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Nationalité, que d'âneries on dit en ton nom

8 Août 2010 , Rédigé par C

Quand le débat d’idées est faussé, a priori, par le politiquement correct, c’est-à-dire par l’impossibilité d’exprimer sa pensée même et surtout si elle est extrémiste comme si l’on devait, dans le discours, contrôler la parole et, disons-le carrément, la censurer souvent parce qu’elle dérange, tout échange devient impossible.

Lorsque la recherche de la vérité se fait en commun, le déroulement du débat devient une disputation qui obéit, afin de mesurer, maîtriser la vivacité des attaques, à des règles éprouvées, reconnues, précises qui deviennent artifices techniques, industrieuses combinaisons, cérémonies, rites.  

Je me suis retrouvé, pendant des années, renvoyé, par nombre de mes interlocuteurs, à « prendre le train de Moscou » (pour la jeune génération qui me lit cela signifiait que l’on me conseillait d’aller à Moscou, antre du communisme que certains comparent à celui du nazisme mais c’est un autre débat, pour y prendre mes « ordres »), et je me retrouve, aujourd’hui pressé par d’autres interlocuteurs, devant l’obligation de ne pas manquer de monter dans le « train de l’écologie » (chose que comprendra la jeune génération visée plus haut) ce qui fait de mon discours une dispute permanente, de mes prises de positions une attitude rigide, réactionnaire dans la mesure où je privilégie la réaction au bien pensant, ce qui a pour effet de m’attirer les réflexions épidermiques qui m’accusent de politiser le débat comme si on pouvait parler de sujets de société sans parler de politique - mes détracteurs confondent, le plus souvent, la politique avec la vulgarisation qu’en font certains et qui pensent que faire de la politique est une chose méprisable, confondant ainsi la pensée et l’action !

 

Venons-en à ce qui agite, en ce début d’août, le pays ! Après des débordements de voyous qui s’attaquent à l’ordre établi, le Président de la République a évoqué l’éventualité de déchoir de la nationalité française « des personnes d’origine étrangère qui auraient volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de tout autre dépositaire de l’autorité publique » relayé par quelques thuriféraires avides de pouvoir et de gloire.

J’attends, avec impatience, des précisions sur le nombre de quartiers de noblesse dont il faudra se prévaloir pour être à l’abri de telles mesures ; l’assassin du Préfet Erignac est-il suffisamment français pour y échapper ?

Ce qui est le plus choquant n’est ce pas le fait qu’un Français de souche, qui porterait atteinte à un bataillon de gendarmes, le reste ? Combien doit-il en tuer pour que l’on se pose la question de la nationalité de son arrière grand-père ? Il est vrai que lorsqu’on a pensé ficher des enfants d’école maternelle arguant du fait que, dès le plus jeune âge, on pouvait savoir s’ils deviendraient des délinquants, on peut s’attendre à tout. Mais à ce moment-là, nous sommes quelques uns à nous être émus de cette idée parce que nous n’avions, peut-être, pas compris qu’il s’agissait, seulement, de jeunes enfants dont les parents avaient acquis récemment la nationalité française.

Il me vient un doute affreux : j’espère qu’aucun homme politique ne se trouve embarqué dans les affaires qui ont, peut-être conduit à la mort des moines en Algérie et des ingénieurs au Pakistan ! Et s’il y en a, je souhaite, pour leur sommeil qu’ils ne soient pas issus de l’immigration depuis au moins dix générations, car voyez-vous si, par aventure, un homme politique se mettait en tête de durcir la règle de la nationalité nous risquerions de nous trouver plusieurs millions apatrides ! Une nouvelle classe sociale dont il faudrait bien s’occuper puisqu’elle représenterait une nouvelle minorité non plus issue de l’immigration mais issue de la connerie humaine.

    

 

 

 

 

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