La TVA SOCIALE !!! Un impôt de plus !
Si le terme de TVA SOCIALE prête à confusion c’est qu’il ne s’agit pas d’une mesure sociale dont la droite aurait le secret pour améliorer le sort des salariés de la classe ouvrière ou de la nouvelle classe moyenne mais plutôt une nouvelle taxe pour que les consommateurs financent les dépenses sociales à la place des entreprises. La TVA sociale n’est donc qu’une taxe de plus sur les petits revenus et un cadeau fait aux entreprises. Toute TVA est un impôt, la sociale comme l’autre. Dès que l’on touche à la TVA, c’est le citoyen qui paie l’addition. Les transferts de charges, sous le mandat de M.Sarkozy, s’effectuent toujours des riches vers les pauvres. La promptitude, pour ce gouvernement, à ne chercher que des solutions pour faire « suer l e burnous » est une longue tradition des tenants du colonialisme dont la droite française a été l’un des grands défenseur. La TVA a une histoire récente qu’il est bon de rappeler :
- 10% des revenus les plus bas acquittent 11,5% de la TVA et les 10% des revenus les plus élevés n’en supportent que 5,2% !
- les baisses de TVA pour les entreprises de restauration et de travaux immobiliers n’ont été que très inégalement appliquées et n’ont pas créé les emplois attendus !
- les ministres, Bertrand en tête, se gonflent d’importance en affirmant des poncifs éculés : « Aujourd'hui, sur 100 euros de salaire brut, en Allemagne, vous avez un coût qui est de 39 euros pour les charges. En France, c'est 50 euros » sans prendre en compte les différences fondamentales du traitement social entre les deux pays et le fait que l’Allemagne compte moins de chômeurs mais plus de précaires, parle allemand et nous français, viennent en vacance en France et nous n’allons pas en Allemagne… (Excusez cette ironie mais la manipulation est si flagrante qu’elle en devient risible).
- C’est l’impôt le plus injuste puisqu’il taxe tous les consommateurs sans tenir compte de leurs revenus.
- L’augmentation des prix entraînant une baisse du pouvoir d’achat affecte la croissance et aggrave le déficit de l’état.
Les pour : Il s'agit de transférer sur une TVA sociale (selon les mêmes mécanismes que la TVA et avec des taux à préciser) tout ou partie des charges sociales qui pèsent aujourd'hui sur le prix de revient des entreprises et nuisent à leur compétitivité.
Les contre : S’il s’agit de transformer toutes les charges sociales des entreprises en TVA, il faudrait l'augmenter de 50 %. Si c’est juste pour les seules cotisations patronales liées à la famille (30 milliards environ), cela revient à faire financer les allocations familiales par la solidarité nationale en en exemptant les bénéfices du capital et en ne l’asseyant plus sur le travail ; or c’est bien la politique familiale d’aujourd’hui qui assure aux entreprises de trouver les employés de demain.
Les pour : rendre le travail plus compétitif en ralentissant le remplacement de l’homme par la machine.
Les contre : qui peut croire que la TVA sociale est un encouragement à remplacer les robots, les machines qui ne font jamais grève, qui ne sont pas syndiqués, qui peuvent se changer sans plan social par des femmes et des hommes qui ont tous ces « défauts » ?
Les pour : cela rendra moins rentables les délocalisations.
Les contre : qui peut croire que, par cette réforme, le travail deviendra, comme par enchantement, pas plus cher qu’en Inde ou en Chine où le salaire est 30 fois inférieur au SMIC français ?
Les pour : cela fera baisser les prix des produits exportés et notre industrie y trouvera un gain de compétitivité considérable accentué par la taxation des produits importés qui financeront notre protection sociale.
Les contre : qui peut croire qu’avec la TVA sociale on a découvert la pierre philosophale qui rend tout rose. Les produits importés continueront à être beaucoup moins chers que ceux fabriqués en France et qui peut dire, aujourd’hui, que nos entreprises n’augmenteront pas les prix sans augmenter les salaires pour faire encore plus de bénéfices ? Les restaurateurs en ont apporté la brillante démonstration et le passage du franc à l’euro un exemple édifiant.
Les pour : la TVA fera participer l’ensemble des consommateurs en élargissant l’assiette et peut-être modulée en fonction des produits.
Les contre : mais cela beaucoup moins sensible pour celui qui perçoit un salaire de 5 000 euros et celui qui perçoit le SMIC. Demandez-vous sur qui pèsera le plus la TVA sociale appliquée aux produits pétroliers tous importés ? Qui ne pourra plus prendre sa voiture, son yacht, son avion perso ? Les œuvres d’art et les objets de collection et antiquités continueront à n’être pas concernés ? Les entreprises de services ne bénéficieront pas de la manne de même que les entreprises qui emploient beaucoup de main-d’œuvre.
Il serait utile, aussi, de demander aux entreprises qui bénéficient déjà de 30 milliards d’exonérations de charges sociales grâce à toutes les mesures prises par les gouvernement Fillon de n’en demander pas trop. La liste de ceux qui défendent cette taxe est d’ailleurs significative.
On va, ces jours qui viennent, beaucoup s’agiter sur ce sujet et entendre pas mal de sottises, d’approximations, de contrevérités mais nous y sommes habitués.
La TVA sociale n’a pas fini d’agiter le microcosme mais l’essentiel est ailleurs, l’urgence est de changer de système de gouvernance, de faire les bonnes réformes et d’instaurer la justice de classe en ne favorisant pas toujours les mêmes.