Paroles de grève...
« Ils nous font chier les grévistes ». C’est l’expression d’une vieille dame qui semble tout à fait respectable avec son brushing et son dentier. Mais qu’elle chie ! Elle a, peut être, de coprophilie mais, sûrement, des tendances à la coprolalie !
« Demain je serai votre otage ». C’est l’accusation, après celle de terrorisme syndical que le patron de patrons des PME, adresse à un syndicaliste qui participe au blocage d’une raffinerie. Mais qu’il se tourne vers le gouvernement et exige, comme pour les banques et les constructeurs automobiles, le déblocage de quelques milliards pour aider les PME et les PMI ; moi, en tout cas je n’y verrai aucun inconvénient, au contraire !
« Si nous ne faisons pas cette réforme, il faut que les français sachent que, demain, on ne pourra pas payer leur retraite ». C’est mr George Tron, secrétaire d’état à la Fonction Publique qui l’affirme. Oulala, la peur ! Oulala le gros mensonge ; mais plus c’est gros plus mr Tron doit penser que cela passera. Se trouvera t-il quelqu’un pour lui dire que la sienne de retraite est assurée, cela évitera qu’il se fasse du mauvais sang.
« Je ne mettrai pas mes deux mains à couper que la réforme des retraites des députés et des sénateurs ne touchera pas à la double cotisation et au cumul ». C’est l’édito d’aujourd’hui de Michel Apatie. Vous ne savez pas de quoi il parle ? Je vous explique.
Un député ou un sénateur peut, pendant son mandat (sa rémunération le lui permet largement, ce qui n’est pas le cas pour tout le monde) cotiser deux fois, ce qui lui permet d’avoir une retraite sans décote en deux fois moins de temps que le citoyen ordinaire : vulgairement parlant un député et un sénateur qui travaillent 4 trimestres peuvent cotiser pour 8 et avoir leur retraite au bout de 3 mandats.
Le cumul c’est, comme pour mmes Alliot-Marie et Bachelot pour ne citer que ces deux ministres, la possibilité de cumuler leur retraite avec leur rémunération de ministre !
Comme vous le voyez le problème des retraites ne touche pas tout le monde de la même façon et on comprend que les deux susnommées ne défilent pas pour que cela change.
« Il y a un droit de manifester mais pas un droit de blocage ». C’est le ministre Woerth qui parle ainsi.
Pierre Dac n’aurait pas fait mieux ; pour les jeunes, Pierre Dac était un humoriste des années soixante qui n’avait pas peur du ridicule car c’était son humour que l’on qualifierait aujourd’hui de décalé qui était son expression favorite, une sorte d’humour de l’absurde.
Je croyais que mr Woerth lui-même était un spécialiste du blocage car, enfin, n’est-ce pas lui qui, depuis plus de six mois, bloque toutes les discussions sur la réforme des retraites en annonçant en boucle qu’il n’est pas question de négocier l’âge de départ et la durée de cotisations ?
Le samedi nous allons manifester, calmement, à Manosque et le mardi nous défilons, toujours calmement et dignement à Draguignan et nous retrouvons des citoyens qui ont assez de cette politique inégalitaire et brutale.
« Si le capitalisme est malade, qu’il crève ». C’est le cri du cœur d’un étudiant ou d’un lycéen (je n’ai pas vu sa carte d’identité). Comme quoi nos jeunes sont mâtures. Ce sera mon mot de la fin pour ce soir.