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Non au traité européen

1 Octobre 2012 , Rédigé par c laurans

Les raisons pour lesquelles il ne faut pas adopter le nouveau traité européen sont nombreuses et variées, selon la formule populaire mais s’il ne devait y en avoir qu’une ce serait, évidemment, de mettre un terme à cette escalade – je devrai dire à cette dégringolade – obstinée des gouvernements accros au mythe de la roche de Sisyphe. Quand se décideront-ils à stopper la spirale infernale qui, à terme, conduira, de toute façon, l’Europe à se désintégrer DANS UN ETAT DE DELABREMENT IRRECUPERABLE ?

 

Première mesure : la GRECE doit sortir de l’Europe ainsi que l’Irlande, le Portugal et l’Espagne, de même que l’Italie sans exclure le cas moins préoccupant de la France.

Le temps n’est plus à la réflexion, il est urgent de passer à l’action.

Raisonnons en « honnête homme », ce qui n’est pas le cas des « marchés » ni des hommes politiques du marigot, englués dans leurs certitudes et dans leur aveuglement.

 

Pourquoi la Grèce est-elle maintenue par les marchés en état de mort avancée ? Parce qu’ils y ont tout intérêt. En effet, aussi longtemps que la Grèce et, demain, les pays de sud, resteront dans l’Euro, ils devront emprunter pour rembourser leur dette qui, par une aberration bien connue, conduit à l’augmenter et non à la réduire.

 

Qui en profite ? Les financiers qui maintiennent le malade en l’état pour continuer à pratiquer tranquillement leurs clystères et leurs saignées qui affaiblissent le malade et l’accompagnent vers une issue fatale. Que doit faire la Grèce ? Sortir de l’Euro, dévaluer sa monnaie de 50% ce qui diminuera sa dette d’autant et lui permettra de redevenir compétitive.

 

L’éclatement d’une Europe bancale, pour le moins, ne sera pas la catastrophe annoncée par ceux qui en profitent et par ceux qui s’imaginent savoir mieux que les autres ce qui est bon pour les peuples qui la composent, la preuve : quand l’URSS a explosé, les pays qui ont eu leur indépendance ont repris leur monnaie et on ne peut pas dire qu’ils soient plus en difficulté qu’à l’époque du rouble soviétique, certains des pays africains de langue française, qui ont conquis leur indépendance, sont maintenus dans un état de dépendance par les oligarchies économiques, politiques, financières par le biais du Franc CFA et sa parité fixe à l’euro et, en conséquence, se développent beaucoup moins bien que ceux qui ont recouvré, en même temps que leur indépendance, une monnaie nationale. (J’ai été très surpris, en regardant les débats qui se déroulent en Tunisie après le Printemps arabe de voir à quel point les dirigeants de ce pays et ceux qui espèrent le devenir sont prêts à se mettre dans les griffes de l’Europe pour profiter de quelques prébendes qui leur coûteront, n’en doutez pas, très cher, au bout du compte.)

 

Quelle seront les conséquences ? La finance internationale y perdra une partie de ses créances (qu’importe) et fait tout pour l’éviter. Cependant, la dette des états a atteint une telle ampleur qu’il faut bien se rendre à l’évidence, ils ne pourront plus la rembourser intégralement.

 

Quelle est la solution ? Tout le monde sait que si le débiteur fait faillite, il ne pourra pas rembourser ses créanciers qui n’ont donc aucun intérêt que ce scénario se réalise et cela pose l’alternative suivante :

Les marchés parient sur la durée et ont fait le calcul suivant : prenons le plus de fric possible à ces états et nous verrons bien ce que cela durera, nous serons toujours gagnants car nous savons que de toute façon, nous ne récupérerons qu’une partie de nos « billes ».

ou

Les marchés sont aveuglés par l’argent facile qui tombe dans leur escarcelle, crise ou pas, et ne se rendent plus compte des réalités, s’imaginent détenir le Graal de l’économie et conduisent une politique suicidaire avec la complicité des gouvernements qu’ils ont placés ou contribué à placer à la tête des états.

 

Et ce n’est pas le nouveau traité européen (2/3 des Français seraient, d’après un sondage récent, en faveur du traité, foutaises !) qui va améliorer les choses, pis, il les aggravera puisqu’il instaure un climat de terreur* en imposant une rigueur destructrice. Le volet croissance qui doit compenser la rigueur est une supercherie pour la simple et bonne raison que la croissance ne se décrète pas en écrivant le mot dans un fouillis de bonnes intentions du traité.

 

L’adoption du nouveau traité ne règlera pas les problèmes, au contraire, il les aggravera dans la mesure où il ne fera que repousser l’issue et rendre les solutions de plus en plus compliquées, de plus en plus contraignantes. Le statut quo est la plus mauvaise des solutions puisqu’elle conduit à une paralysie des pays qui appliquent les plans de rigueur qui contribuent à leur asphyxie – les exemples de la Grèce et de l’Espagne ne suffisent donc pas ? – et allez donc réanimer un corps privé d’oxygène pendant trop longtemps !

 

Ce sont des cataplasmes sur une jambe de bois que d’inventer, par exemple, des euro bonds. On peut remercier Merkel de les avoir rejetés. En effet, penser que faire payer les états qui s’en sortent après des politiques draconiennes serait La solution est un peu léger car quand ces pays ne pourront plus payer, vers qui se tourneront nous ? L’exemple actuel de la Catalogne qui va organiser un référendum pour  accéder à l’indépendance, parce qu’elle ne veut pas payer pour les autres provinces plus pauvres, est un exemple frappant d’absence de solidarité et de repli sur soi. L’Europe ne peut se faire contre les peuples. Il est temps que s’instaure Le débat : quelle Europe, pour quoi faire ?

 

Nous sommes arrivés à un point de non-retour. Les hommes politiques ont-ils si peur d’accepter le fait imparable que l’Europe n’est plus viable telle qu’elle est ? Ne peuvent-ils accepter que deux générations d’hommes politiques ne soient pas arrivées à construire le rêve européen et le fait qu’il faille remettre tout à plat ?  Sont-ils persuadés qu’un traité de plus arragera les choses ou savent-ils déjà que le pis aller du traité permettra d’attendre le prochain sans trop de casse ?

 

Il est temps de se poser toutes ces questions et d’y répondre sans se cacher derrière son petit doigt et des grands mots, de grands sentiments.      

 

* c’est « ça » où la catastrophe !

 

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