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Où sont passés les 130 milliards pour la Grèce ?

15 Mars 2012 , Rédigé par C

Dans Bruxelles endormie, l’homme qui se pressait le long de l’avenue Charles Quint, luttait contre un brouillard aveugle qui uniformisait le paysage et garantissait l’incognito. Il sortait d’un marathon de plus de 18 heures avec les ministres des finances des pays européens.

Dans la gare centrale, la silhouette du train émergeait de la brume et le long serpent fumait. Sur les wagons, le slogan « Un train pour la Grèce » s’affichait en lettres majuscules géantes. Des hommes encagoulés et en armes balisaient, de leurs carapaces en cuir, le long convoi.

L’homme monta dans le wagon qui lui était réservé. Quelques à-coups plus tard, la motrice s’ébranla en tirant deux wagons. Dans son fauteuil confortable, l’homme cocha sur une feuille quadrillée, la case « Banque Européenne ». Des manœuvres longues et fastidieuses envoyèrent d’autres wagons vers les paradis fiscaux. L’homme, dans le wagon, assis dans son fauteuil confortable, un petit sourire aux lèvres, cocha la case « Grandes Banques Privées ».

Quelques avant-arrières plus tard, le train s’ébranla enfin. Le convoi réduit fila le long du quai et les ninjas qui le gardaient s’évanouirent, comme par enchantement, dans la brume. Il s’arrêta, le temps pour l’homme de quitter son fauteuil confortable, d’effacer le sourire sur ses lèvres, de descendre sur le quai et de regarder partir le train sur lequel s’affichait « Un tr...ou...Grèc. » ! L’homme cocha la case « Trésor Grec 35 M ». Au bas de la feuille, il tira un trait horizontal, sous lequel il traça le nombre 130 M.

Il serra le col de son manteau et se dirigea vers une limousine qui l’attendait, moteur tournant. « Au Parlement » ! La voiture s’ébranla et prit la direction du Parlement. Sur les avenues, qui s’éveillaient, brillaient les façades des Banques privées regonflées par les quelques 100 Milliards du « sauvetage grec » payés par les citoyens européens et qui effaçaient les 100 que l’on avait présenté aux publics ébahis comme un sacrifice des banques. L’homme, confortablement installé dans le fauteuil en cuir, un grand sourire sur les lèvres, suça une extrémité d’un cigare et présenta l’autre à la flamme de son briquet puis, enflamma le papier qu’il jeta dans le cendrier ouvert.

Ainsi s’écrit l’histoire moderne. Dans l’Europe profonde, des peuples trompés mais ravis regardent passer le « trou Grèc » vers son destin**.  

** Les chiffres cités dans cette fiction sont approximatifs. Une longue recherche ne m’ayant pas permis de retrouver les destinations des 130 milliards, une chose est cependant certaine c’est qu’il n’arrivera, en Grèce, que 22% de la somme et que peu de GRECS en verront la couleur. Mais, l’histoire ne peut se lire que de longues années après  et il faudra attendre pour savoir qui sont les vrais bénéficiaires des 78 autres pour cent car rien n’est mieux partagé, dans le monde capitaliste, que l’omerta sur le fric. Je suis bien entendu preneur de tout renseignement concernant ce tabou, oserais-je dire cette arnaque à la raison !

On voit des choses viles, des actes odieux, des combines pourries…Rendez nous la lumière, rendez nous la vérité. Le printemps s'annonce, souhaitons qu'il soit fleuri. Dans la banque, disait Blazac, il n'y a que l'apparence qui est honnête. 

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