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Rom, Rom, Rom

2 Octobre 2010 , Rédigé par C

Me voici, sur ma terre, de retour.

Et cependant, l’actualité semble m’y avoir attendu ; il est vrai qu’une parenthèse de quinze jours qu’est-ce ?

Je suis parti en Roumanie ! En pleine polémique sur le démantèlement de camps illicites, et j’ai déjà dit comment on en était arrivé à avoir un nombre important de campements illicites dans nos communes, le hasard du calendrier m’a conduit en Roumanie.

Le non respect de la loi SRU par les élus de tous bords, l’inertie de ces mêmes élus et le désir du gouvernement de prendre des voix à l’extrême droite quand son électorat modéré fout le camp, a conduit le Président Sarkozy et son vizir Hortefeux à lancer une grande manipulation ayant pour but la surenchère sécuritaire. Ces camps, on le sait maintenant étaient composés de Rom mais aussi de gens du voyage français et la consigne fut donnée de cibler particulièrement ceux accueillant des Rom ce qui valut à la France l’expression de la désapprobation d’un grand nombre de gens choqués par la manière et une menace de condamnation de la Commission Européenne vite calmée par les rugissements de responsables du gouvernement français qui critiquèrent le comportement de l’Europe. C’est vrai qu’il est politiquement plus rentable de prendre le Rom, voleur de poules, comme bouc émissaire et que cela rassure dans certains milieux de savoir que nos poulaillers sont bien gardés.

Pour en revenir à mon voyage en Roumanie, je vous dirais que le charter de la compagnie XL qui décolla, au petit jour, de Roissy-Charles de Gaulle, pour Constanta (dire Constanza !) dans le delta du Danube, convoyait une cargaison de touristes français entassés comme des Rom et qui avaient décider d’aller dépenser, par jour, trois fois le salaire mensuel moyen d’un Roumain. Vous remarquerez que j’ai écrit Roumain car, même chez eux le Rom est pauvre et rejeté. Tout ça pour vous dire que je n’avais pas profité des circonstances pour me payer un aller gratuit vers la Roumanie en emportant le pécule que Hortefeux alloue à chaque Rom qui retourne chez lui (s’il a un chez lui, bien sûr).

Tu as dépensé, par jour, trois fois le salaire mensuel, d’un Roumain ? Attention, attention, trois fois le salaire NET, nuance !

Ceausescu est sans doute responsable de cette situation, le système communiste encore plus sûrement mais heureusement que les lois du marché qui s’appliquent depuis vingt ans, hé oui, déjà, ont bien amélioré les choses pour ces braves Roumains, pour preuve les terres abandonnées, les fermes d’état en ruines, une classe moyenne inexistante et aux deux extrêmes, des très riches et des très pauvres, le communisme enterré mais le capitalisme sauvé ! Ouf !

D’ailleurs, j’en ai la preuve. De grands magasins aux enseignes des marques les plus connues à Paris, Rome, Londres ou New-York, ont ouvert leurs portes pour les Roumains aisés pour lesquels tout va bien, merci et où les touristes comme moi peuvent pisser sans être importunés par des Rom qui font la quête et secouer, en toute tranquillité, leur quéquette au-dessus de pissotières propres ! Puis, soulagés, on remonte dans le bus et on a tout loisir pour déblatérer sur le communisme qui a mis le pays dans cet état.

Mais revenons à la France, mon pays !

Sarkozy poursuit son petit bonhomme de chemin, sa décote de popularité continue son petit train-train, son obstination à faire passer des réformes qui achèvent de détruire le pacte social ne règlent aucun problème et sont incompréhensibles à de plus en plus de gens, infirmiers, médecins, avocats, fonctionnaires, ouvriers, paysans, policiers même (c’est vrai que ça en fait du monde) et moi, je me trouvais, ce matin à Manosque, dans un défilé de mécontents qui criait leur ras le bol à la politique de ce président.

Je me posais, à l’occasion d’une halte, comment je pouvais être, un jour à Bucarest, un autre à Budapest, un autre encore à Vienne et à Munich et ce matin à Manosque et je trouvais, facilement, la réponse et la raison qui faisait que nous aurions pu être plus nombreux si d’autres comme moi se posaient la même question et y apportait la même réponse qui est la suivante : Point n’est besoin, pensais-je, d’être pauvre pour défendre les pauvres, point n’est besoin d’être jeune pour se préoccuper de leur avenir, point n’est besoin d’être une femme pour demander qu’elles soient traitées comme des hommes !

Mais alors, pourquoi ne sommes-nous pas plus nombreux dans les rues pour manifester notre désapprobation à cette politique du vulgaire ? Que ceux qui le savent, me l’écrivent !

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