Remaniement ministériel, le Juppé I ou le Fillon IV?
Le 14 novembre 2010, Alain Juppé est nommé ministre de la défense et des anciens combattants du gouvernement Fillon II ou III, on ne savait déjà plus, à l’époque, quel numéro choisir.
Le 27 février 2011, Alain Juppé est nommé ministre des affaires étrangères du gouvernement Juppé I, tant on se demande où est passé Fillon.
Les chaises musicales que sont les ministères sous Sarkozy donnent le tournis et la gouvernance agitée de ces postes régaliens ne fait pas sérieux ; ici on ne travaille pas dans la durée, est-ce là la rupture ?
Le parcours de deux des trois ministres n’interpelle plus, tant on a pris l’habitude que tout est possible dans notre belle république ; rappelons simplement les faits :
- Juppé, nommé Directeur des Finances de la ville de Paris de 1980 à 1995 va donner sa pleine mesure à ce poste, ce qui fait dire à Chirac, le maire, qu’il est « le meilleur d’entre nous ». Cependant, cela conduira Juppé à être condamné à quatorze mois de prison avec sursis et à un an d’inéligibilité. L’année 1995 sera à marquer d’une pierre blanche puisqu’il est, successivement élu maire de Bordeaux et nommé premier ministre de J.Chirac. « Droit dans ses bottes », il annonce « un plan Juppé » pour réformer la sécurité sociale, il met près de 10 millions de Français dans la rue et deux ans après, il est débarqué après une défaite calamiteuse de son camp provoquée par des élections anticipées voulues par lui par pure stratégie et acceptée par J.Chirac qui n’en peut mais. A soixante six ans, après un exil canadien, un retour en grâce dans sa famille et à Bordeaux, voilà le nouveau sauveur de la droite ! Après quelques mois passé au ministère des armées, il lui reste quelques mois à faire au ministère des affaires étrangères puisqu’il va bientôt falloir penser à la campagne électorale et à son destin national. Pourquoi n’arrive t-on plus à croire à l’engagement inintéressé de nos hommes politiques ?
- Longuet, deux fois ministres des Postes et Télécommunications, il additionne les « affaires » : il est mis en examen, en 1995, dans l’enquête sur le financement occulte du parti Républicain, en 1998 par recel d’abus de crédit dans une sombre affaire de villa dans le Var, mis en garde à vue en 2001 pour recel de corruption dans l’affaire des marchés publics d’Ile-de-France, il est relaxé, amnistié, relaxé…Je le verrai bien garde des sceaux, ministre de la justice ; eh bien non, Sokozy le préfère aux armées et Fillon, me direz-vous ? Fillon, on ne sait pas. A soixante cinq ans, il arrive au gouvernement en ayant déclaré qu’il était pour la suppression de l’ISF et du bouclier fiscal ! Il est « pour sortir de l’euro ou des 35 heures », vaste programme et quoi encore ? Il ne se souvient pas d’avoir fait l’amalgame entre homosexualité et pédophilie et s'être opposé à la nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde sous prétexte qu’ « il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l’accueil de tous nos compatriotes. Finalement, tout bien réfléchi, il vaut mieux qu'il soit aux armées qu’à la justice !
Voilà pour le renouvellement des responsables politiques, comme dans l’équipe d’Ecosse, dimanche, on rappelle les vieux pour tenir la baraque, peu importe qu’ils se soient usés sous le joug des affaires de la République.
Pour des considérations plus techniques s’adresser à nos commentateurs politiques habituels dont la seule question qui les préoccupe est de savoir si Juppé peut remplacer, en 2012, c’est-à-dire au pied levé, un Sarkozy défaillant. Heureusement qu'ils ne se posent pas la question pour Longuet, enfin pas encore!