Le travail c'est la santé, pour la retraite vous patientez...
Persuaderez-vous un commerçant qu’il est immoral lorsqu’il grivèle sur les acheteurs ? Et les garagistes qui trompent leurs clients, écouteront-ils leur conscience lorsqu’ils changeront une pièce d’une automobile sans justification aucune ? Et que dire de la grande surface qui ne connaît les multiples que lorsqu’elle les applique aux étiquetages des prix ? Essayer de prêcher la morale aux grands patrons du CAC 40 est aussi vain que de leur demander d’abandonner leur retraite chapeau, comme d’essayer de dire à un homme qui gagne, dans le mois ou dans la journée pour certains sportifs et pitres du show-biz, ce que gagne un honnête travailleur en dix ans est antimoral. Et cela va pour beaucoup d’activités humaines soumises aux lois du marché et qui s’aggravent encore avec cette peste qu’est le libéralisme dans sa connotation moderne car, dans une époque pas si ancienne, libéralisme voulait encore dire « principes libéraux » c'est-à-dire digne d’un homme libre, qui aime à donner, qui est favorable à la liberté civile et politique et aux intérêts généraux de la société !
Stop ! Intérêt général ? J’ai dit intérêt général ? Oui, vous avez dit intérêt général ! Hé bien, mes amis, il est utile que je l’écrive trois fois dans la même ligne car, dans ce qui suit, vous n’allez plus l’entendre ni prononcer ni le voir s’écrire car il s’agit de la réforme des retraites !
Prenons un exemple, au hasard ! Je dois à la vérité de dire que cela n’a rien d’hasardeux c’est plutôt orienté mais qu’importe si c’est vrai :
Le ministre Woerth est pour modifier le calcul des retraites pour les fonctionnaires, qui sont non seulement des privilégiés mais des fainéants et qui sont beaucoup trop nombreux ( NDLR), au motif qu’ « il faut plus de convergence entre public et privé », mais je rappelle à ce ministre qu’il devrait étendre la convergence jusqu’aux dirigeants des grandes entreprises publiques qui touchent des retraites chapeau dont seule l’évocation du montant font dresser les cheveux sur la tête et l’étendre aux députés et sénateurs qui décident, eux-mêmes, en dehors de tout autre contrôle que celui des Bureaux des deux assemblées du montant des dites retraites. Un mandat de cinq ans pour un député et un de six pour un sénateur suffit pour percevoir autour de 1500 euros par mois pour le premier et 1930 pour le deuxième ; un deuxième mandat de député et ce chiffres atteint 3000 euros et 4500 euros pour un troisième mandat et nous ne sommes qu’à 15 ans de « carrière » ! Ajoutons à cela que la pension de réversion en cas de décès e’un sénateur, sans plafond ni condition de ressources, s’élève à 66% (j’indique que pour un fonctionnaire lambda c’est 50% et qu’il y a bien des plafonds !) Question « convergence », souhaitons qu’il ne fera pas comme mr Fillon qui a prévu dans sa réforme des retraites en 2003 de permettre aux parlementaires de partir à 60 ans,(oui, oui) et qu’ils peuvent bénéficier d’une retraite à taux plein en vingt-deux ans et demi grâce à des cotisations plus élevées ce qui est unique crois-je, en tout cas cela est impossible pour des fonctionnaires de catégories A et B.
Vous avez dit intérêt général ?
Encore un mot, car nous n’avons pas encore fini d’en entendre parler, mais le COR a rendu son rapport (les patrons sont, comme les syndicats opposés aux conclusions de ce rapport, serait-ce déjà de la convergence ?) et, au sujet de ce rapport, visible sur le Net, je ne peux m’empêcher de vous en proposer un extrait où vous verrez que Nostradamus était un enfant à côté de nos experts :
« 2. Scénario B (à long terme, chômage de 4,5 % et gains de productivité de 1,5 % par an)
Les effectifs de cotisants de la CNAV connaîtraient une forte baisse en 2009 et 2010, liée à l’augmentation du chômage, puis croîtraient à un rythme d’environ 0,7 % par an jusqu’en 2022, date à laquelle le taux de chômage est supposé se stabiliser à 4,5 % de la population active. Hors versements du FSV, la masse des cotisations, après une baisse en 2009 et en 2010, progresserait de +2,5 % en moyenne par an entre 2011 et 2024 et de +1,5 % au-delà, sous l’effet de la hausse des effectifs de cotisants et de la croissance du salaire moyen par tête.
Les effets de la hausse du chômage sur les recettes de la CNAV serait toutefois amortie par les transferts en provenance du FSV : y compris les versements du FSV au titre du chômage (qui passeraient de 7 à 9 milliards d’euros entre 2008 et 2010) et au titre des majorations de pension, les cotisations de la CNAV ne baisseraient pas en 2009 et 2010 (+0,6 % au lieu de 0,8 % en moyenne par an), et la masse des cotisations (y compris transferts du FSV) passerait ainsi de 82 milliards d’euros en 2008 à 161 milliards d’euros en 2050, soit environ 4,2 % du PIB sur la période de projection. »
Selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), le déficit du régime atteindra 72 à 114 milliards d'euros par an à partir de 2050 si rien n'est fait.
Etonnant, non ?
Cette démonstration laisse, loin derrière elle, celle qui prévoit le réchauffement de la planète dans cent ans ! Comme quoi, nos braves experts qui n’ont pas vu arriver la crise sont, cependant, capables de prévoir le chômage, les hausses et les baisses des cotisations au moins jusqu’en 2050 ce qui est, vous l’avouerez, plutôt rassurant.
Excluant une baisse du niveau des pensions, (ouf, nous l’avons échappé belle !), le ministre a expliqué que la seule piste crédible à ses yeux était celle d'un allongement de la vie au travail. Il rejoint en cela un candidat devenu président d’un grand pays qui ne sait plus où il va et qui annonçait « travailler plus pour gagner plus », cela semble évident !!!
"Quand vous vivez plus longtemps, vous devez passer plus de temps au travail (...) L'âge légal de 60 ans est évidemment en débat, il ne faut pas avoir de tabou dans ce type de sujet", a-t-il insisté. Il ne lui est jamais venu à l’idée que si on distribuait mieux les richesses on pourrait passer plus de temps aux loisirs (créateurs d’emplois), à la solidarité entre les peuples, au bénévolat, à la culture (non, merde, pas à la culture, c’est trop dangereux !)…
NB : Mme Chirac vient d’être nommée à un poste important de LVMH de son copain, vive la retraite à 90 ans pour les riches !
C.Laurans.