La vérité ne sort pas de leur bouche,
L’actualité, tous les jours, nous offre son lot de phrases, de rodomontades, de vantardises, d’âneries et leurs auteurs sont rarement démasqués, confondus, sauf par quelques médias encore un peu indépendants et frondeurs mais que le citoyen, séduit par le politiquement correct, méprise comme étant du journalisme satirique donc sujet à caution.
Les exemples abondent et lorsque aucun sujet ne s’impose aux autres, j’aime assez les relever ; ils démontrent, de façon indiscutable, l’impunité de ceux qui en sont les auteurs et c’est ce qui est particulièrement frustrant.
Hier, dans une émission du service public, un « commissaire » exerçant de hautes responsabilités dans le domaine de la sécurité dans les aéroports, interviewé par la journaliste, affirmait, avec l’aplomb des « grands serviteurs de l’Etat », de ceux qui occupent des postes de responsabilité dont on se demande à quel titre, affirmait donc que la sécurité dans les aéroports français était irréprochable ! On va m’opposer que c’est son rôle de dire cela même s’il pense le contraire car, le terrorisme n’est ce pas** !!!
** (Il ne faut pas montrer ses faiblesses potentielles de peur qu’ « ils » en profitent et donc on peut dire n’importe quoi pourvu que ce soit du politiquement correct ; on a vu avec quelle hargne certains ont attaqué le site Wikileaks, arguant que trop de transparence nuit à la démocratie, on a vu comment un homme que tout accuse reste droit dans ses bottes et geint qu’il est honnête, on sait que pour camoufler des scandales on se cache, à loisir, derrière le secret défense mais, cette fois ça ne marchera pas ! Pourquoi ?)
La journaliste qui fait son travail va, dans cette affaire, ne pas se contenter de faire son reportage comme souvent mais elle va exercer son devoir de poursuite et, à l’issue de son travail, elle retourne voir le commissaire en question pour lui projeter un passage de son film, accablant. En effet, en enquêtant dans les entreprises privées qui doivent assurer la sécurité dans les avions à la place de la police des aéroports, en interrogeant des formateurs, des élèves diplômés (non pas en caméra cachée, non, non) et après avoir « passé un revolver 9 mm, un modèle utilisé par les policiers, aux contrôles de Roissy et de Marignane*** » elle a prit l’avion le plus tranquillement du monde.
Et l’on voit cette chose absolument stupéfiante du quidam qui, avec le même aplomb que le première fois et après s’être un peu agacé, indigné même que la journaliste lui demande « s’il pensait qu’on pouvait passer un revolver à travers les mailles du filet » plusieurs fois et avoir répondu, chaque fois par la négative et le lui avoir fait remarquer comme si la pauvre ne comprenait pas ce qu’on lui disait, se carre dans son fauteuil présidentiel et lâche que cela ne l’étonne pas.
Avec une mauvaise fois tout aussi patente que la première fois, il explique avec calme que le risque zéro n’existe pas, que les sociétés font admirablement leur travail de formation, qu’effectivement ces contrôleurs ( recrutés parmi les jeunes non diplômés des banlieues et formés en 90 heures devant un écran d’ordinateur sans avoir jamais vu un seul des objets qu’ils sont tenus de découvrir comme une menace dans des sacs en vrac passant devant des scans à des heures de grande affluence…) coûtent moins cher que les fonctionnaires de police et qu’un « délégué » va être nommé pour s’occuper de ce problème.
Cela me fait penser à ces olibrius qui nous disent que les 35 heures c’est mort et enterré mais qu’on va soit les défaire, soit les supprimer. On est forcément persuadé que le monsieur dit vrai, que tout va aller mieux et que la prochaine fois que l’on prendra un avion, on sera tout heureux de se déshabiller pour passer sous le portique (oui, monsieur, votre ceinture, vos souliers aussi, si, si, ça m’est arrivé plusieurs fois, et bientôt on va se faire déshabiller par un scanner et un opérateur qui ne fera peut être pas la différence entre l’os iliaque et un boomerang ; pour rester poli ! Et si je demandais, la prochaine fois à celui qui va me palper, ce qu’il cherche, croyez-vous que ma demande soit fondée ?)
Ah, au fait, le commissaire est toujours à son poste, non ? Oui ! Je suis rassuré !
Un autre exemple de la parole qui ne veut plus rien dire !
Qui a dit, « Je me bouffe les doigts d’avoir voté le bouclier fiscal ?» ; il s’agit du sénateur Arthuis !
Malheureusement il lui reste tous ses doigts pour voter des lois dont il dira dans quelques temps la même chose.
Revenons trois ans en arrière ; le sénateur qui fait partie de la majorité présidentielle défend le paquet fiscal qui englobe le bouclier fiscal et l’ISF ; à ce moment là, c’est l’euphorie de l’élection de Sarkozy, les riches triomphent, l’ascenseur est renvoyé, le bouclier fiscal ramené de 60 à 50% ce qui, par le biais d’amendements, se traduit par un impôt de 30% (je vous invite à regarder vos tranches d’impôt sur le revenu), des heures supplémentaires défiscalisés, les stock-options encaissées avant 2007 pas touchées par la mesure…Tout cela voté par les sénateurs centristes dont Arthuis.
Puis nous sommes en 2011, les appétits s’aiguisent et Arthuis pense à la candidature suprême, mais oui ! La « populace » s’est énervée dans la rue conte les retraites et voici que pour la calmer on a trouvé la solution, on découvre, à droite et au centre, que le bouclier fiscal doit être supprimé.
C’est là le comble de l’hypocrisie politique ; ce qu’il défend en 2007, c’est la compétitivité des entreprises et pour cela il est pour le bouclier fiscal. Ce qu’il dénonce en 2011 ce sont les tabous, les conventions de langage, les utopies, il veut plus de justice, plus d’usine à gaz et bla, bla, bla et blablabla, car enfin :
- les tabous : en 2007, le bouclier fiscal n’est-il pas un tabou de la droite et du nouveau centre,
- la justice : diantre ! Je ne vais pas exposer l’écart qui existe dans ma définition de la justice et celle de ce monsieur, le reste de ma vie n’y suffirait pas,
- l’usine à gaz, fichtre ! Il contribue depuis un quart de siècle à les fabriquer et les entretenir,
- les utopies : palsambleu ! C’est un gros mot pour ce genre de sénateur.
Nous pouvons dormir tranquilles, nous sommes bien bernés.
CL