Le dernier salon de l'auto.
Le salon de l’auto et les manifestants de Renault d’Aulnay et ceux de Ford de Gironde. Deux mondes, deux extrêmes, une outrance et pourtant qu’une issue. Les voies de circulation des villes seront, dans un avenir très proche, sursaturées – qui est allé récemment à Pékin comprend ce que je veux dire quand je parle de sursaturation. Le temps n’est pas loin où la circulation sera complètement bloquée et que les déplacements terrestres, en ville devront être réservés aux transports en commun et aux moyens de locomotion individuels – qui n’est pas choqué, révolté de regarder passer toutes ces automobiles de 4-5 places occupées par le seul conducteur du véhicule – pour éviter les pertes de temps et d’argent. Les villes devenant de plus en plus grandes et la population mondiale se trouvant, en majorité, dans les villes, c’est là que devront se porter les économies d’énergie les plus faciles et les plus importantes. Dans les campagnes, les transports en commun étant difficile à mettre en œuvre et à rentabiliser – quel citoyen n’est pas interpellé quand il voit le bus de 50 places passer dans son village pour relier les bourgs entre eux et le chef-lieu de canton ou la sous-préfecture avec, à son bord, le chauffeur et une ou deux personnes – l’automobile restera un moyen de locomotion indispensable. Les ruraux devront être aidés par la collectivité nationale pour se déplacer. Il ya là rien de scandaleux. Le lieu de l’habitat n’est pas toujours un choix délibéré, il est souvent conditionné par des contingences économiques et, de toute façon, vivre à la campagne présente des avantages environnementaux mais de grands désavantages financiers qu’il faudra compenser – les lieux de soins, par exemple, qui n’appartiennent pas à la sphère privée et au confort mais à une nécessité, entraînent des dépenses qui sont à la charge des citoyens comme le coût de la scolarité des enfants…
C’est donc toute une remise en cause des déplacements qui doit être faite. Il est temps, la crise est le moment privilégié pour mettre en œuvre cette réflexion urgente, de réfléchir aux déplacements quotidiens, hebdomadaires ou ponctuels d’une population à l’écart. Cela implique une réflexion sur le nombre de constructeurs automobiles nécessaires au pays. Il est simple de brandir le Ministre de la ré industrialisation, de faire croire à des milliers d’employés que la filière automobile sera sauvée par le véhicule électrique – pour faire circuler le parc automobile électrique français il faudrait, aujourd’hui, détenir 18 EPR rien que pour recharger les batteries ! - de ne pas faire le constat que la robotisation de cette industrie conduit toujours plus à la destruction d’emplois, de s’imaginer qu’on pourra encore longtemps fabriquer en France des autos dont le prix restera compétitif avec les automobiles indiennes ou chinoises, pour ne parler que ces deux nations pléthoriques et fournisseuse de main d’œuvre bon marché – demain, nous dit-on, ils se révolteront, ils voudront être payés comme dans les pays développés et, j’ajoute, pourquoi pas être rasés gratis, de faire comme l’autruche et de continuer d’avancer comme un seul homme, droit dans ses bottes mais con comme un balai ! Plus compliqué est de faire l’analyse d’une situation qui est de plus en plus évidente en regardant le décalage entre les modèles du Salon - combien de ces modèles, de ces recherches, de ces prototypes n’ont débouché sur aucune avancée technologique ? Presque tous ! – et les performances énergétiques de l’auto de base. Si les techniciens sont incapables de fabriquer un véhicule de 4-5 places qui consomme 2 litres d’essence au cent kilomètres, c’est à désespérer des ingénieurs et de leurs bureaux d’études. Sinon à croire qu’on le fait exprès.
J’ai choisi cette actualité pour dire que le moment est venu – nonobstant ce temps de crise qui nous y contraint presque – de faire la révolution de nos mentalités, de notre façon de vivre, de notre façon de consommer. Sans cette indispensable prise de conscience, nous nous retrouverons dans cinq ans, encore plus démunis devant l’irréparable que nous le sommes aujourd’hui car, qui peut encore croire que les politiques de rigueur, que nous imposent les vautours néolibéraux qui étranglent le monde sans pudeur, puissent redonner de la croissance à un monde épuisé et vampirisé par une minorité toujours plus avide.
Le crétinisme et l’égoïsme des néo libéraux et l’angélisme des sociaux démocrates keynésiens nous conduisent droit dans un mur qui ne sera ni de droite, ni de gauche et que ceux qui s’imaginent que l’extrême droite peut y arriver qu’ils se souviennent des échecs retentissants des gestions des mairies FN de Toulon, Orange, Vitrolles et cie.