Mystère et fureur
Mars les orages, entends le glas d’un monde déclinant. Dix jours encore de débats avortés, j’entends les monstres d’égoïsme qui piétinent les valeurs, qui défendent leur fromage et qui s’entre déchirent.
Le jour disait : j’aime l’égalité, je crois en l’amitié, j’œuvre pour la jeunesse, je sacrifie l’imprécation, j’éclaire l’avenir.
La nuit répondait : je m’accroche au bouclier fiscal, je me moque de mon prochain, j’ai l’injure facile, je me fous du futur.
La belle sincérité que celle qui se débat dans le luxe, que le président dise l’importance de l’industrie dans le nord et ne fasse rien pour que ce soit la terre promise. Il faut se faire à l’idée que les délocalisations vont se poursuivre, qu’importe puisque l’argent n’a pas de nationalité.
On a franchi la morale, dépassé les lois naturelles, irrité les bons augures, pourri la nature mais ce sont toujours les mêmes qui souffrent. Dix pour cent de chômeurs, est-ce dramatique? Le ghetto comme asile, la tête sur le billot, la ligne blanche est franchie.
Cependant la vie continue, je vois devant les jeunes s’élever une échelle nue, à son sommet : le rêve. Futur qui t ‘avance derrière un rideau de brume, ne peux-tu t’arracher à l’attraction terrestre et sortir d’une myriade de papillons.
La chaleur reviendra avec la sagesse, je suis épris de champs de lavande, de coulées de sève, de pichets de vins rouges, d’huile d’olives.
Ca suffit! Qu’aucun s’offusque de l’idée de partage, de mesures d’équité, de changement de monde.
Je veux que les femmes et les hommes de demain souhaitent que leur vie soit à l’image de la poésie, faite de grands égards, d’immenses espaces, d’instinct, d’amour, de lys et de lyres.
Mes amis, respectons les valeurs des autres, regardons avec tendresse ceux qui nous entourent, soyons sans concession pour les bouffons, les bravaches, les intolérants.
Je suis dans le sillon qui creuse la bonne glèbe, que ma chair devienne voile qui se gonfle au vent.
Christian Laurans.