Réchauffement climatique et refroidissement civique
En ces journées de neige et de froidure, j’ai eu envie de parler un peu de réchauffement de la Terre!
J’ai eu connaissance d’une analyse concise et claire que je souhaite vous faire partager:
« Avant de dire si j'adhère ou n'adhère pas à la thèse exposée dans ce document je dois préciser que je n'ai aucune compétence en climatologie. Il me semble cependant qu'il est possible de progresser à partir d'un certain nombre de points admis par tous:
1 - En tenant compte à la fois de leur concentration dans l'atmosphère et de leur capacité à bloquer le rayonnement infrarouge les trois principaux gaz à effet de serre sont dans l'ordre la vapeur d'eau, le gaz carbonique et le méthane.
2 – Toutes choses égales par ailleurs si les concentrations de ces gaz dans l'atmosphère augmentent la température moyenne de la terre augmente.
3 - L'homme n'a aucune possibilité de moduler à la hausse ou à la baisse la concentration de l'atmosphère en vapeur d'eau. Celle-ci ne dépend que de la température.
4 - La concentration de l'atmosphère en gaz carbonique est en partie modulable par l'homme. Depuis notre recours massif aux énergies fossiles nous avons rejeté beaucoup de gaz carbonique dans l'air. Même si tout n'y est pas resté nous avons modulé à la hausse la concentration de l'atmosphère en gaz carbonique. Cette concentration reste modulable à la baisse par l'homme, mais avec une constante de temps énorme, en agissant sur notre consommation d'énergie fossile.
5 - La concentration en méthane n'est modulable par l'homme qu'à la marge en agissant sur l'intensité de l'élevage.
6 - Il y a des effets "boule de neige" qui accentuent le réchauffement climatique. Si la température moyenne de la terre augmente:
a - L'évaporation augmente et donc la concentration de l'atmosphère en vapeur d'eau augmente, avec une constante de temps de l'ordre de l'année, ce qui provoque une hausse de la température.
b - Une partie du permafrost dégèle, avec une constante de temps de quelques années, libérant le méthane qui y est piégé en assez grande quantité. La concentration de l'atmosphère en méthane augmente ce qui provoque une hausse de la température.
c - Les surfaces enneigées et/ou glacées diminuent, avec une constante de temps de quelques années. Ces surfaces blanches réfléchissent le rayonnement solaire tel qu'elles le reçoivent, c'est à dire dans les longueurs d'onde où l'atmosphère est la plus transparente. Elles renvoient dans l'espace l'essentiel du rayonnement reçu. La fonte des neiges et des glaciers libère des surfaces sombres qui n'ayant pas cette capacité contribuent à l'augmentation de la température.
d - L'océan se réchauffe, certes avec une constante de temps de l'ordre du siècle. L'hydrate de méthane accumulé en quantité colossale dans ses fonds se décompose et libère du méthane. La concentration de l'atmosphère en méthane augmente ce qui provoque une hausse de la température.
Y a-t il des rétroactions qui au contraire abaissent la température de la terre? Je n'en connais pas. S'il en existe c'est tant mieux, je serai heureux de les connaître.
Le seul levier à notre disposition est la maîtrise de nos rejets de gaz carbonique. Le péril est-il tel qu'il faille s'en saisir? Je n'ai pas la capacité à le dire. Des gens sérieux et bien mieux armés que moi sur le plan scientifique le disent. D'autres tout aussi sérieux et armés que les précédents disent le contraire.
Chacun doit se faire son opinion à partir des bribes qu'il comprend ou perçoit de ce problème.
Pour ma part je crains les effets "boule de neige". Ils sont d'autant plus redoutables que beaucoup ont une telle constante de temps que s'ils se déclenchent ce ne sera pas perceptible par notre génération. J'’espère que ces boules ne sont pas déjà lancées du haut de la pente et je me dis faisons une sorte de pari: «Si les effets boule de neige sont aussi redoutables qu'il est à craindre réduisons dès aujourd'hui nos émissions de gaz carbonique. Nous aurons ainsi contribué à en atténuer les conséquences pour nos descendants. Si à l'inverse il ne sont pas dangereux nous aurons tout au plus perdu temporairement un peu de confort sachant que tôt ou tard il nous faudra réduire notre consommation d'énergie fossile".
Oui mais voilà réduire notre consommation d'énergie fossile, c'est plus facile à dire qu'à faire! »
Ceci dit, je me moque comme de l’an quarante du réchauffement climatique, non pas parce que je ne me préoccupe pas du devenir de l’humanité mais parce que ma capacité à m’émouvoir et à m’engager a des limites et que je pense qu’il faut que je garde mes forces pour d’autres combats plus actuels et vitaux eux aussi. Je ne suis pas pour la conservation à tous crins des « monuments historiques » et je pense que l’immortalité d’un système, d’une idée, de la Terre même, est, au plus un non-sens, au moins du luxe.
Christian Laurans.