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On se moque du monde...

9 Janvier 2013 , Rédigé par c laurans

Ici mon seul espace de libertés – de dire, d’écrire, de rêver, de m’indigner, de m’enthousiasmer, de ne rien m’interdire – SANS contraintes. Combien de talents enterrés, de compétences forcées par les contraintes de toutes sortes que l’homme impose à l’homme, qu’imposent les principes et la réalité.

 La réalité c’est, par exemple, le président de la république qui martèle que tout sera fait pour inverser la courbe du chômage dans l’année et qui en fait un principe sans se donner les moyens de contraindre la réalité, mieux qui la suit, l’excuse, l’accompagne. On ne lui demande pas d’envisager ce qu’il souhaite comme but qu’il se fixe mais d’analyser ce qui est possible en fonction des réalités qui n’abdiqueront pas devant une antienne répétée à l’envie.   L’idéal est de créer des emplois et le réel c’est la destruction systématique de ceux-ci. Inutile de discuter des heures pour se rendre compte que la contrainte n’est pas dans le fait de créer des emplois mais bien dans celle de mettre les principes dans la poche avec un mouchoir dessus et de créer les conditions à la création d’emplois et cela ne peut-être atteint en reconduisant les recettes qui ont fait faillite depuis des décennies, en restaurant une social-démocratie qui n’a rien su régler lorsqu’elle était aux affaires, en ne bannissant pas définitivement les vices du libéralisme qui nous a mis dans cette situation. La réalité c’est cette obsession d’arriver, à tout prix, à la règle budgétaire des 3% qui occupe toutes les conversations quand on ne parle pas de Depardieu et du mariage pour tous. Les contraintes, qui s’exercent sur le budget pour arriver à tenir cette promesse intenable, sinon au risque d’écraser les Français sous les impôts et de les conduire vers une récession dramatique, découlent d’un principe vieux de près d’un demi-siècle et d’une idée fausse.

 

Le principe c’est que depuis 1981, la gauche au pouvoir, « pour faire sérieux », s’est imposée une règle d’or budgétaire qui est que le déficit ne doit pas dépasser 3% du PIB. Chiffre qui fut repris dans le traité de Maastricht et chiffre qui est toujours l’indicateur, pour les socialistes au pouvoir, de la preuve d’une bonne gestion.

 L’idée fausse c’est que tenir cette règle pour 2013 conduira à la rigueur destructrice d’emplois SANS que l’objectif de rassurer les marchés soit atteint car, les marchés se trompent en contraignant les états à faire des économies à tout prix, ce qui condamne les économies européennes à se rétrécir comme peau de chagrin.

 

Lorsque les principes que l’on applique sont corrompus par des raisonnements viciés par une idéologie,  par des discours qui s’apparentent au politiquement correct, par des directives européennes, des injonctions du FMI qui a pour seule ambition de se prendre pour le Phénix qui jamais ne se trompe alors les meilleures lois deviennent mauvaises et la rigueur d’un budget peut, dans ces conditions, se retourner vers ses promoteurs en débouchant sur l’effet inverse que celui cherché.  Si la force des principes emporte  tout alors le raisonnement ne sert plus à rien et la gouvernance mondiale peut-être confié au Roi Ubu.

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