Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Que peut-on reprocher à PSA-Peugeot Citroën que l'on ne puisse reprocher à d'autres ?

19 Juillet 2012 , Rédigé par Liberté

Que peut-on reprocher à PSA Peugeot Citroën ?

 

D’avoir attendu que se passent les élections pour déclarer la suppression de 8 000 emplois et surtout de l’avoir fait pour ne pas gêner la réélection de N.Sarkozy ?

 

D’admirer le courage du PDG, M.Varin, de mettre le gouvernement socialiste en difficulté en présentant ces suppressions de postes comme la seule solution au coût du travail trop élevé, selon les patrons et surtout des actionnaires ?

 

D’avoir fait le choix du tout diésel parce que leurs ingénieurs ont manqué le développement de la voiture hybride et l’on laissé aux asiatiques ?

 

D’avoir accepté d’être sauvé par l’état et l’argent public pour faire illusion quelque temps et pouvoir attendre un peu pour fermer ses usines ?

 

D’avoir manqué son internationalisation, et ne pas avoir tenu bon en fabriquant des voitures françaises en France, pour un résultat aussi médiocre qui conduit à fermer les usines en France sans en ouvrir à l’étranger ? Les accords avec Opel pour construire des autos en Chine ont-ils été évalués car j’ai vu, en Chine, une Peugeot quand je voyais des centaines d’Opel ? D’être allé en Iran où personne ne voulait aller ?

 

D’avoir comme objectif commercial de fabriquer 50% de sa production hors de l’Europe et en particulier en Chine à Wuhan dans deux usines qui emploient deux fois plus de salariés que l’usine d’Aulnay mais payés bien moins ? Que les ventes en Chine s’envolent et que PSA Peugeot y fabrique ses voitures est une manne pour la famille Peugeot et les actionnaires mais ne crée aucun poste en France puisque même les pièces détachées vendues en France sont fabriquées en Chine !

 

Tout cela à la fois mais, ce n’est pas l’essentiel à mes yeux. L’essentiel c’est la mentalité du patronat français, des médias spécialisés français, les actionnaires, des syndicats français et des gouvernants français.

 

Les patrons qui sous payent leurs ouvriers, utilisent une main d’œuvre sous qualifiée par manque de formation, se préoccupent plus des stocks option et de leur parachute que de l’avenir de l’entreprise, s’opposent aux syndicats par idéologie et renvoient les ouvriers à leur statut d’inadaptés à la nouvelle société – n’a-t-on pas vu des patrons proposer aux ouvriers licenciés d’aller travailler en Hongrie pour 50 euros par mois ? - Cela se passait en France, il n’y a pas si longtemps.

 

Les médias spécialisés qui sont, en particulier la presse de droite et les quotidiens et hebdos considérés comme spécialistes de l’économie et qui ne cessent de mettre en avant le coût du travail, les grèves, les conditions, qu’ils jugent contraignantes, faites aux entreprises et aux entrepreneurs, qui ne considèrent l’état comme un partenaire à part entière que lorsqu’ils lui demandent de venir en aide aux entreprises avec l’argent public.

 

Les actionnaires les plus gourmands depuis des siècles qui transformèrent un capitalisme  créateur de richesses et d’emplois en un libéralisme destructeur d’emplois et fossoyeur d’entreprises.

 

Les syndicats qui ne surent pas prendre le tournant de la modernité en cultivant leur côté « Bête humaine » avec un syndicalisme du passé incapable de faire sa mutation à l’allemande, c’est-à-dire en passant avec les patrons des accords de branches qui intégraient la notion d’adaptation après la phase, plutôt réussie de progrès social qu’ils avaient obtenus par trente années de luttes et qui les avaient amenés à une protection sociale et du travail parmi les meilleures du monde.  

 

Et enfin, car ce sont eux qui se présentèrent à nos suffrages pour s’occuper des affaires de l’état – c’est nous qui les avons choisis et nous portons une lourde responsabilité dans l’acceptation de leurs erreurs - les gouvernants français qui ne surent préserver une grande filière automobile en ne tirant pas les conclusions qui s’imposaient à la fermeture de Boulogne-Billancourt, à la réduction drastique de Flins et en pensant que la sauvegarde d’une industrie automobile passait par une prime à la casse – une erreur qui coutât cher et qui envoya à la casse des voitures encore fort capables de rouler sur des routes où les limitations de vitesses sont de plus en plus basses et dans des villes de plus en plus encombrées ! Ces mêmes gouvernants qui ne surent tirer les conséquences du gouffre que furent les « sauvetages » loupés de l’industrie textile, de l’industrie minière, de l’industrie navale à coups de subventions qui allaient dans la poche d’actionnaires ravis et qui furent de véritables tragédies humaines pour des régions entières et leurs habitants. (Ils ne surent pas tirer la conséquence du four qu’ils firent en finançant à outrance les chantiers navals au point que la production était totalement dépendante des subventions !) De même que l’argent qui aurait dû aller vers les PME et PMI est allé renflouer les banques irresponsables qui perdirent énormément en croyant gagner beaucoup ! Deux générations de gouvernants français que l’on peut assimiler, toutes tendances confondues, à des fossoyeurs de l’industrie française. Et si ce n’était que la casse de l’industrie mais on peut y ajouter les élus locaux qui contribuèrent, par leur laxisme ou leurs intérêts mal placés, à la casse du petit commerce et du petit artisanat en ne mettant pas un frein à leur ambition d’avoir chacun leur grande surface, leur zone commerciale et industrielle qui transforma les centres-villes en déserts et défigurant les entrées des agglomérations en disneyworld de la consommation.  

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article