Le cirque olympique des jeux de Londres.
L’été doit être sportif, c’est mon toubib qui le dit. Et sur nos petites routes du Haut-Var, vallonnées à souhait, véritables casse-pattes pour juilletistes urbains, nous rencontrons ou doublons, c’est selon, des cyclistes hagards et rougeauds, le torse nu, le mollet tétanisé, la langue quasi pendante et le cœur affolé, couchés sur leur guidon et l’œil fixé sur le bitume qui prend son temps et fond sous les roues qui collent au sol comme des sangsues, surtout dans les côtes !
Un mot du spectacle sportif le plus prisé par les camping-cars de ce début de mois, le tour de France cycliste. Le rosbif est veni, on l’a très peu vidi étant donné qu’il a, mis à part dans les deux épreuves du contre la montre individuel, où, comme son nom l’indique il était seul sur la route, roulé tous les jours bien abrité dans les roues de ses coéquipiers qui durent même ralentir quelquefois pour l’attendre, et il a vici les contrôles anti-dopage, ramenant un maillot jaune à Paris et nous devrons attendre quelques mois, quelques années peut-être pour savoir s’il ne devra pas le rendre !
Venons-en aux jeux olympiques d’été à Londres où la sécurité a transformé la capitale anglaise en camp retranché. Les délégations arrivent, les unes après les autres, et vous serez peut-être heureux d’apprendre que celle de tennis a débarqué, l’une des premières. L’équipe formée de résidents suisses pour la plupart car c’est une spécialité bien française que l’exode des tennismen sous d’autres cieux qualifiés à juste titre de paradis fiscaux, accompagnés d’une pléiade d’accompagnateurs de la fédération, préparateurs, psychologues ou vacanciers a pris ses quartiers d’été dans le village olympique aux frais de la FFT. Nos professionnels de la petite balle jaune participent aux jeux pour leur résonnance médiatique sans équivalent. Qui peut leur en vouloir ?
Et puis, d’où vient cette idée que l’on défend les couleurs de son pays et surtout d’où vient que l’on ne puisse plus voir un seul vainqueur s’envelopper dans son drapeau national pour se faire photographier sous tous les angles ? Les cyclistes, pour se faire photographier n’enlèvent même plus leur casque sinon pour le remplacer par une casquette de même qu’ils n’ôtent plus leurs lunettes même les jours de pluie, de peur que nous manquions le nom de leurs sponsors.
L’olympisme avant 1960 et la télévision prédatrice était encore un sport individuel où l’athlète faisait son tour d’honneur comme à l’origine et c’est Carl Lewis qui, le premier, a brandi la bannière étoilée après ses victoires en sprint et saut en longueur. Lewis s’y entendait autant en « com » qu’en course à pied ! Puis les pays de l’Est on vu tout l’intérêt politique qu’ils pouvaient tirer de victoires de leurs ressortissants et les drapeaux ne furent pas le seul changement que l’on pût observer et la RDA –Allemagne de l’Est- traita ses athlètes comme du bétail à coups de traitements médicaux qui laissèrent plusieurs d’entre eux, stériles ou infirmes.
Depuis quelques années, les gouvernements de petits pays riches s’y sont mis : ils naturalisent à toute vitesse les athlètes susceptibles de leur gagner une médaille et c’est devenu une façon pour certains athlètes qui ne peuvent se qualifier pour leur pays d’origine, d’avoir une deuxième chance. Aux jeux du cirque on n’a pas encore tout inventé, l’avenir est à ceux qui osent.
Les instances olympiques ont été accusées de racisme, de népotisme, de corruption mais elles sont toujours là, fidèles au poste et même si chaque attribution des jeux à une ville sur un continent est contestée et obtenue par des pratiques douteuses, nos reporters télévisuels sont toujours aussi enthousiastes pour nous vanter les mérites du Français engagé parmi les vingt-huit autres nationaux comme s’il était seul en course surtout, surtout quand « il a donné le meilleur de lui-même pour arriver dernier ». C’est une autre particularité de la presse française que de nous expliquer qu’une défaite, à tout prendre, vaut mieux qu’une victoire surtout quand on sait « le travail accompli par ces athlètes » comme si les autres obtenaient leurs résultats sans s’entraîner !
Souffrez que je ne vous parle pas de dopage d’athlètes aujourd’hui, ce serait trop long et surtout, il faut laisser cela aux coureurs cyclistes qui font de si bons boucs émissaires de la dope.
La nouveauté, cette année, c’est que certains athlètes ne rejoignent plus le village olympique construit spécialement pour eux et préfèrent aller dans des camps d’entraînement où l’on est beaucoup mieux ensemble. Cela leur permet d’arriver la veille de l’épreuve, ce qui limite les possibilités de rencontrer un contrôleur un peu trop suspicieux.
Un dernier conseil à l’athlète de haut niveau : le dopage n’est pas un problème car si tu es médaille d ‘or aux JO de Londres et que tu te dopes, profites bien de ta notoriété et de ta médaille avant que les instances olympiques, droites dans leurs bottes, d’un mouvement grave du menton, ne te demande, dans dix ans si tu es contrôlé positif de rendre l’une sans toucher à l’autre ou bien renseigne-toi auprès des fédérations nationales sur celles qui n’y voient que du bleu, il y a peut-être une naturalisation encore bonne à prendre !