Le XXI° siècle sera écologique ou ne sera pas !
Longue fut l’histoire du progrès, de la modernité. Le paradoxe est dans le fait que l’histoire, manipulée au gré des arrangements et des petits calculs, ne sert pas le progrès mais que, le fondamentalisme fige le discours et empêche de voir l’évidence : nous sommes à la fin d’un monde et nous n’avons pas dix Terres pour continuer à gaspiller celle qui nous abrite.
Après des siècles de construction des nations sur les décombres des sociétés consécutives qui, souvent, ont du être radicalement terrassées ( indiens d’Amérique ) pour qu’en émergent de nouvelles, la modernité a instauré ses valeurs sur l’Europe et le Nouveau Monde. C’est ainsi que les héritiers des Lumières se sont lancés dans la course au progrès. Il n’est pas dans mon idée de mal parler des Lumières qui combattirent l’irrationnel, l’obscurantisme, et contribuèrent au renouvellement de l’éthique propageant les idées de la république, quoique ces idées, deux siècles après semblent en recul ou, en tout cas, ne semblent pas se répandre dans le monde islamique. Le temps de l’obscurantisme n’est pas revenu mais, après l’utopie marxiste et les dégâts occasionnés par le néo-libéralisme qui a remplacé un capitalisme perverti, qui ont débouché sur l’impérialisme, le colonialisme creusant les inégalités, favorisant l’exploitation du Tiers-Monde et les crises économiques, le XX° siècle qui subit les deux grandes guerres mondiales annonçait la fin d’un monde perceptible parce que les luttes de territoires vidés de leurs richesses en sous-sol ont fait la place aux conflits religieux, au règne de l’individualisme et à la guerre économique.
Au XXI° siècle on ne peut plus raisonner comme au XX°. Ce qui était possible avec les progrès de l’exploitation du pétrole qui a enrichi quelques privilégiés servis par le hasard et quelques royautés du Golfe, de l’énergie nucléaire qui n’a pas prouvé que son utilisation fût un passage obligé de la civilisation, ne l’est plus ! Même si, pendant un instant ces « richesses » du sous-sol donnèrent une impression de puissance et un sentiment d’éternel progrès, ce n’est, au bout du compte, qu’un eldorado provisoire, inscrit dans l’histoire de l’humanité mais qui restera une péripétie dans l’histoire des civilisations modernes. Du fait de cette temporalité, il est impératif de changer de mode de vie et ce n’est pas avec l’exploitation des gaz de schiste que nous y parviendrons. Au pire, c’est reculer pour mieux sauter.
Après Mme MEDEF, Mr CGT, Mr l’expert en économie, M le Ministre du Redressement Industriel, Mr le journaliste bien informé et tous les vautours qui tournent autour des sites réputés recélant, nous dit-on, des gisements qui nous permettraient de continuer à gaspiller et qui nous empêcheraient de trouver d’autres solutions moins dangereuses pour la Terre, pour son réchauffement et sa pollution, que dire de l’acharnement à détruire la Terre ?
Accepter le fait qu’il n’y en a pas d’autres dans l’Univers. Il n’y a aucune raison, étant donné les concours de circonstances, les enchaînements microscopiques comme les accidents cataclysmiques, une évolution anarchique (personne, à ce jour ne peut affirmer que l’évolution se fait toujours dans le bon sens et personne ne peut croire que la disparition d’espèces vivantes puisse être un gage de bonne santé de la planète), qu’une autre Terre existe et quand bien même elle existerait, elle restera sûrement inaccessible à notre technologie.
Réaliser qu’il semblerait que, pour une partie de la population, une certaine « élite » pour qui le progrès est synonyme d’enrichissement personnel, la destruction de régions entières, de pays entiers ne pose aucun problème. Je suis prêt à parier que nombre d’entre eux sont prêts à sacrifier les montagnes de l’Ardèche, l’arrière pays varois et quelques autres coins « gazeux » pour satisfaire leurs besoins immédiats et n’ont rien affaire d’une gestion raisonnable de l’espace qui ne les concerne pas. Ils ne vont plus bronzer sur la Côte d’ Azur mais à St Barth ou dans les émirats où les ghettos luxueux poussent comme des champignons sur le sable imbibé de pétrole. Gare à ce que le méthane ne pourrisse, un jour prochain, leurs résidences de vacances dans le Lubéron, si voisin qu’il ne peut rester à l’écart de la catastrophe et pour combien de temps encore ?
Reconnaître que l’énergie que l’on déploie pour faire des conneries irrécupérables est plus facile à produire que celle que l’on consacre à faire des choses utiles à l’intérêt général.
Les débats sur le vote des étrangers, les peines planchers, le mariage homosexuel ne sont pas à exclure du débat public et consacrer deux jours, un week-end, pour discuter de l’avenir énergétique de la France me semble un peu juste même si, à cette occasion le Président et sa ministre de l’écologie ont répété comme un mantra qu’il n’y aurait pas de fracturation de la roche schisteuse en France – chiche ! Méditons le fait que, pour le nucléaire, on sait, depuis le début, le danger que cela représente et pourtant cela n’a pas empêché d’implanter des centrales près des zones habitées et de continuer à le faire ! Même, si depuis Tchernobyl, les nuages radioactifs ne respectent aucune frontière, même dans l’espace Schengen et que depuis Fukushima l’eau des océans se charge de propager la mort le long des côtes. Forer horizontalement pour le gaz de schiste peut nuire à des nappes phréatiques situées à plusieurs kilomètres de distance du puits de forage. C’est le côté rigolo de l’affaire en PACA où la population de la côte ne se sent pas concernée alors qu’elle ne vit que grâce à l’eau douce de l’arrière pays !