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VIOLENCES...

18 Février 2010

Quelle tristesse! Nous nous lamentons sur la violence à l’école et moi, je dois endurer cela comme si j’étais devenu aveugle, sourd, impotent. Le pire, pour moi, c’est que je n’ai rien à proposer pour endiguer cette colère, cette violence quotidienne et que, si je disais mon attitude devant la violence, car je me suis trouvé en face de situations violentes, je serais obligé de convenir, qu’en dernier recours, pour rester maître d’une situation qui m’échappait, j’utilisais la violence. Je ne le regrette pas car je crois qu’il était indispensable que je reste maître du jeu, au risque, si je ne l’eusse fait, que tout le monde y perde. C’est en cette croyance que je reste fidèle et même si c’est triste, si je me sens impuissant, le mieux que je puisse faire est de regarder les formes de violence, d’en faire la liste, et de constater l’incommensurable vanité de penser que cela serve à quelque chose!

Je n’aime pas qu’un président de la république dise des grossièretés,

Je n’aime pas que les spéculateurs s’enrichissent sans vergogne,

Je n’aime pas…Je n’aime pas… Mais qu’importe…

 

                        Violent, le fait qu’un professeur de première classe à Paris VII, de nationalité américaine, Prix Nobel de Physique, touche un salaire mensuel de 4 500€ par mois pendant que le PDG d’EDF et intérimaire à Véolia en touche 48 fois plus. Est-on certain que le deuxième soit plus utile pour la société que le premier? Et, pour rester dans l’enseignement, que dire du salaire de 4 500 € attribué à 22 Inspecteurs de l’Académie de Paris ( Ils n’étaient que 6 en 2001), sans diplôme correspondant, sans avoir fait partie de la Fonction Publique, sans expérience professionnelle, et occupant un emploi fictif? *

                       Violent que la banque Goldman Sachs accorde un bonus de 9 millions d’€ à son patron et qu’on apprenne, le lendemain que c’est sous sa direction que la banque s’est faite la complice des « errements » des budgets grecs que l’on vilipende à loisirs.

                        Violent que l’on n’ait rien trouvé de mieux que de désigner sous le sigle PIGS ( porcs en français) les pays qui ont des difficultés économiques (Portugal, Irlande, Grèce)

                        Violent l’argument du Ministre de l’éducation qui répond aux enseignants agressés qu’ « on ne peut pas mettre un surveillant derrière chaque élève ».

                        Violent le fait que l’on ait attribué une enveloppe de 520 millions d’ € au désenclavement des quartiers en difficulté sur toute la France et une enveloppe de 800 millions d’ € pour l’enfouissement de la N 13 dans la traversée de Neuilly.*

                        Violentes les attaques systématiques de la société civile à l’encontre de sa police qui est recrutée selon des critères républicains, encadrée par des officiers diplômés, commandée par des hommes politiques élus au suffrage universel et garants de la pérennité républicaine, sinon cherchons l’erreur.

La BCE ( Banque Centrale Européenne) prête des milliards au système bancaire à taux zéro pour que celui-ci prête aux nations à taux élevés ( les statuts de la BCE lui interdisent de prêter directement aux pays), pas violent, ça?

                       Violent le fait que la seule façon que le gouvernement avance pour financer les retraites serait d ’augmenter la durée des cotisations sans se poser la question binaire de la productivité qui a été multipliée, en cinquante ans, par 300!

                        Violente l’étiquette sur la barquette de fruits ( 2,80 €) que Pierre, producteur de fruits en Provence, voit dans le magasin en face de chez lui quand on la lui a payée 9 centimes d’€!

 Et violente aussi cette sale habitude qu’ils ont, tous, d’accuser les paysans de polluer les sols alors même que ce sont les politiques gouvernementales et leurs administrations, l’incohérence des politiques communautaires et nationales, les cours qui font le yo-yo, qui sont responsables d’une agriculture où on arrachait un jour, on replantait le lendemain, où tout le monde devait faire du maïs, ou du tournesol, sans se préoccuper des gâchis en eau et en traitements inutiles.

 

                       Je me rends compte de la tâche ingrate que je m’étais assignée au début de cet article de foi; la violence est partout insidieuse et perverse puisque la dénoncer c’est prendre le risque d’oublier les plus graves.

 


* Cour des Comptes.

 

 

Christian Laurans. 

 

 

 

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