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Les valeurs ne sont plus ce qu'elles étaient !

2 Mars 2012 , Rédigé par C

Les pertes de repères. Elles atteignent toutes les classes sociales, tous les individus.

Les pertes de mémoire. Elles touchent tous les hommes et femmes politiques au pouvoir.

Les pertes du sens de la mesure. Elles frappent le petit cercle fermé des nantis.

Les pertes de contrôle. Elles ont tendance à se généraliser.

 

Et nous ? Aurions-nous perdu notre bon sens ? Serions-nous devenus impuissants à déceler le vrai du faux ? Aurions-nous besoin, attendrions-nous la parole d'en haut pour se faire notre propre opinion de ce qui nous semble acceptable, raisonnable, de ce qui nous apparaît comme une illusion ?

 

Les manifestants de Bayonne ayant été malveillants en rencontrant le président-candidat ont-ils manqué, pour autant, de bon sens ? N'ont-ils pas, tout simplement, pendant cinq ans pu juger le comportement du président et n'ont-ils pas le droit de le faire savoir au candidat ? Balzac disait que le bon sens des Français venait de leur langue qui condamnait notre bel esprit à être logique. Or, notre langue a été malmenée pendant ce quinquennat comme peut-être jamais auparavant.

N' ayant pas perdu la mémoire, ni leurs repères – je ne parierais pas pour la perte du sens de la mesure ou la perte de contrôle – les manifestants de Bayonne ne faisaient que renvoyer le candidat Sarkozy à son image de Président et de citoyen normalement au-dessus de tout soupçon, violent et vulgaire en diverses occasions, vis-à-vis de quidams rencontrés, dans l'exercice de sa fonction et dans le choix de l’outrance dans ses meetings de campagne.

 

Les réactions démesurées de footballeurs ou autres acteurs de spectacles – les « riches » patrons du CAC 40 sont restés bien discrets, eux – sur la volonté du candidat socialiste d'imposer leurs revenus à hauteur de 75% à partir du premier million d'euros annuel – ce qui représente 250 salaires de smicards – nous font prendre conscience de la perte de tout sens de la mesure et de repères dès lors que des hommes politiques n’ont pas hésiter à monter au créneau  - on les a trouvé beaucoup plus discrets lorsqu’il s’agissait de défendre les minorités attaquées par l’un ou l’autre de leurs ministres - pour expliquer, fort vulgairement mais avec un petit air jouissif, que « le déconnemètre fonctionnait à plein tube ! » Expression qu’ils n’ont pas prononcée mais que j’emprunte au candidat-agrégé de grammaire-donneur de leçons.

 

La menace du départ de tous ces « citoyens » que l’on brandit au-dessus de nos têtes comme autant d’épées de Damoclès est grotesque. Cette mesure ne toucherait que cinq milliers de millionnaires puisque tennismen, pilotes automobiles, chanteurs yéyé vieillissants et autres victimes de la gauche sont déjà domiciliés à l’étranger et leur argent placé dans des comptes dans des paradis fiscaux. Le comble de la stupidité est atteint par tous ceux qui, après avoir critiqué la mesure qui viderait la France de sa matière grise et de ses artistes de la balle ronde, font remarquer dans un sarcasme dont ils ne perçoivent même pas le ridicule que cette mesure, de l’aveu même du candidat Hollande, ne rapporterait pas d’argent à l’état. Ainsi, après avoir perdu tout sens de la mesure et leur contrôle, il serait en train de perdre  les repères qui balisent le vivre ensemble, le patriotisme et le sens de la citoyenneté et de la solidarité. Cette colère est d’autant moins justifiée que je ne me fais aucune illusion sur le comportement citoyen de la majorité d’entre eux qui trouvera bien la manière d’échapper à cet impôt même s’il ne peuvent plus être aidés par des lois comme le bouclier fiscal, une fois la droite renvoyée à ses études.

 

Il y a suffisamment d’exemples dans ce quinquennat pour illustrer les pertes de repères, du bon sens, de la mesure, du contrôle de soi pour que nous n’y revenions pas, ils sont encore dans nos mémoires. Perte de mémoire d’ailleurs qui semble frapper comme une pandémie nos élites au pouvoir et ceux qui veulent les y maintenir. L’amnésie du pouvoir consécutive à un quinquennat qui ne figurera pas dans les livres d’histoire sinon dans la petite histoire ne semble pas avoir droit de cité et les tentatives maladroites pour anesthésier les citoyens risquent comme pour cette parturiente lyonnaise de réveiller nos mauvais souvenirs !

Le président des riches, l’ami des milieux financiers, du pouvoir solitaire seraient des arguments pour intenter un procès en « sorcellerie » ? (Dixit Sarkozy sur RTL) Plus sûrement l’amnésie serait une attitude conjoncturelle qui atteint son pic lors de chaque campagne électorale.

 

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