborateur (ça lui colle à la peau) de Mr Pinay, président du Conseil; en 1955 il crée un quotidien concurrent du Monde; en 1958 il favorise une entrevue entre De Gaulle et Pinay et meurt, dans son lit en 1976. L'autre Jean Jardin est depuis plus de 20 ans dans le coeur de ceux qui savent, aussi.

Une homonymie qui illustre, au-delà de tout, la complexité du monde.

 

CL

 

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