Sarkozy et Merkel chez les Bisounours.
Une preuve, s'il en fallait une, sur l'objectivité des agences de notation, c'est la note AAA attribuée aux États-Unis par Fitch Ratings après que sa consœur Standard & Poors l'eût ramenée à AA+.
Le rôle capital que tiennent les États-Unis dans la finance et l'économie mondiales, son leadership politique dans le monde occidental, en font la première économie mondiale.
C'est donc, pour les deux agences de notation, un positionnement politique. S&P penche plutôt du côté des Républicains et avait tout intérêt, à un moment où Obama ferraillait avec les Républicains au Sénat, à baisser la note pour mettre Obama en difficulté.
Avec, quelques temps de retard, pour ne pas être accusée d'être partisane, l'agence FR, plutôt du côté d'Obama, rétablit l'ordre des choses en redonnant aux États-Unis la note maximum.
Ainsi va la vie des agences et des nations dans ce troisième millénaire où les économies, notées comme des élèves de l'école primaire, emplissent et vident les poches de ceux qui jouent avec la bourse, mais pas seulement car derrière ces mouvements de capitaux, des emplois disparaissent, des drames se nouent.
Le couple franco-allemand, qui laisse assez indifférent les agences de notation comme si, les économies de ces deux pays ne comptaient pas beaucoup dans le PIB mondial, continue à avancer tout seul à coups de compromis, de promesses, d'illusions.
Qu'est-il sorti de la réunion d'hier ? Des annonces, comme d'habitude, qui ne mangent pas de pain sur la gouvernance européenne, le recul français sur l'émission d'euro-obligations qui pourraient assainir le climat de la dette, la promesse d'un gouvernement économique européen, un espèce de G17 qui se réunirait deux fois par an (c'est déjà plus qu'en Belgique), des taxations d'opérations financières confuses et l'idée que les entreprises des deux pays seraient taxées de la même manière...Et les autres ? Mystère.
Les législations sont si éloignées, dans tous les domaines, que lorsqu'on se penche sur le sujet, on comprend mieux l'impossibilité d'une Europe unie. Il faudra plus que de la bonne volonté de quelques uns pour arriver à une harmonisation européenne autre que celle qui a conduit au choix de l'épaisseur du papier-cul ou de la teneur en colle du papier cigarette.
PS : Même si cela est resté très intime, la rencontre Sarkozy-Fillon s'est bien passée, le déjeuner était copieux, les discussions intéressantes, les décisions définitives et Fillon est toujours premier ministre.