Les banques françaises, la Grèce et l'euro.
La Grèce,
La Grèce est dans une situation critique qui fait penser à l'Argentine entre 1998 et 2002 où la crise économique puis sociale perdurèrent quatre années pendant lesquelles l'Argentine connut la récession, le chômage, et, après le lâchage du FMI, la faillite.
La Grèce est en faillite et ce ne sont pas les plans de rigueur imposés par le FMI, les tergiversations de l'Europe, l'intransigeance allemande, le manque de vision politique de la France et le désintérêt de tous les autres qui ne pensent qu'à une chose, c'est de ne pas être, demain, dans la même situation, qui empêcheront la Grèce d'être insolvable.
Et comment penser autrement ? Une économie dont on nous répète, à l'envie, qu'elle est à genoux à cause des malversations (travail au noir, tricherie à l'impôt, combines de toutes sortes, l'irresponsabilité des gouvernements successifs et la complicité des banques d'affaires) qui durent depuis des décennies, et par dessus cela, des agences de notation surpuissantes qui baissent régulièrement la note du pays rendant tout prêt usuraire impossible à rembourser et contribuant à aggraver la dette et pourrir la situation économique entraînent la Grèce dans la spirale de l'insolvabilité et, qui sait, de la banqueroute.
Et voici que l'agence de notation Moody's qui fait la loi, menace de baisser la note de trois banques françaises, et pas des moindres, au motif qu'elles seraient très exposées par l'imminence d'un défaut de paiement de la dette grecque.
M.Wauqiez, qui n'en manque pas une, a déclaré « qu'il ne fallait pas agiter les choses » et on peut lui faire confiance, question d'agiter les choses, il sait de quoi il parle !
Il a ajouté, sans rire, que « les banques françaises ont des expositions qui sont, en Grèce, liées à l'économie grecque, elles sont parfaitement publiques, donc il n'y a absolument rien qui est caché et par ailleurs le secteur bancaire français est moins exposé, par exemple, que le secteur bancaire allemand ! »
Appréciez la forme : parfaitement donc entièrement et absolument donc sûrement, et le fond: les banques françaises, en Grèce, ont des expositions liées, donc associées à l'économie grecque et elles sont publiques donc transparentes. Et puis, observez le coup de pied de l'âne, gratuit : elles sont moins exposées que les banques allemandes !
Tout cela ne mange pas du pain, et est l'exemple même de la langue de bois, du parler pour ne rien dire mais, mais, n'est-ce-pas Mme Lagarde, future directrice générale du FMI, qui affirmait, en pleine crise, qu'il ne fallait pas effrayer les marchés avec des phrases catastrophes ? Donc n'effrayons pas les pékins, nos banques sont sûres, elles ont été renflouées par nos impôts, et elles sont plus sûres que les Allemandes, c'est lui qui le dit.**
**Selon l'économiste P .Arthus et le site l'Expansion.com, les banques allemandes détiendraient 10 milliards de la dette grecque et les françaises 15 ! Mais, de plus, les banques françaises sont plus exposées, contrairement à ce que dit Wauquiez, car elles sont exposées aux conséquences qu'aurait une restructuration de la dette souveraine de la Grèce sur les crédits internes aux entreprises et aux particuliers, ce qui vient contredire l'affirmation du ministre qui parle « d'expositions publiques donc transparentes . »
La Société Générale a prêté 3,4 milliards aux entreprise et aux particuliers ; la BNP 3 milliards et le Crédit Agricole 22,7 milliards !
Et si, si... Si tout cela n'était que poudre aux yeux ! Si le danger ne venait pas de la Grèce mais des hommes qui nous gouvernent et de leur incompétence, de leur aveuglement au libéralisme, de leurs idéologies néfastes et dépassées. Si la vraie raison était une grosse, très grosse catastrophe bancaire et que, tout, tout soit fait, actuellement, pour que les banques se « refassent » sur le dos des Grecs, sur notre dos ?
Allons donc demander aux Argentins qui ont tout perdu dans la crise et qui ont dû s'exiler pour manger, mais nous l'avons déjà oublié !!!
Une dernière chose qui semble un tabou : comme la crise argentine dégénéra après la évaluation du real brésilien entraînant celle du peso argentin face à un dollar US très haut, la crise grecque dégénère en crise de l'euro. Mais c'est une autre histoire, puisqu'aucun de nos respectables économistes ne veut l'admettre et prendre les dispositions idoines!