"Non à l'agglo", une banderole républicaine.
Est-ce parce que la décentralisation est une idée de gauche mise en place par la gauche que la droite « bonapartiste », comme l'a distinguée René Rémond, n'a de cesse de la défaire ?
On a assisté, déjà, pendant le quinquennat précédent à un dé-tricotage de la loi SRU et, depuis la tentative de mettre en place des communautés de communes dont les représentants auraient dû être élus au suffrage universel, des comportements tortueux des préfets qui n'ont pas contribué à éclairer les élus qui durent se débrouiller tous seuls. C'était le quinquennat Chirac !
Le quinquennat de Mr.Sarkozy se distingue par la destruction systématique de ce qui a fait le modèle français tout en s'y référant sans cesse pour en usurper les conséquences positives. Nous ne reviendrons pas sur la critique de mai 68, le mépris dans lequel on tient les grandes avancées du CNR (Conseil National de la Résistance) et les charges contre ceux qui défendent la laïcité et la tradition d'asile de la république.
Parmi les contre-réformes de la décentralisation, notons les privatisations des services publics, la réforme défaisant le tissu territorial avec la création du conseiller territorial auxquels on peut ajouter la suppression de la taxe professionnelle fragilisant les finances locales.
Après le NON à la THT (Très Haute Tension), le NON au TGV, le NON à la fermeture des bureaux de la Poste, le NON à l'exploration des gaz et huiles de schiste, le NON à la création d'une communauté d'agglomération couvrant presque l'intégralité du département du Var, s'impose.
Quelle cohérence peut-on trouver entre le territoire maritime et l'arrière pays ?
Quelle sotte idée de vouloir agréger, artificiellement, des petites communes rurales qui s'organisent, à un duo de communes (Brignoles et St Maximin) si différentes ?
Dans un de mes éditoriaux de la gazette municipale, en 2001, je posais la question de savoir si nous étions plus des Alpes ou plus de la Mer ? J'y répondais en disant que je me sentais Provençal de l'extrême, Provençal du Verdon. « Fils des roches dures, de sol calcaire, de parfums entêtants. Fils de berger qui lançait ses brebis dans les Préalpes rudes. Plus Verdon qu'Argens, plus Moustiers que Giens. Mes racines ne sont pas dans la Provence plate de Mistral et dans les vergues du Vieux-Port, elles sont dans le Plan aride, dans le canyon du Verdon, chez Arène et Giono, dans les replis calcaires de nos collines à chèvres et moutons...Je me sens de Quinson, de St Julien, de Moustiers, pas de Barjols, de Brignoles, de La Valette. » Et je concluais par « L'homme vit de bon sens, de bon cœur et d'amour, quelque fois il en meurt, mais, au milieu des honteux marchandages de la vie moderne, dans le bruit des euros qui tintent, protégeons notre pays et sa ruralité qui est sa richesse, gardons lui son aspect sauvage et respirons du côté du Verdon, les effluves colorées qui descendent des alpages. »
Et bien, cela est toujours vrai. Car savez-vous ce qui nous attend avec cette communauté d'agglomération ? La côte, les villes qui croulent sous leurs tonnes d'ordures ménagères pourront nous imposer de recevoir leurs déchets, construirons chez nous des incinérateurs qui pollueront nos campagnes de leur dioxine mortifère car le prix des terrains et la concentration de population feront que la majorité trouvera plus facile, moins cher et surtout plus pratique de polluer l'arrière pays pour mieux respirer sur la côte.
Je ne crois pas qu'un territoire aussi divers puisse répondre au besoin de solidarité des territoires et faciliter un pacte de cohésion sociale
C'est volontairement que je finis cet article par cet exemple qui n'est, malheureusement pas, une idée ridicule et j'aurai l'occasion d'apporter ma voix au débat car cela ne fait que commencer.
Mais, si les élus ruraux s'offusquent que les décisions prises le sont sans concertation, ce qui semble être le cas ici, il faut, aussi, qu'ils s'appliquent à eux-mêmes cette rigueur et qu'ils développent encore plus et mieux la démocratie locale.
C'est en informant, en faisant participer la population aux décisions qu'ils pourront, ensuite, la mobiliser contre des décisions qui vont à l'encontre de leurs intérêts.
A suivre.