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Rien n'a changé mais tout est différent !

1 Août 2011 , Rédigé par C

Le mois d'août c'est le mois des vacances, celles des entreprises comme celles des particuliers qui peuvent encore en prendre. Hier, nous avons eu droit aux destinations françaises des ministres et, celle, dérogatoire du Premier ministre. Que le peuple se rassure, en vacances, nos ministres lisent, font du sport, écrivent et vont, pour certains, jusqu'à emporter des devoirs de vacances. Si la France est la destination recommandée cela provient du fait que nos élites ont du mal à prendre leurs vacances comme un tout un chacun et préfèrent l'hospitalité de personnages douteux ou carrément infréquentables.

 

 

Je me souviens des nôtres, pendant cette période des Trente Glorieuses ! Une époque heureuse qui faisait suite à deux guerres mondiales et qui n'a pas été, pour la majorité des Français, gâchée par les conflits armés d'Indochine et d'Algérie. C'était, pour ma génération, la reconstruction économique et son corollaire, le plein emploi, le retour de la croissance, un accès aisé aux énergies fossiles antérieurement au premier choc pétrolier, et une redistribution des richesses plus généreuse que celle que l'on connaît actuellement.

 

Le mois d'août était la période insouciante de l'année où les jupes des filles raccourcissent, où les corsages se font plus vaporeux, les regards plus coquins, les rencontres frivoles. C'était l'époque du transistor qui nous suivait partout et qui rythmait nos soirées. On regrette cette époque parce que l'on est tous des nostalgiques de notre jeunesse. Mais je n'oublie pas ! C'était aussi la colonisation et le pillage du Tiers-Monde, le racisme primaire, l'homophobie...

 

Le mois d'août c'était la coupure avec le réel, les cahiers et les livres au feu et le maître au milieu, la fin d'une période et le début d'une nouvelle. Une jeunesse qui sortait du système scolaire, qui trouvait du travail et qui se lançait dans la carrière.

 

Et aujourd'hui ? Le séisme au Japon qui provoque la plus grande catastrophe nucléaire, la crise qui n'arrête pas de provoquer son lot de malheurs et de détresses personnelles, ce fou furieux qui tue aveuglément et qui remet en cause toute une conception de la liberté dans la société norvégienne, cette montée de la droite extrême, partout en Europe, ces patrons profiteurs invétérés qui ne voient plus l'indécence de leurs comportements, ces hommes politiques que le pouvoir pervertit, ces soldats sacrifiés, en Afghanistan, sur l'autel de je ne sais quel exemple de démocratie que l'on voudrait imposer par la force, ces jeunes gens qui n'ont comme moyen d'exprimer leur révolte que de s'immoler par le feu, de se transformer en bombes vivantes ou de s'exposer, poitrine nue, aux balles des tyrans...

 

Rien n'a changé ! Et tout est différent !

Mais à se complaire dans la nostalgie pourrait bien conduire à se retrouver amer et tout seul. La jeunesse aurait-elle un enzyme qui lui permettrait d'avancer même quand l'horizon semble barré ? Perdrions-nous cette enzyme, coupable de s'être épuisée en transformations ininterrompues, avec la vieillesse ?

Le fait est que le mois d'août, pour moi, n'a plus la même saveur, le même piment que celui de 1960 et que je lui trouve des airs de catastrophe que n'avaient pas ceux de mon adolescence ; la faute à qui, à quoi ? Je ne sais, mais faut-il être jeune pour croire encore au printemps, même au printemps arabe !

 

 

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