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Non à l'agglo, une attitude républicaine.

10 Juillet 2011 , Rédigé par C

 

L'actualité guide mes pensées et oriente mes sujets de réflexion. Hier, c'était une banderole protestataire, aux entrées du village qui m’interpellait par sa concision et sa violence : Non à l'agglo ! Proclamait-elle sèchement en lettres noires sur fond blanc et, j'imagine que le choix de la police et des couleurs n'avait pas été le fruit du hasard mais semblait vouloir dire que c'est blanc ou noir, bien ou mal !

 

La réflexion que je menais, après avoir été informé par le maire de la commune de la situation, des dangers et du combat à mener, m'amène à réfléchir, une fois de plus sur la question, récurrente pour moi, de l'existence d'une vérité verdièroise. Est-ce l'âge ou la vacuité du temps qui fait que l'on se pose la question ou bien la nécessaire envie de comprendre, à tout prix, les plus petits actes de la vie qui impactent tant, et souvent bien exagérément, la vie quotidienne ?

 

La Verdière que j'ai si longtemps célébré comme le havre de paix, le village où comme l'a écrit si joliment Chateaubriand, j'ai décidé de revenir, d'y vivre et d'y mourir, La Verdière reste une énigme pour moi.

 

Le village ne s'est pas émancipé d'un passé lourd d'occupation intellectuelle et économique. Suivant Paul Valéry, je dirais que si le passé n'existe que par les traces qu'il a laissées dans le présent, le présent ne vit encore que des vestiges du passé.

 

Le château qui domine, écrase le village ; par son imposante présence disproportionnée et qui marque, déjà, le déséquilibre entre la population et la famille seigneuriale. Chose que l'on ne retrouve pas dans la grande majorité des villages de la région, plus tôt indépendants et responsables. La commune, qui était encore une paroisse soumise à l'église et son bras armé, le seigneur, jusqu'à la révolution, n'a jamais connu le développement économique que les autres cités ont, avec plus ou moins de bonheur, réussi. L'artisanat actif, le commerce, l'agriculture même se sont éteints en même temps que la fin de la seigneurie des Forbin d'Oppède et le village n'a pas réussi sa transformation. Encore aujourd'hui, peu d'artisanat hormis un artisanat de service, pas de petite industrie, peu de commerce, pas de vie culturelle, une vie associative réservée à une élite vieillissante et une fonction de village-dortoir.

 

La communauté d'agglo (pour agglomération) peut-elle changer les choses ou, à contrario, les aggraver ? Là, dans la décision qui engage, est la vrai question et, peut-être la réponse à la « vérité verdièroise ».

 

Se fondre dans un conglomérat de communes diverses dont les aspirations ne sont que personnalisation, individualisme et démarquage, est-ce si différent que d'être et de rester sous la coupe d'une puissance seigneuriale et le résultat ne sera t-il pas identique : une absence de choix, un asservissement, un appauvrissement et un dépérissement. ?

 

La décentralisation avait, au moins le mérite, lorsque elle était bien comprise et appliquée intelligemment, de rapprocher les pouvoirs des populations. Mais on n'est pas allé au bout de nos ambitions ; en effet, les pouvoirs trop dilués conduisaient à l'irruption de petits chefs locaux qui s'appropriaient le pouvoir au lieu de le partager.

Si la création des communautés d'agglomérations doit déboucher sur un nouveau pouvoir « seigneurial » alors il faut les rejeter.

 

Je me rends compte, en analysant l'acquis, que chaque argument se retourne contre lui et que, sans prendre d'exemple, il est difficile d'appréhender l'avenir. Donc, essayons d'en prendre pour éclairer le débat.

 

Pour : la communauté d'agglo mutualise les services.

Contre : son territoire, trop vaste, dans un relief de moyenne montagne avec un réseau routier fait de voies étroites et tourmentées est rédhibitoire. Par exemple, allons-nous conserver, pour le traitement des ordures ménagères, plusieurs sites répartis sur les communautés de communes et assurés par des syndicats inter-communaux qui fonctionnent correctement ? La réponse est : NON ! La communauté d'agglo qui aura cette responsabilité supprimera les syndicats intercommunaux, supprimera des emplois et donnera le marché au privé qui, pour rentabiliser, sans tenir compte des intérêts des habitants (n'est-ce pas la tendance actuelle du libéralisme?), décidera, par exemple de construire un incinérateur dans l'arrière pays où les terrains sont moins cher, la population plus dispersée et à l'heure de l'augmentation du prix des carburants, une noria de camions-poubelles sillonnera nos petites routes.

Autre exemple, l'école. Aujourd'hui de la responsabilité des communes elle passera sous la responsabilité de la communauté d'agglo qui décidera des menus des cantines, de l'ouverture et de la fermeture des classes dans la mesure où elle pourra ou non construire des locaux, de l'opportunité de déplacer des élèves pour rentabiliser un site et, par exemple, faire faire des déplacements en bus à des élèves pour remplir une école qui se vide, en ville, au lieu de construire des locaux dans les petites communes rurales où, vous l'avez remarqué, depuis quelques années, on ferme les petites écoles et les postes( ne nous disait-on pas, il y a quelques années qu'à La Verdière on pouvait très bien se satisfaire d'un point-poste au bar du coin.... Gare à ce qu'on nous propose, bientôt, un point-mairie au même bistrot ! Car, en effet, si la décentralisation a permis de pouvoir réaliser, à la mairie, des opérations administratives, il faudra aller les faire à Brignoles !

C'est un retour un demi-siècle en arrière.

 

Le débat ne fait que commencer car, la communauté d'agglo ne met pas en cause que le territoire géographique et démographique, elle fragilise la liberté des populations à décider de leur vie quotidienne, elle menotte les élus en leur enlevant la maîtrise de leur budget qui est le nerf de la guerre.

 

A suivre, bien sûr...

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